A l’occasion du Meet’in du Mediterranean Fashion Prize 2015, nous avons eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Vidya Narine, fondatrice de la plate-forme « Le New Black », un salon digital b-to-b qui facilite la rencontre entre créateurs et acheteurs.

Quel est votre parcours ?
J’ai fait mes études à l’Ecole du Louvre. A l’époque j’avais déjà un grand intérêt pour la mode mais il n’y avait pas de cursus académique. A ma sortie de l’école, j’ai rencontré Nathalie Dufour fondatrice de l’ANDAM (Association nationale pour le développement des art de la mode), qui m’a confié le projet de rassembler une collection de vêtements des prestigieux lauréats récompensés depuis la création de l’ANDAM, parmi eux Martin Margiela, Christophe Lemaire, Viktor & Rolf ; dans le but de les exposer au musée de la mode et des textiles annexé à celui des arts décoratifs à Paris. Pendant un an j’ai pu fouiller les archives, choisir les pièces qui y seront exposées…
J’ai ensuite fait la rencontre de Surface to Air et collaboré avec eux sur le salon professionnel Rendez-vous où l’on peut retrouver des marques comme ACNE, Opening Ceremony… C’est un salon très international rassemblant des créateurs dynamiques. Parallèlement j’ai fait du consulting pour un retailer Japonais : And A.

Comment vous est venue l’idée de créer Le New Black ?
L’idée est venue avec une remise en question du modèle des salons qui pour ses acteurs est un très gros investissement. Les créateurs sont souvent freinés dans leur croissance par de tels coûts. J’ai ainsi eu l’idée d’un salon en ligne, à l’époque il n’y avait pas encore de modèle similaire existant. C’est après avoir fait la rencontre de mon futur associé Bernard Coulombel que l’idée a pris forme et s’est traduite par Le New Black créé en 2009.

En quoi consiste Le New Black ?
Le but est de mettre en relation les acheteurs et les créateurs en rompant avec les contraintes économiques d’un salon physique, notamment dans un contexte de crise économique. C’est donc un modèle BtoB globalisé à l’international. La première année, nous recensions 70 marques sur le site, aujourd’hui celui-ci rassemble 250 marques et plus de 10 000 acheteurs venant de 85 pays.

Comment sont sélectionnés les créateurs présents sur le site ?
Il y a une sélection préalable des créateurs mais également des acheteurs. On travaille aussi bien avec des créateurs établis du type AMI ou Kris Van Assche, qu’avec des plus jeunes comme Etudes Studio. Le modèle de présentation du showroom en ligne est similaire pour toutes les marques et cela permet non seulement d’uniformiser leur présentation, mais aussi de les mettre sur un pied d’égalité. Ces dernières fournissent sur leurs pages des photos de leurs collections, mais aussi des informations sur la marque (l’ADN et les contacts). Nous leur transmettons régulièrement un feedback sur l’activité de leur page.

Quelles évolutions sont envisagées pour l’avenir ?
Multiplier le travail pour et avec les marques, ainsi qu’un retour encore plus approfondi à l’égard des acheteurs afin de bien les accompagner dans leur démarche. Nous souhaitons aussi étendre le site à  l’Asie.

Propos recueillis par Astrid et Baptiste