Mode In Marseille

Le blog des étudiants du Master Métiers de la Mode et du Textile

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RETOUR SUR: Open my med x KOCHE

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Depuis maintenant 8 ans, la Maison Mode Méditerranée organise chaque année le festival Open My Med, qui contribue à révéler les talents de demain. Cette année encore, cette édition  a réuni quelque 300 candidats issus de 19 pays du pourtour méditerranéen, dont les 13 lauréats bénéficient d’une formation de haut niveau dans le cadre du Fashion Booster Campus.

A Marseille, la mode est un art de vivre. Métissée, urbaine, populaire, elle fait partie de l’histoire de la ville à laquelle la Maison Mode Méditerranée a su, depuis plus de 30 ans, grandement contribuer. La MMM œuvre à la valorisation de ce domaine, par la mise en lumière de jeunes créateurs, qu’elle soutient, développe et forme de manière professionnelle.  La mode représente un poids économique considérable pour la ville de Marseille qui devient un lieu débordant de créativité, en plein cœur du bassin méditerranéen.

C’est ainsi tout naturellement que Christelle Kocher, avec sa marque Koché s’est révélée, comme une incarnation parfaite du dynamisme Marseillais. Open My Med, édition #3, a donc offert à Koché une Carte Blanche très symbolique, puisqu’elle fait de Christelle Kocher la première femme aux commandes du festival.

Sa vision hybride et multiculturelle de la mode donne à ses créations un style street couture qui résonne de façon singulière dans la cité Phocéenne. A cette occasion, Koché a imaginé un défilé croisière dans un cadre insolite, à bord du Danielle Casanova, de la compagnie maritime CorsicaLinea.

Découvrez ou redécouvrez en image, cet univers décalé et dynamique, au style coloré et festif, lumineux et sportswear, animé par un métissage culturel cher à Koché : c’est ça, « le sud bébé » !

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Image de couverture : © Baptiste Lequiniou

Photos : © Chloé Nivet

Chloé Nivet

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Samia Ziadi ouvre le festival Anti_Fashion avec son projet « République »

Samia Ziadi, que nous avions rencontré il y a quelques semaines lors de nos Rendez-Vous M, nous a présenté son projet « République » jeudi, au cœur de la cité de la Viste, dans le 15ème arrondissement de Marseille.

Samia est née à Colmar, mais elle est arrivée très tôt à Marseille. Après des études de peintre en lettre et en graphisme, elle fait ses premiers pas dans la décoration de plateaux télévisés et de cinéma où elle se découvre un intérêt pour la mise en scène et pour les jeux de lumière. Curieuse, elle croise les disciplines, mélange les arts, et se tourne vers la mode, en autodidacte. Très vite, elle est repérée par Jean-Charles de Castelbajac, grâce à ses vêtements qu’elle met en scène à travers la photographie, le graphisme et la vidéo, sous forme de collage, dans des univers décalés.

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Pour elle, le vêtement n’est pas seulement un objet de mode. Il est didactique, porteur de message. Samia est une créatrice engagée, à l’image de son projet de grande envergure qu’elle nomme « République ». Samia veut toucher, questionner, amener à la réflexion, sans discours ni jugement, elle veut parler aux jeunes, qu’elle considère comme peu représentés au sein de la société.

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Cette République, Samia la matérialise sous la forme d’une immense robe, longue de plus de 10 mètres, composée d’un corps doré, surmonté du mot REPUBLIQUE en sequin brodé, d’un foulard retravaillé en matière plastique (intitulé « je te vois ») orné des mots LIBERTE et FRATERNITE, et d’une grande manche, faite de t-shirts généreusement donnés et déjà portés, aux couleurs du drapeau français, de la taille d’un HLM, en haut duquel la mannequin était perchée.

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« République, je t’ai imaginée, dessinée, habillée, je t’ai fait venir jusqu’à moi, à Marseille »

Que signifie la République aujourd’hui ? C’est un terme qui revient souvent, mais a-t-il encore un sens pour la jeunesse ? A travers cette installation, c’est une question d’identité sociale, politique et religieuse qui se pose.

La présentation de ce projet était accompagnée d’une performance de la chanteuse Nawel Ben  Kraiem, qui nous a offert à travers ses textes un message de tolérance et de diversité.

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Samia Ziadi, créatrice du Projet République

 

 

Chloé NIVET

Image de couverture : © Samia ZIADI

Crédits photos : © Chloé NIVET

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Marseille accueille le collectif international Intercolor, afin de définir les tendances couleurs 2020, lors d’une rencontre portant sur le thème du sport.

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Les membres du groupe Intercolor présents lors de la Journée

Mercredi 23 Mai 2018, Marseille, sous la direction de la Maison Mode Méditerranée et du Comité Français de la Couleur, a accueilli les IntercolorEncounters, dans le but d’imaginer et de définir les couleurs printemps-été 2020.

Intercolor est un centre de recherche pour la couleur, un collectif de grande diversité qui réunit 16 pays membres. Chaque pays représente un organisme, une association ou un groupe de designer, mais aussi des instituts ou des universités.

Sous la marque Intercolor, des esprits créatifs se réunissent pour discuter de couleurs, de leurs changements et de leurs développements. Tous travaillent dans le secteur du design et de la couleur, et s’occupent des tendances, de la mode, du textile ou du développement de matériaux, dans des secteurs industriels divers et variés.

L’histoire Intercolor commence en 1963, avec l’industrialisation massive du prêt-à-porter et un  développement rapide de la mode qui fait naître un besoin international de communiquer. Les pays fondateurs sont le Japon, la Suisse et la France, puis le collectif s’étend petit à petit, jusqu’à évoluer vers un workshop interactif de grande envergure, dont les couleurs et leurs harmonies sont au centre de la recherche.

