En lui décernant le Prix du Jury, les membres du comité du Festival du Cannes 2014 ne s’y sont pas trompés.
Dernier long métrage du jeune réalisateur qui met les sens en éveil dans une poésie rare. Un récit mettant en scène trois personnages principaux ayant pour thème l’amitié, la marginalisation et les relations mère-fils. Bien que j’aime qualifier ces œuvres de films de génération, il a su toucher toutes les tranches d’âges présentes dans la salle. Rires et larmes se succèdent dans un tourbillon de couleurs et de musiques évocatrices. La caméra vient percer l’intimité de ces rôles avec une précision tangible qui donnent des frissons tant ils semblent familiers. Quand le générique défile, c’est un sentiment de légèreté et de vide que l’on ressent tant le film vous transporte dans un lyrisme et une emphase qui mènent à la réflexion.

L’importance donnée au cadrage vient questionner la primordialité de l’œil du spectateur. Ce film donnera du grain à moudre aux comportementalistes et aux artistes, tout en venant agrémenter, de façon sous-jacente, un regard neuf sur le goût – ou mauvais goût – de la mode vestimentaire des années 90. Ces trois personnages à la quête du bonheur normatif bouleversent et enchantent pour en fin de compte montrer la difficulté de maintenir la tête hors de l’eau lorsqu’une mère tente d’insérer son fils pathologiquement violent dans une société qui n’a pas été prévue pour eux.

A (re)voir de toute urgence.

Cédric Navarro