Le musée d’ethnographie de Budapest nous offre à voir des collections de chaussures issues d’ethnies, de cultures et de pays différents.

Des pièces en pièces, divers thèmes sont abordés : l’importance des chaussures pour des occasions spéciales ouvre le bal, puis s’ensuit un bref topo sur l’emploi du pied nu, enfin l’adaptation de la chaussure face à l’environnement et au climat au sein des différentes communautés.

INDE

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La semelle en bois de cette sandale indienne protégeait le pied du sable chaud, et des roches. Toute la population indienne les portait, pauvres et riches confondus, cependant l’élite arborait des sandales au bois noble décoré de pierres précieuses, d’ivoire, d’argent ou d’or. L’épaisseur de la semelle était un indicateur du rang social.

HONGRIE

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Jusqu’à la fin du 20ème siècle, en Hongrie, une paire de bottes rouges pour les filles et noires pour les garçons était offerte à l’âge de leur confirmation. Elles étaient portées lors de festivités, cérémonies. Faites de cuir de vache et décorées de broderies, elles ont souvent une forte valeur sentimentale aux yeux de leur propriétaire et demandent plusieurs semaines de travail au bottier pour les réaliser.

LE PIED NU

L’habitude d’être pieds nus commença à disparaître chez les habitants urbains et ceux étant proches de la nature. La chaussure est définie en fonction du climat.

Pour la religion chrétienne, l’absence de chaussures est symbole d’humilité, de renoncement à toute forme de richesse. Dans le judaïsme, le pied nu est pratiqué lors d’un deuil.

Les musulmans retirent leurs chaussures à l’entrée des mosquées.

Le pied nu a une symbolique importante auprès de la religion Hindu.

Cette pratique facilite l’exercice de certains métiers notamment pour travailler l’argile et former la poterie, transformer les grappes en vin, ou les choux en choucroute. Dans l’industrie textile, le pied nu permet l’assouplissement du chanvre, le bobinage du fil, le tissage…

RUSSIE

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Superposer des chaussettes et bottes en fourrures de rennes était chose courante chez le peuple russe de Khanty. Il fallait, pendant la période de chasse, se prémunir contre le froid. Les chasseurs devaient traverser des zones enneigées ce qui justifie la hauteur des bottes. Traditionnellement, une décoration était cousue sous le genou pour les hommes et au niveau du pied et du bas de la jambe pour la femme.

Deux peaux de cerf constituent la semelle, les fourrures sont orientées respectivement vers l’intérieur de la chaussure pour l’une et face au sol pour l’autre, cela empêche de glisser mais aussi d’abimer le sol sur lequel ils marchent.

La distinction du pied gauche et droit n’est pas encore faite.

Pour préserver les pattes des chiens de traîneau du sol glacé, les esquimaux partent en excursion avec des chaussons fourrés.

JAPON

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3 types de chaussures :

  • La Zori, tressée en joncs.
  • La Geta, sculptée dans du bois et façonnée différemment en fonction du sexe et de l’occasion. La hauteur de la semelle varie selon le climat et indique aussi l’activité et la situation de la personne.
  • La Waraji, faite de paille, est principalement portée par les paysans travaillant dans les champs, et pour les longues randonnées. Le niveau de difficulté d’une randonnée est jugée au nombre de paires de Waraji usées lors de la balade.

AFRIQUE

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En Afrique les chaussures sont fait à partir de : peaux d’animaux, d’écorces et de bois pour les sols mouillés.

Les Touaregs, peuple nomade issu du Sahara, arborent 4 types de sandales, trois faites de cuir de chèvre ou de vache et une quatrième avec des semelles en bois et des sangles en cuir. Les semelles sont volontairement plus larges que les pieds afin de répartir le poids de manière équitable et de faciliter la marche dans le sable du désert. Elles sont arrondies au bout et concaves le long du pied.

MOCASSINS

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Ils étaient initialement utilisés pour des tâches dans des environnements sales ou humides notamment par les poissonniers, jardiniers, bateliers, commerçants, fermiers. Les personnes les portaient avec des bas en laine ou les fourraient de paille. Ils glissent facilement mais protègent les chaussures du froid ou des saletés.

ÉVOLUTION

La chaussure arborée était définie seulement par le travail ou l’environnement dans lequel les populations évoluaient. A partir du 19ème siècle émerge une volonté des élites de se différencier des autres classes, va s’ensuivre au début du 20ème siècle l’abandon du vêtement folklore et des chaussures traditionnelles. Tout ceci sera plus tard exacerbé par la mondialisation.

MARION JOURDAN