Jusque dans les années 70, les rencontres se faisaient uniquement à Paris pendant les salons du textile. Aujourd’hui, le collectif se veut mobile et voyage dans tous les pays membres afin de créer un collage culturel qui permet de connaître les tendances locales tout en créant une réflexion globale.

Pour cette édition, Intercolor s’est installé à Marseille et la recherche s’est déroulée autour du thème « Colour, Sport, Fashion& Innovation ». L’échange s’est articulé au travers du point de vue de différents acteurs du secteur de la mode et du sport, mais aussi des différentes cultures présentes.

Tours du monde…

Ce qui est intéressant dans la démarche Intercolor, c’est la diversité. C’est ce que nous avons pu constater dans la première partie de cette conférence, ou chaque représentant de pays est venu partager sa vision sur le thème de la couleur dans le sport, grâce à de courtes vidéos qui montraient bien à quel point cette discipline peut être traitée différemment d’un pays à l’autre.

Le but était d’observer comment la couleur s’inscrivait de manière globale, dans un processus créatif, industriel et de distribution. Aujourd’hui elle est donc aussi très largement ancrée dans le monde du sport et si avant, elle était surtout patriotique, elle est maintenant avant tout un symbole de modernité et devient porteuse de message. La couleur dans le sport est passionnante et devient un formidable vecteur d’expression.

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Membres Intercolor Suisse, Chinoise et Anglaise

De la mode et du sport, qui influence qui ?

La technique est toujours là avant la mode, mais la mode sait intelligemment rebondir sur quelque chose d’authentique, et c’est à cela que l’on distingue un beau produit.

Pour Sophie Bramel, Journaliste Sport Design, la mode et le sport s’influencent de manière réciproque. En effet, la mode est très inspirée par le sport en ce moment, et elle est constamment à la recherche de nouveauté dans le but d’alimenter les tendances. Le fait que le sport ait une fonction, rend le vêtement un peu plus intelligent grâce à différents processus comme l’évacuation de la transpiration, la protection de certains éléments, l’extensibilité… Pour la mode, c’est une manière d’être un peu moins frivole et un peu plus utile. Cela apporte un message nouveau.

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Sophie Bramel, Yvon Berenguer et Dominique Cuvillier

La mode et le sport, selon Yvon Berenguer, Directeur Général du bureau de tendance IN MOUV, forment un véritable couple d’interaction. Les tendances sport sont très présentes sur le marché, et influencent aussi bien le prêt-à-porter que les créateurs. Ces dernières années, le sport a offert à la mode un apport technologique non négligeable en termes de matière, de souplesse, de solidité ou encore de légèreté.

La mode pioche énormément dans le sport, et le sport n’a pas envie de manquer cette occasion, qui fait le business de plein de marques de prêt-à-porter, alors qu’il pourrait être le leur. En réponse à cela, les marques de sport cherchent à développer des lignes plus urbaines.  Aujourd’hui, ces dernières veulent élargir leur marché et pénétrer la ville. Or avec un total look sportif performant, on peut difficilement avoir une tenue descente. Ce pourquoi, toutes les marques de sport cherchent un territoire lifestyle qui est d’ores et déjà  le marché de demain. La mode semble être un véritable vivier pour le sport, car elle permet des compositions de styles d’allures et de couleurs qui sont sans cesse renouvelées.

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Nathalie Restrepo et Olivier Guillemin

Ce phénomène est très notable dans le monde de la chaussure où la basket à su se démarquer de façon à prendre une place non négligeable dans la mode actuelle. Nathalie Restrepo, Consultante couleur Centre Technique du Cuir, nous raconte que l’histoire de la sneaker est étroitement liée avec les cultures dite « underground », et les mouvements de liberté. L’esprit rebelle inné de la sneaker est très apprécié et rapidement adopté par les jeunes pour lesquels, cela devient un moyen d’expression, leur permettant de revendiquer une appartenance communautaire. Avec l’engouement de la culture street, on constate une vraie explosion du marché de la sneaker, dont le style se diversifie et évolue. Plus récemment la tendance UglyShoes, terme utilisé pour ces chaussures de sport associées de façon éclectique à des formes excentriques, devient un itshoes.

Marion Lamarque, Color Design Managerchez Décathlon l’affirme : que cela soit dans une salle ou sur un terrain, le client souhaite être à jour sur la mode. Cependant, chez Décathlon, on s’intéresse beaucoup au praticien : tout part de la fonctionnalité. En fonction du sport pratiqué, les designers vont observer le mouvement nécessaire à faire pour définir une coupe, ou la cohérence entre le ressenti d’une couleur sur un produit et la discipline.

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Marion Lamarque et Ariane Bigot

Chez Première Vision, plus grand salon textile au monde, le sport est assez récent. Cependant, Ariane Bigot, adjointe direction mode, constate que les fabricants de textile, en prêt-à-porter comme en Sport & Tech, ne se limitent plus exclusivement à leurs domaines, et de plus en plus de fabricants font les deux en même temps. Ainsi, ce phénomène de rapprochement a déjà grandement influencé la chaîne en amont. La frontière entre la mode et le sport devient de plus en plus floue et les choses sont beaucoup moins stéréotypées.

Mais alors, comment les couleurs sont-elles gérées quand il s’agit de sport?

