L’événement incontournable qu’est la fashion week s’est déroulé du 27 septembre au 5 octobre 2016 à Paris. L’occasion pour vous d’avoir un focus sur les principaux défilés qui ont marqué cette saison Automne/Hiver 17 et qui habilleront votre prochaine garde robe.

Un fil conducteur : la business woman d’aujourd’hui, son pouvoir résidant dans l’allongement certain de sa carrure, épaules rallongées à l’appui, symbole de toute puissance dans une société se voulant masculine.

Yohji Yamamoto

Yohji Yamamoto, dont la griffe se reconnaît entre mille, aux coupes oversize et full black, pense la femme et replace au centre son autorité. Les mannequins parés de casquettes style police défilent arborant des coupes asymétriques, des bandelettes déconstruites en guise de top et un plissé subtil qui permet un jeu de mouvement des textures évident.

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Balenciaga

Demna Gvasalia, créateur du collectif Vêtements, à la tête de la direction artistique de Balenciaga nous présente « Fétichisme & couture » où s’entremêlent carreaux et imprimés floraux. Les sacs agrémentés de rayures et les coupes longues sont de mise. La consécration de l’association de l’univers street et du courant classique, un style caractéristique de l’œuvre de Demna, se manifeste au travers des juxtapositions de larges vestes  à des coupes droites.

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Céline

Quel soulagement, Pheobe Philo reste à la tête de la direction artistique de chez Celine après les rumeurs répétées de son départ. Celle qui a insufflé une nouvelle énergie a la marque a su, une fois de plus, affoler le monde de la mode avec une collection aux multiples contrastes. Sous les néons du tennis club de Paris, des silhouettes aux lignes exagérées, aux superpositions inhabituelles et aux audacieux mélanges de couleurs arpentent le podium sous un décor contemporain que l’on doit à Dan Graham. Céline est terriblement dans l’air du temps, et nous fait traverser les époques vestimentaires (tailleur XXL des années 80) en exploitant les codes de l’art pictural (robe reprenant les oeuvres de Yves Klein).

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Off-White

Un an après son premier défilé pour homme qu’il définissait pourtant comme unisexe, Off-White s’intéresse désormais à la mode féminine en se penchant sur la « Business Woman » (nom de sa collection). Derrière Off-White se cache Virgil Abloh, finaliste du grand prix LVMH, talentueux artiste qui multiplie les fonctions de directeur artistique pour Kanye West et celles de Dj’s.

Bien que sur certains modèles la forte inspiration de Balenciaga et de ses épaules XXL mais aussi celle de Jacquemus avec ses modèles asymétriques se fait ressentir, Virgil Abloh donne à son défilé une énergie unique. Sa polyvalence et sa jeuneuse passée entre NYC et L.A se fait ressentir à travers une collection fortement inspirée des années 80 et de la rue qu’il arrive subtilement à détourner en une élégance masculine déconcertante propre à son univers.

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Jacquemus

Simon Porte, l’enfant du pays, retranscrit quant à lui son sud natal dans « Santons de Provence », une collection qui empreinte les codes de la Camargue « Prouvènço » alliant avec justesse tradition et modernité. Chapeaux de canotier oversize et coupes amples, épaules redéfinies longilignes, chemises à gros pois rythment les silhouettes.

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Les élèves du Master 1 Métiers de la mode et du textile ont par ailleurs eu l’immense privilège de rencontrer Simon Porte dans leurs locaux ce 10 octobre. Une belle façon de clôturer cette Fashion Week 2017.

Anissa Berkani & Shérine Bakour