Anciennement, assistante chef de produit joaillerie pour BOUCHERON et assistante chef de produit maroquinerie pour DIOR.

lea-photoActuellement en dernière année d’étude supérieur en Master 2 à l’université de Parme au sein du programme management grande école de Grenoble, pour l’obtention d’un double diplôme ;  Léa Perret, force de caractère et ambitieuse, nous livre au travers de cette interview son expérience professionnelle en tant qu’assistante chef de produit. Adroite, cette dernière a travaillé pour deux grandes maisons : Boucheron et Dior ; son portrait nous dépeint l’environnement dans lequel      elle a évolué et les aspects de la profession.

  • Parlez-nous un peu de vous ; quand avez-vous commencé votre expérience de chef de produit ?

« J’ai 23 ans, après mon baccalauréat dans la région clermontoise, je suis partie à Nice  pour y faire un DUT techniques de commercialisation. J’ai ensuite réalisé une Licence science de gestion et intégré un programme grande école à Grenoble, dans une école de management. Actuellement je suis à l’université de Parme en Italie ; j’effectue ma dernière année d’étude qui me délivrera un double diplôme, celui de l’université d’Italie et  celui de mon école en France.

Ma première experience d’assistante chef de produit je l’ai commencé en septembre dernier. J’ai décidé d’effectuer une année de césure pour m’accorder l’opportunité d’acquérir une experience professionnelle supplémentaire dans un métier qui me paraissait passionnant et dans lequel j’aurais pu mettre à profit les compétences que j’ai acquises lors de mes formations. Après avoir postulé à une annonce et passé les entretiens de recrutement ; je suis rentrée chez Boucheron en tant qu’assistante chef de produit joaillerie et je suis partie m’installer  à Paris. C’était tout nouveau pour moi et très enthousiasment.

Je suis restée 6 mois dans l’entreprise et par la suite j’ai rejoint DIOR pour 6 mois en tant qu’assistante chef de produit développement maroquinerie».

  • Que préférez-vous dans ce travail ?

«  Ce qui est particulièrement excitant dans un tel métier que celui du chef de produit, c’est le rapport que l’on entretient avec le produit. Ce que j’apprécie notamment c’est l’idée de penser la stratégie produit, le fait de réfléchir à ton produit dans tous les détails ; ça va de sa conception à sa commercialisation et on continue à le suivre à travers tout son cycle de vie.

Par exemple, chez Boucheron en joaillerie, le délai de développement s’échelonne sur 1 ans, c’est-à-dire qu’on élabore la collection un an avant. Dans ce cas-là vous avez le temps de connaître votre produit par cœur, l’essentiel de ses traits caractéristiques, vous pouvez vous familiariser avec lui. Ce que j’aime aussi dans cette profession c’est que vous êtes constamment en relation avec l’ensemble des services de l’entreprise, il y a une vraie collaboration entre les différents corps de métiers. »

  • Selon vous, quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

«  Il est important d’être organisé, d’avoir le sens de l’analyse et des priorités, mais aussi de  maitriser certains des outils tels que Excel, qui sont bien souvent essentiels à la pratique du métier.  Vous devez être très réactifs, les priorités peuvent changer du jour au lendemain, donc vous devez vous adapter et bien entendu, avoir  un attrait pour les lignes de produits que vous développez ».

  • La rencontre qui vous a le plus marqué ?

« Mon manager chez Boucheron qui était en fait la chef de produit mariages. Elle remplaçait la chef de produit initiale partie en congé maladie. Elle était jeune, à peu près 26 ans, intelligente et compréhensive avec son équipe. Elle savait vous mettre en confiance, vous poussait à vous dépasser pour aller plus loin dans votre travail et vos réflexions. Elle avait envie de transmettre son expérience et de vous accompagner dans votre développement professionnel ».

 

  • Quelles expériences avez-vous préférées entre Boucheron et Dior ?

« Les deux expériences étaient enrichissantes mais différentes car sur la première je m’occupais de la joaillerie tandis que chez Dior c’était la maroquinerie. C’est vrai qu’il est impossible de comparer ces deux expériences car les produits étaient totalement différents. Mais si je devais en  choisir une, je dirais Boucheron. Nous étions deux stagiaires sur le même poste pour la joaillerie et un autre pour la haute joaillerie, compte tenu du nombre de tâches qu’il nous fallait effectuer.

Le produit était le centre de l’attention, quand on recevait des prototypes, on regardait vraiment dans le détail, il y avait ce soucis du détail ; un rapport aux produits captivant. J’ai vraiment  pu voir comment le produit se comportait sur le marché, l’analyser, c’était très concret ».

  • Comment envisagez-vous la suite de votre carrière professionnelle après vos études?

« J’aimerais effectuer des missions au sein d’une entreprise française à l’étranger en tant que VIE comme Product Manager. Les missions sont généralement de l’ordre de 6 mois, ou bien essayer de trouver un poste en Italie comme assistante chef de produit. Sachant qu’en Italie, avec un diplôme français et déjà plusieurs expériences professionnelles dans le métier ; vous avez un véritable avantage concurrentielle ».

  • Pourquoi l’Italie ?

« J’ai toujours aimé l’Italie, mon grand-père vit là-bas ; de plus dans le milieu de la mode, l’Italien est un gros « plus ». Si vous voulez travailler pour un groupe dont le positionnement sur le marché est au luxe, il est certain qu’un jour ou l’autre  vous traiterez avec des intermédiaires italiens ; notamment pour la qualité de certaines matières premières que l’Italie possède. Par exemple, lorsque je travaillais en tant qu’assistante chef de produit maroquinerie pour Dior, la quasi-totalité de nos intermédiaires étaient italiens. Il est vrai que les meilleurs fournisseurs de peaux pour la maroquinerie sont essentiellement italiens dans le secteur.  Les échanges se faisaient donc dans la langue ».

  • Quels conseils donneriez-vous aux élèves du Master Métiers de la Mode et du textile qui voudraient s’orienter vers le métier de chef de produit ?

«  Je leur dirai qu’il faut qu’ils soient persévérants, qu’ils ne lâchent rien et que c’est leur capacité d’adaptabilité sur le marché qui feront d’eux de bons chefs de produits.

Au cours de mon experience, on m’a souvent demandé de réaliser des documents divers dans le cadre du développement produits ; pour quelques jours plus tard, après des heures de travail sur un document,  revenir sur l’idée première, et devoir changer la quasi intégralité de ce que vous aviez réalisé. Cela peut être frustrant pour certains individus, mais il faut être conscient que sur le marché les choses évoluent constamment. Plusieurs projets peuvent être exécutés par le chef de produit, puis par la suite, être abandonnés.  Bien entendu, cela dépend aussi de la boite dans laquelle vous postulez. Renseignez-vous bien sur l’entreprise et ses produits  avant toutes choses.

Je dirai également qu’il faut avoir le souci du détail, de la patience et savoir travailler sous pression ; mais si vous aimez les aspects du métier vous vous épanouirez réellement. Le chef de produit a beaucoup de projets à gérer en même temps sur une période donnée mais c’est hyper stimulant ! »

Léva Larbi