Aujourd’hui, les couleurs dites « neutres » telles que les, bruns, marines ou encore le kaki, jusqu’à maintenant plutôt utilisées dans le casualwear, sont à la tendance dans les vêtements de sport. En revanche, elles sont toujours travaillées avec des touches plus vives et intenses parce que pour ces vêtements, la question de la visibilité est très importante. En 2017, par exemple, Ariane Bigot note que chez l’homme, le marine arrive en première position autant dans la mode courante que dans le sport. On note cependant, que les jeunes garçons portent des couleurs beaucoup plus variées dans le sport que les anciennes générations.

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Certains sports sont plus aptes à pouvoir intégrer des tendances. En effet, plus le sport est proche du freestyle, c’est-à-dire d’une expression créative de soi, plus on va pouvoir intégrer des tendances graphiques avec des couleurs originales.

Le sport, ce n’est pas juste la compétition, tout comme la performance, ne s’exprime pas seulement par la compétition. Chez Décathlon, la performance, c’est dépasser ses limites. Par exemple, explique Marion Lamarque, la performance au Yoga, c’est atteindre le Nirvana par la méditation transcendantale. La performance, donc, n’est pas forcément stimulée que par des couleurs vives, et peut aussi l’être par des couleurs douces qui sont utilisées pour des pratiques qui cherchent à équilibrer le corps et l’esprit.

En revanche, les sports qui tendent vers l’ultra performant vont être portés par des couleurs qui donnent de l’énergie qui ont tendance à activer nos pulsations cardiaques, nous mettant donc dans des conditions pour être meilleur.

Dans certains sports aussi, la couleur traduit ce besoin de rejoindre une communauté et de partager des codes, comme en danse classique. C’est aussi le cas dans les sports outdoor, où l’on cherche des couleurs proches de la nature pour s’y fondre.

Le sport c’est aussi une question de contexte, à même de modifier la perception de la couleur. Le mot « sport » peut être interprété de multiples manières : il peut vouloir parler d’un sport de compétition, en équipe ou individuel, mais aussi d’un loisir, pendant des vacances au ski ou à la plage. Et alors, souvent, on se permet des couleurs plus vives qu’on ne pourrait pas porter dans le cadre du travail, voire même, de la vie courante.

Le contexte est un faire-valoir extraordinaire. Le blanc des pistes enneigées, le bleu de la mer, la terre battue d’un cours de tennis, vont éveiller les sens et donnent envie de se permettre des couleurs plus vives qui vont égayer les activités.

 

Voir plus loin…

La fin de cette rencontre s’est ensuite ouverte sur des questions d’écologie. En effet, Le développement durable est aussi en train de modifier la palette :Quand on parle de couleur de manière globale, la problématique de l’environnement est récurrente et très actuelle. Ce terrain d’approche mérite une pensée plus profonde, incluant une vision globale et responsable sur toute le processus du fabrication. La question reste en suspens, peut-être le thème des prochains IntercolorEncounters…

 Merci à tous les intervenants présents, ainsi qu’au Comité Français de la Couleur et à la Maison Mode Méditerranée pour cette journée très enrichissante, et un grand bravo à Maria, Léo, Amélie, Aleksandr, Makiko et Wissal étudiants au Master Mode pour l’entière réalisation de ce projet !

 Pour plus d’information à propos du groupe Intercolor :

https://www.intercolor.nu/

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Aleksandr Simonov, PascaleAkiki, Annie Donnay, Maria Borgström, Léo DImondo, Amélie Brichet, Olivier Guillemin et MakikoHarada

 

 

Chloé NIVET et Yiyun ZHU

Crédits photo : © Chloé NIVET

 

 

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Safae HSEIN, étudiante en Master Mode, élue meilleure jeune créatrice lors du Salon Des Créateurs

La première édition du salon des créateurs à Marseille, à l’initiaitive du Conseil Départemental dans le but de promouvoir les jeunes créateurs dans la région, s’est achevésamedi dernier, aux Archives Départementales.

Le salon est présenté dans le cadre d’une semaine dédiée à la mode,proposée par le département, en partenariat avec La Maison Mode Méditerranée. A cette occasion, une dizainede créateurs ont pu exposer leurs créations. On a par exemple pu y rencontrer Bird Song, marque prêt-à-porter féminin ayant une univers poétique s’inspirant des vêtements anciens; la jeune marque Cozete qui propose une mode libre et féminine; Virgine Monroe, marque de bijoux raffinée et intemporelle, ou encore la marque Les Midinettes, sensuelle et ultra féminine. L’évènement a été clôturé par un défilé ouvert au public.

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Safae HSEIN, étudiante du Master 1 des Métiers de la Mode et du Textile, a remporté le prix du Meilleur Jeune Créateur 2018. Pour vous faire découvrir l’univers de cette jeune créatrice marocaine, nous invitons Safae à vous partager son histoire :

Peux-tu parler un peu de toi, ton parcours et d’où vient ta passion pour la mode?

Je m’appelle Safae Hsein, je suis une jeune créatrice marocaine de 26 ans. J’ai suivi une licence en création et mode dans une école supérieure à Casablanca au Maroc. La mode, je suis tombée dedans quand j’étais petite, je regardais les défilés des grands créateurs, leurs créations, ça m’a toujours fait rêver.

Je suis actuellement étudiante en Master des Métiers de la Mode et du Textile à Marseille, j’apprends le côté technique et pratique du secteur de l’habillement. Par la suite je souhaiterais développer mon savoir-faire à travers une expérience professionnelle chez une grande maison de mode pour pouvoir, un jour, créer ma propre marque.

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Quelle est l’histoire de ta collection et ton inspiration?

Les cultures des pays sont tellement riches et différentes, c’est une réelle sourced’inspiration pour moi. Je puise dans les tenues traditionnelles comme l’habit de lumière du « matador » et m’en sert comme véritable matière première dans mes créations. Je les travaille et transforme, pour créer une tenue plus contemporaine quime ressemble.

