Retour sur notre rencontre avec Louise Helldorff, créatrice de la marque Le Stockholm Syndrome (créatrice labellisée par La Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode à Marseille (MMMM).

C’est au concept store Lifestore que nous avons eu l’opportunité d’interviewer Louise. C’est sans retenue et avec une rare honnêteté qu’elle nous a fait part de sa vie, son parcours et de ses ambitions. On vous laisse découvrir son univers atypique auquel vous allez forcément succomber à travers de cette interview….


Quel est votre parcours ? Qu’avez-vous fait avant de lancer votre marque ?

« J’ai quitté la Suède assez jeune, je suis allée à Barcelone, Londres, puis je me suis dit qu’il était temps pour moi de suivre une formation. J’avais déjà des expériences dans la vente de prêt à porter.

Je suis rentrée en Suède pour y faire un BTS où j’ai appris la couture, la broderie, les caractéristiques des différents tissus, c’était très artisanal.»

D’où est né le Stockholm Syndrome ?

« Une fois diplômée, je suis partie en France, initialement dans le but d’apprendre le français pendant six mois. Deux semaines après j’ai croisé Rosina, avec qui j’ai créé plus tard le Stockholm Syndrome. Rosina et moi c’était un peu comme une histoire d’amour, nous nous sommes rencontrées par hasard à un cours de langue et avons fini par aller boire un café ensemble. J’effectuais alors un stage chez une couturière au petit atelier à Marseille.

Pendant cinq ans nous sortions beaucoup ensemble, nous étions « les deux suédoises ». J’étais scolaire et elle créative. Après sa formation à l’IICC, nous avions la boite à outils nécessaire pour lancer notre marque. C’était à échelle humaine, il n’y avait pas de stocks je faisais tout moi-même, on a fait réellement quatre collections comme ça, si quelqu’un voulait une pièce je la faisais et lui livrais trois semaines après à cause du manque du tissu, de temps. On travaillait à côté et on bossait le soir. »

Pourquoi le Stockholm Syndrome ?

« Parce que c’était nous, c’était trop évident, on cherchait quelque chose de suédois mais pas trop.  C’est Rosina qui l’a trouvé un dimanche après-midi alors qu’on se promenait puis elle m’a dit : le Stockholm Syndrome !  On était toutes deux des suédoises expatriées sur Marseille.

Je trouve que le nom est très bien, une fois le nom trouvé tout devient facile, on pouvait tout faire! »

Quand est-ce que c’est devenu plus grand ?

« Maintenant ! Pendant deux ans c’était un peu à droite à gauche, on a quitté nos jobs en même temps. On savait coudre, faire le patronage, négocier, il ne restait plus qu’aller chercher les fournisseurs. Mais on ne réalisait pas que si des personnes commandaient on devait trouver où, comment, et chez qui produire. Il faut trouver un fournisseur qui fait des petites quantités ce qui est très difficile.

Rosina est partie il y a un an pour des raisons personnelles, elle ne pouvait plus suivre cette vie d’artiste bohème. Maintenant je dois m’adapter et je fais des stocks pour vendre. C’est ma deuxième collection que je fais seule et je vends désormais dans 10 boutiques dont une à New York. »

 Comment décririez-vous la mode suédoise ?

« Je suis née en suède, dans ma tête c’est simple, c’est épuré, je ne mettrai jamais plein de détails, j’aime quand c’est classique et minimaliste.»

De quoi vous inspirez vous ?

« Je ne m’inspire de rien concernant la mode, quand on regarde, on est influencé. Lorsque je crée une collection, je décide d’un thème et souvent c’est le thème de ma vie.

La première collection SS 2011 s’appelle Blomster, champ de fleur en suédois. Nous avons constitué notre palette de couleurs avec des fleurs cueillies dans un champ suédois. La deuxième s’intitule Midvinter, ville située au nord de la Suède. J’ai appelé la collection SS 2016 Sisters.

Rosina est partie cette année-là, j’avais besoin de me sentir entourée des personnes qui me sont chères. J’ai donc fait 15 pièces qui correspondent à mes amies proches.»

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«Pour la collection AW 2017 intitulée Expat, chaque pièce correspond à une rue ou j’ai habité que ce soit à Londres, à Barcelone… »

expat

Vos pièces préférées dans une garde-robe ?

« J’adore les combinaisons, nous en faisons depuis cinq ans. Je m’habille très simplement, je porte beaucoup de leggings, de chemises. »

En fin d’interview Louise Helldorff nous a laissé en avant-première quelques informations sur sa prochaine collection qui sera une fois de plus imprégnée de sa vie et de celle des gens qui l’entoure. Cette fois ci on se détache du style nordique qui l’a pourtant fait connaitre, pour se laisser emporter par les traditions africaines et plus particulièrement par les influences kenyanes autour de détails en bois, de perles, etc…

En attendant allez retrouver ses pièces au Lifestore ou bien à la collocation, vous aurez de fortes chances de la rencontrer.

Marion JOURDAN & Anissa  BERKANI-SELLAM