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Dans cette collection je me suis inspirée de deux mondes différents qui sont latauromachie (L’habit de lumière) et le ballet. Deux univers qui s’opposent et se rencontrent pourcréer une silhouette à la fois élégante et légère. L’habit de lumière rencontre lagrâce et la souplesse du ballet. Ma collection se compose de 6 silhouettes : des robes, vestes, pantalons et body avec broderies et perlages. Une gamme decouleurs composée de noir, de bleu électrique et de grenat. J’ai décidé de travailleravec du cuir pour représenter le toréador et du tulle pour la « ballerina ».

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Pour retrouver ses créations ou la contacter,

Facebook: @Safae Hsein  Instagram: @ safae.hsein

Félicitations et bonne continuation notre Safae !

 

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Intervention Dior pour les M1 du Master Mode

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La semaine dernière, le Master des Métiers de la Mode et du Textile a eu l’honneur d’accueillir au sein de son établissement Karin Raguin, Directrice Développement des Talents, et Manon Blua, en charge du recrutement et des relations écoles de la prestigieuse maison Christian Dior Couture.

Au programme, présentation de la Maison Dior, du monde de la Haute Couture, et de sa place au sein du groupe LVMH, puis échanges libres et retour d’expériences.

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« Quel est votre rêve professionnel ? »

Forte de son expérience, Karin Raguin est venue discuter avec les étudiants du Master, de la maison de renom dont elle fait partie, du point de vue des Ressources Humaines. Pour elle, la philosophie RH Dior tient en un mot : Partage. Chez Dior, le devoir de transmission est très important et pour cause, l’héritage de la maison est conséquent. Chez Dior, il faut pouvoir comprendre le passé pour mieux aller de l’avant. La maison n’est pas figée, elle est en perpétuel mouvement, et se place autant dans la couture, ou le retail, que dans l’art.

La culture Haute couture : « Je fais, je défais, je refais »

Karin Raguin n’a pas oublié de souligner que le domaine de la Haute Couture est un monde d’excellence, d’où l’importance d’avoir une belle ambition, de se connaître, connaître son environnement, et de se faire connaître. Le but étant de sensibiliser les étudiants à l’importance de se créer un réseau.

« Transmettre, c’est s’aider soi-même » S. Toledano

Cette journée reflète, une fois de plus, l’engagement qu’a la Maison Dior envers le Master des Métiers de la Mode et du Textile, qu’elle soutient depuis son lancement à Marseille.

La Maison Mode Méditerranée est également un partenaire des évènements formation Dior, comme le Women@Dior, pour lequel elle a co-créé la première édition à Marseille en 2017, et dont des étudiantes en Master Mode ont pu prendre part cette année encore à Paris.

Un grand merci à Karin Raguin et Manon Blua de la Maison Dior pour leur intervention très enrichissante, ainsi qu’à la MMM et à la direction du Master, pour avoir permis cette rencontre.

Chloé Nivet

Crédits photo : MMM

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Les rendez-vous M – Jeudi 3 mai 2018 Entre appropriation et appréciation culturelle, où se trouve la limite ?

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Début mai, les étudiants en première année du master des métiers de la mode et du textile ont organisé la deuxième édition des « rdv m », rendez-vous sous forme d’afterwork, ouverts à tous qui, au cours de discussions avec des professionnels de la mode invités par les étudiants, discutent de sujets d’actualité en rapport avec le domaine.

Lors du premier évènement, la conférence s’était portée sur l’influence de Marseille en tant que nouvelle ville mode et de l’importance du métissage culturel, caractéristique de la cité Phocéenne. C’est donc tout naturellement que ce deuxième rendez-vous s’est porté une nouvelle fois sur l’influence des mixités culturelles sur la mode, en invitant de nombreux acteurs du secteur de la mode ayant un attrait à la question de l’appropriation culturelle pour venir en discuter avec nous, autour d’une table ronde.

Ainsi, le but n’était pas de donner un avis, bon ou mauvais, mais bel et bien de soulever des interrogations sous forme de partage d’expérience, sans avoir la prétention de vouloir apporter de solution définitive.

Qu’est-ce que l’appropriation culturelle ?

L’appropriation culturelle est un phénomène mis en lumière dans les années 1980, avec le début des études postcoloniales. Il trouve ses racines dans l’histoire de l’oppression des minorités. C’est un sujet vaste qui aujourd’hui ne touche pas seulement la mode : L’appropriation culturelle est présente dans bien des domaines et se défini comme telle, quand une culture minoritaire se voit copiée par une culture dominante, en reprenant ses codes, sans se poser la question de l’identité originelle et symbolique de ceux-ci, les réduisant seulement à des objets de consommation « trendy ». Le problème est que, bien souvent, le sens de l’élément importé se perd, et se transforme en un objet purement esthétique et folklorique, qualifié d’exotique, renforçant les clichés et les stéréotypes qui peuvent déjà être présents.

Ainsi, la limite entre appréciation et appropriation culturelle est très légère et évidement tout aussi subjective. L’ambition de cette rencontre était, au travers des témoignages de chacun, de prendre conscience de ce phénomène, et de comprendre où pouvait se trouver cette limite. Comment faire de la mode un jeu de mixité et de métissage, tout en respectant l’intégrité et la dignité de chaque individu concerné ?

La mode comme hommage ?

Dans un premier lieu, il en a été convenu qu’une « bonne » appréciation culturelle selon Léo Peralta s’en tient, entre autre, à l’amour que l’on va mettre dans notre projet. Léo est un jeune créateur venu d’Amérique du Sud, et installé depuis quelques années à Marseille. Ses créations sont un mélange d’inspirations et de tissus d’origines diverses, et pour lui, mode et mixité peuvent être parfaitement juxtaposés si l’on créé avec notre cœur, si durant des voyages des rencontres, nous avons été touchés par des histoires, des paysages, des couleurs, que nous voulons à notre tour transmettre, partager, retranscrire sur un vêtement ou un accessoire. Pour lui, il n’est pas question d’appropriation ou d’exploitation, mais bel et bien de rendre hommage à des personnes croisées, des endroits visités.

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Pour le trio créatif de Bellesunce, aussi présent pour l’occasion, il est là aussi question d’hommage. Bellesunce est une jeune marque purement marseillaise, fondée par trois copines, Mathilde, Juliette et Pauline, marseillaises et fières de l’être. Chez Bellesunce, la mode s’inspire de Marseille et s’en joue : les vêtements nous parlent du vrai Marseille, version authentique. La marque, avec la nouvelle collection masculine « Ligne soixante-dix », présentée durant la soirée, veut mettre en avant les hommes de Marseille et leur style éclectique, aux inspirations multiples, qui font la richesse de la ville et en parlent avec beaucoup d’amour : « On souhaitait rendre hommage aux garçons de la ville de Marseille et à leurs styles qui nous plaisent tant ». Bellesunce s’est aussi inspirée de ces hommes de la MPM, qui œuvrent chaque jour pour la ville en reprenant les codes de leurs uniformes, comme pour leur dire merci.

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Le vêtement, témoin d’authenticité et d’histoire ?

Cette quête d’authenticité est aussi le créneau d’Isabelle Crampes, fondatrice du site en ligne De Toujours. De Toujours s’attache à ne commercialiser que des produits authentiques et à en faire des vêtements de mode, tout en en rappelant constamment l’histoire, pour ne pas en perdre les racines, et ne pas dénaturer les vêtements ou accessoires. Pour Isabelle Crampes, les vêtements traditionnels peuvent très bien être portés par des tiers, étrangers à une culture particulière, à condition que l’on soit conscient de l’histoire du vêtement, de son origine, de ce pourquoi il était utilisé à la base. Chez De Toujours, tout est véritable, et pour Isabelle Crampes, « l’appropriation permet la survie ou la redécouverte d’une civilisation, d’une tradition, le maintien d’une histoire ».

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Marie-Antoinette, étudiante en Master des Métiers de la Mode et du Textile nous a présenté, au côté de Safae et Sofia, marocaines, et Yiyun chinoise, son habit traditionnel sénégalais. Pour elle, le maintien de l’habit traditionnel est très significatif. Il permet de porter son histoire, à même le corps, l’histoire de ses ancêtres. Il permet de se souvenir d’où l’on vient et de ce que les générations passées ont fait pour que l’on arrive là où on en est. Elle nous dit « L’appropriation culturelle, ce n’est pas seulement porter un vêtement dans le cadre de la mode, c’est porter un vêtement dans le cadre de l’histoire. Et moi mon histoire c’est le orange, c’est le vert, c’est le bleu, c’est le noir, mais c’est aussi le blanc ».

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L’appropriation culturelle met-elle des barrières entre les gens, ou au contraire, rapproche-t-elle les peuples ?

Yiyun, également étudiante en première année de Master, perçoit plutôt l’appropriation culturelle comme une barrière à l’échange interculturel. Yiyun nous a présenté au cours de la soirée, son habit traditionnel Chinois, le Qipao robe très typique de la culture et de la mode chinoise, qui était autrefois un signe d’émancipation chez les femmes. Cette robe fait partie des éléments les plus utilisés et détournés de la culture chinoise. Le Qipao incarne une beauté réservée, une élégance raffinée, mais bien souvent, ces élément sont vulgarisés par les réappropriations occidentales, ce qui fut le cas il y a quelques années sur un défilé Victoria Secret. Pour elle, « quand on méconnait une culture, on a tendance à en ignorer la diversité. On perpétue les stéréotypes en reprenant quelques éléments emblématiques et on les magnifie, dramatise. C’est vrai que les clichés font partie de la réalité, mais il n’y a pas que ça et c’est triste que la plupart des gens s’arrêtent à cela. En fait, au-delà de mettre certains habits ou coiffes, ce qui entraîne la vraie frustration, c’est le manque de volonté de s’intéresser en profondeur à une culture ».

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Pourtant, les barrières interculturelles, certains en font leur combat, comme Samia Ziadi, artiste et créatrice de mode autodidacte qui fait passer dans son travail un message engagé. Son thème? La république. Mais une république qui incarne une mode sans frontière. Elle travaille le vêtement comme un support étendard pour poser des questions sur des sujets forts et actuels tels que la jeunesse, la migration, la religion, l’identité sociale.

Et les grandes maisons dans tout ça ?

Au fil de la discussion, l’inévitable sujet de la haute couture est entré en compte. Le domaine du luxe n’y échappe pas, et les mises en scène de certains créateurs sont souvent pointées du doigt sur les podiums. Certains se sont par exemple sentis offensés par l’utilisation des dreadlocks en 2015 par Marc Jacobs, du wax par Burberry et Stella McCartney, ou encore du turban dastar chez Gucci, qui, maladroitement, perpétuent une certaine idée colonialiste du pillage des cultures minoritaires. Une remarque est soulevée dans l’assemblée : Très souvent si l’on croise une femme Arabe, coiffée d’un voile, ou une femme Africaine portant l’habit traditionnel, elle va être dévisagée, car elle ne rentre pas dans les codes occidentaux. En revanche, si une jeune femme blanche porte ces mêmes attributs, elle est « stylée ». C’est exactement la même chose qui est reprochée dans les défilés.

Petite mise en situation : est-il légitime d’acheter des babouches griffées à 500€? Oui, non, peut-être. A cette question, Léo Peralta s’exclame, non sans faire rire l’audience : « Si tu aimes vraiment les babouches, va les acheter au marché de Noailles ! »

Finalement, il ne faut pas oublier que nous faisons partie intégrante du système de mondialisation, et que ces emprunts participent aux métissages de nos sociétés. Ainsi, comme l’a noté Claude Lévi-Strauss, l’identité est un bricolage constant fait d’influences diverses dont nous sommes constamment traversés. L’ère ultra connectée dans laquelle nous évoluons nous ouvre en grand la porte de l’échange. Pour qu’il y ait un véritable échange, il faut qu’il y ait une véritable volonté d’apprendre de l’autre, nécessitant une éducation et une prise de conscience collective.

Nous souhaitons remercier tous les intervenants qui ont fait de cette soirée un terrain d’échange et de partage :

  • Leo Peralta, styliste de mode

http://leoperaltacouture.tumblr.com/

  • Isabelle Crampes, fondatrice de De Toujours

http://www.detoujours.com/

  • Samia Ziadi, Styliste de mode

https://www.instagram.com/samia_ziadi/?hl=fr

  • Pauline, Mathilde et Juliette de la marque Bellesunce

www.bellesunce.com

  • Erwan Colin, fondateur de la marque de montre Shammane

www.shammane.com

  • Damien Saison, créateur de bijoux et accessoires
  • Marie-Antoinette, Safae, Sofia et Yiyun pour leurs témoignages

Merci aussi au VV pour son accueil et ses délicieuses préparations,

Enfin, merci à Passionata, De Toujours, Maison Lejaby, PasSage, et Yiyun pour les cadeaux qu’ils nous ont offert pour l’évènement !

Chloé Nivet

Crédit photo : Chloé Nivet

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Visite Exposition Mode – « Que je t’aime ! » Du 17 Février au 27 Mai 2018 Château Borély

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Il y a quelques jours, les étudiants du master ont eu la chance d’assister à une visite commentée de l’exposition « Que je t’aime ! » au musée des arts décoratifs, de la faïence et de la mode du château Borély.

Cette exposition se déroule dans le cadre des rendez-vous culturels MP2018, dont le fil rouge est l’Amour.

C’est donc tout naturellement que la mode intervient sur ce thème. En effet, au célèbre adage « dis-moi ce que tu portes, je te dirais qui tu es », ici, la quarantaine de pièces présentée semble plutôt nous dire « Dis-moi ce que tu portes, je te dirais comment tu aimes »… Ainsi on découvre que, grâce à différents symboles, différentes formes et couleurs, le vêtement nous permet de parler, de délivrer un message, qui est, à travers cette riche exposition, plus que jamais amoureux.

Dans les années 1980 la Maison Mode Méditerranée, avec l’impulsion de Maryline Vigouroux, s’est créée une petite collection de pièces de créateurs, au sein d’un établissement dédié à la Mode : L’Espace Mode. Situé auparavant sur la Canebière, l’Espace Mode ferme en 2010 pour venir s’installer au Château Borély et se renommer « Musée de la Mode ». Regroupant aujourd’hui plus de 8000 pièces de collection, le Musée de la Mode organise des expositions temporaires qui se relayent tous les quatre mois avec une thématique changeante.

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Comme une fleur…

Pour cette exposition, plusieurs salles se succèdent dans le château le long d’un parcours thématique, mettant en scène l’amour sous différentes formes, images, symboles… C’est ainsi que la visite commence avec la représentation de la fleur. On y voit la nature, la forme, la couleur sur des robes du soir. La féminité en ressort et met en valeur la femme. Pour Dior c’est la tulipe, et pour Balenciaga le Cyclamen. La Rose elle, est la fleur star des années 50.

Les passionnés de fleurs ne manquent pas dans le monde de la création. Amoureux de végétaux et jardins, Dior puise son inspiration dans les fleurs pour dessiner la silhouette  de la femme idéale, représentée notamment par sa ligne Corolle en 1947, qu’il renommera par la suite New Look. Dior cherche à renouer avec les contraintes du corps et remet au goût du jour la guêpière qui donne une taille fine, fait des hanches épanouies et remonte la poitrine.

Grand maître de la haute couture, Balenciaga, quant à lui, exprime son amour par la robe du soir de taffetas en soie qu’il visualise comme le cyclamen, fleur symbole d’un sentiment durable.

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Que serait l’amour sans son iconique robe de Mariée?

Ce n’est que depuis le dogme de l’immaculée conception que la robe se fait blanche, symbole de pureté. La robe de mariée a beaucoup évolué avec les époques et les modes. Le Musée Borély nous propose donc 4 robes différentes, très représentatives de leurs périodes, symboles de l’art nouveau, de l’art déco, du style empire, mais aussi du retour à l’antique, au lendemain de la révolution. A partir des années 70, la robe de mariée, avec la femme se libère. Les superpositions offrent de jolies illusions optiques en jouant sur les longueurs et les drapées. Et le voile, progressivement, est remplacé par le capuchon.

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Couleur de fantaisie par excellence, le rose est pourtant une couleur ambiguë et acidulée, qui est à la fois romantique et érotique, notamment exploitée par l’univers de lingerie et de la beauté. Cet ensemble du soir, robe corsetée et pantalon, réalisé par Alexandre McQueen pour Givenchy, traduit l’amour du créateur pour les pièces historiques mais réinterprétées dans un esprit moderne.

Rouge Ardent

Le rose est très présent sur les robes de soirée, mais il se voit peu à peu remplacé par le rouge, qui se décline sous plusieurs teintes reconnaissable, comme le rouge Valentino, ou le rouge Louboutin.

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Longtemps associé aux courtisanes et aux demi-mondaines, le rouge ne commence à être apprécié qu’à partir de la première guerre mondiale. Dynamique, passionnant et séduisant, il devient une couleur de signature pour les grandes maisons de luxe.

Ces robes, au niveau de la création, sont souvent très libres, et ce encore plus dans les années 80, où le désir est d’amener la haute couture dans le prêt-à-porter, avec des finitions fait main.

Le coeur est très en vogue également : Symbole par excellence de l’amour, il est très présent notamment dans les collections d’Yves Saint Laurent et chez le styliste Franck Sorbier. Mais on le retrouve aussi sur les dessous de Chantal Thomass ou sur les créations de la Marseillaise Fred Sathal, avec son pantalon « signal d’amour », à la frontière entre mode et art. 

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Noir séduction…

Autre couleur, autre signification… Par l’approche du noir, l’amour se fait plus subtil, plus sensuel, mais aussi, certainement plus joueur. Le corps se libère, et l’amour prend des allures charnelles et voluptueuses. Ce que Gaultier matérialisera avec son célèbre bustier. Le noir est partout et se porte en toute occasion. Il est symbole de séduction suprême.

La dentelle, quant à elle, donne un caractère plus frivole et léger. Plus doux et sophistiqué. Dans les années 50, les belles ne sont qu’en dentelle, et la femme se pare de volants romantiques, dans un style épure ou au contraire, très ornemental, se jouant alors d’un côté chic et glamour, en toute transparence…

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Finalement, l’habit vient dire nos sentiments profonds ou nos humeurs d’un jour, il habille nos vies et nos histoires de cœur. Premières rencontres, premier « rendez-vous », dîner aux chandelles pour déclarer sa flamme ou la rallumer, serment solennel pour le meilleur et pour le pire… chaque tenue, par sa couleur et ses matières, s’accorde à notre envie de séduire. A moins que l’on ne choisisse de la porter pour notre seul plaisir.

Le musée Borély Dédié aux Arts Décoratifs, le musée présente dans les espaces du Château Borély, fastueuse bastide du XVIII ͤ siècle, une sélection de deux mille cinq-cents œuvres : mobilier, céramiques, verres, tapisseries, objets d’art, objets exotiques rares, design et collections de mode, du XVIII ͤ siècle à nos jours.

Musée des Arts Décoratifs, de la Faïence et de la Mode

134, Avenue Clot Bey – Château Borély – 13008 Marseille

Tél : 04 91 55 33 60

Horaires : du mardi au dimanche de 10h à 18h

Chloé Nivet

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Caring and sharing – Témoignage d’un Workshop de création (Partie I)

Pendant deux semaines, la promotion actuelle du Master 1 en Métiers de la Mode a eu la chance de pouvoir participer à un workshop de création de mode hors du commun. Dans une optique d’éducation complète et ouverte, M.Kazan estime en tant que directeur de cette formation, qu’il est essentiel d’entrouvrir les portes du fashion design même à des étudiants de gestion dès lorsque ceux ci se spécialisent en management de mode. C’est ainsi que nous avons eu le privilège d’accueillir Pascale Gatzen, créatrice d’une mode alternative et professeur écoresponsable -connue à Marseille également pour son intervention importante lors de la conférence ‘Anti-Fashion’- , accompagnée de quelques unes de ses étudiantes les plus géniales, pour que ces personnalités hors du commun puissent nous initier au monde de l’inspiration et de la création.

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En vue de mettre l’accent sur la recherche et la matérialisation de l’inspiration dans un premier temps, la première semaine a été consacrée à la formation d’une vraie communauté d’apprentissage composée des participants étudiants et des participants formateurs dans l’optique de former une « Learning Community » fonctionnant selon le simple mais efficace principe de l’échange de connaissances, d’expériences et d’inspirations. Les mots clés sont dès lors devenus ‘caring’ et ‘sharing’, pour un atelier de création mettant l’humain au centre d’une mode faite de soin et de partage. Nous avons ainsi pu partager les sources d’inspiration les plus différentes, récoltées au cours de nombreux exercices, aussi ludiques qu’efficaces dans notre recherche d’une créativité enfouie sous le prétexte d’une formation de faculté d’économie-gestion. La deuxième semaine a été axée autour de la création d’un vêtement sur base de l’inspiration récoltée auparavant, mais sous condition de procéder par recyclage, dans une optique de responsabilisation individuelle et collective bien trop souvent négligée à l’époque de la fast fashion.

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A l’issue de cet atelier de création certainement magique, il est devenu clair que si les mots d’ordre du business de la mode étaient ‘caring’ et ‘sharing’, le monde serait un endroit plus juste et plus joyeux. Pour que le monde de la mode devienne donc plus beau, soyons créatifs et responsables, car nous pouvons le faire tout en nous amusant!

Un grand merci à Madame Gatzen et à toute son équipe!

Fredi Caruso, Photos par Chloé Nivet et Wissal Chab

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L’essentiel Lifestore – plus qu’une boutique

Claire Grolleau, dirigeante et co-fondatrice de la marque Essentiel créée pour L’essentiel Lifestore ouvert en août dernier, a accepté lors de la première édition des Rendez-Vous M dans ce même lieu, de partager avec nous la philosophie de son concept moderne et innovant. Le but de cette conférence/afterwork organisée par les étudiants du Master 1 Métiers de la Mode, était d’échanger avec des professionnels sur l’effervescence des nouvelles villes mode et plus particulièrement de Marseille. Voici le récit d’un input précieux.

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Ayant effectué un parcours scientifique, notamment une formation en toxicologie de l’environnement, Claire Grolleau semble provenir d’un univers très éloigné de celui de la mode. Mais il s’agit d’une femme qui aime la créativité et la mode de façon instinctive et naturelle, car elle « aime la vie« . Les études scientifiques lui ayant conféré une considérable ouverture d’esprit, elle sait que bien des choses sont possibles lorsqu’on a une vision. Dans l’univers du développement durable depuis 30 ans, sa mission a été d’accompagner particuliers et entreprises dans la transition écologique. Madame Grolleau est à l’origine de la création de l’Ecolo-Crêche, pour citer un des nombreux exemples de son engagement. Pour elle, l’état de notre planète étant un reflet de l’état de notre société, le respect de l’homme et de la nature vont de pair

Consommatrice éco-responsable et végétarienne depuis 25 ans, elle s’est inspirée de sa vie quotidienne pour la conception de l’essentiel Lifestore. Il s’agit d’un lieu sympathique et naturellement chic où est proposé une consommation durable avec une offre de nombreux produits et services complémentaires : le client peut manger végétarien et bio, s’offrir de la mode durable, découvrir des cosmétiques biologiques et même consulter des naturopathes. L’approche met le bien-être et la santé au centre de l’expérience proposée par l’Essentiel Lifestore.

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La collection de vêtements « l’Essentiel » est constituée de pièces basiques. On y trouve des T-shirts avec des slogans parlants et des petites robes noires, classiques, indémodables et portables en toute occasion, toutes les saisons. Toutes les étapes, de la conception à  la mise en boutique, sont parfaitement respectueuses de l’environnement et de l’humain en vue d’aboutir à un produit hautement qualitatif assorti d’un prix « juste ».

Pourquoi Marseille? Pour notre interlocutrice c’est une ville intéressante et dynamique ou « encore beaucoup de choses sont possibles». La boutique profite de l’environnement naturel exceptionnel de la ville pour faire reconnecter les gens à la nature : juste devant la boutique le client aperçoit la mer. Plus loin entre les calanques et les ravissantes campagnes provençales, la nature de Marseille est en effet exceptionnelle. C’est cette nature dont est inspirée la décoration: le concept store est orné de poutres rappelant des troncs d’arbres, agrémenté d’une salle d’attente avec un sol en sable pour y mettre les pieds nus, le tout dans un style simple, épurée mais chaleureux avec un accent particulier sur les matières premières naturelles.

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Grolleau tient à préciser lors de la conférence qu’une vie saine et respectueuse de notre planète n’est aucunement contradictoire avec les plaisirs de la vie. Loin du discours moralisateur pesant de certains écologistes, elle accepte et aime les plaisirs, même futiles parfois, si importants. La mode doit rester plaisante, légère, mais elle peut l’être aussi dans le cadre d’une manière de consommer un peu plus sage, un peu plus responsable. Ne pas vivre au dépens d’autrui, ni de l’humain, ni du monde végétal ou animal : prendre soin de notre planète passe par cet impératif qui n’exclut aucunement les joies de la vie. La mode étant une industrie très polluante qui engendre une consommation phénoménale, il est devenu difficile d’éviter de tomber dans le piège de la fast fashion qui nous vends le rêve de toutes les nouvelles tendances à bas prix, mais qui se traduit finalement par un coût très élevé payé par notre planète. Pourtant, c’est notre mission d’exiger et donc d’engendrer un changement pour être des consommateurs qui aiment la mode et se font plaisir, sans en consommer au dépens d’autrui.

Notre intervenante constate en effet qu’une nouvelle conscience est en train de se développer, que ce soit au niveau des créateurs, des fabricants, des fournisseurs et même des consommateurs, le développement durable est entrain de prendre sa   place dans la mode et plus généralement dans l’esprit collectif. Un changement qui se fait de manière optimiste et passionnée, avec des concepts et des entreprises tel que l’Essentiel Lifestore.

Zhu Yiyun et Friederike Caruso

Photos: Chloé Nivet

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Interview with young designer Quoï Alexander @ ANTI-FASHION 2017

The second edition of ANTI_FASHION, initiated by Calvino Stephanie, consisted in a wide enthralling and rich playground for our Fashion master students. As many foreign designers were invited to present their work in some rustic boothes in the giant J1 airshed/ Marseille. One of those designers quickly caught our attention, manikins wearing garments with an impression of torn colored fabrics that couldn’t let you without questioning yourself. No labels on the creations, and the designer surely in the assembly listening to the participants, we managed to reach the young man the 2nd day of the conference. In a strong impetus of kindness and share, here’s what Quoï Alexander had to tell us : 

 

  • Could you name yourself and speak a little bit about you ?

My name is Quoï Alexander, Q.U.O.I « avec tréma pour le I » (he really did say that in french). I’m 26 years old and from California. My brand is based in Paris and it’s been there three years.

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  • What are the reasons that lead you to leave California to study in London ?

I actually studied sculpture and painting in California before and I also took a fashion class, I heard about Central Saint Martins from when I was fourteen and it was actually the only school I wanted to go to.

I loved at the time Alexander Mcqueen and John Galliano, and I was like « Ok they went to school there so I would go to school there » and it’s the only school I applied for and I got in luckily. I went to London when I was 18.

  • When did you decide your specialization would be in fashion ?

Actually my sister has a dance company in NY, my other sister is an actress and my mother is an artist and an art teacher, having all those arts around me made me understand fashion is like a combination of everything, it’s performance, it’s painting, it’s color. It’s cultural and anthropological, it has so many aspects to it. It’s like the one way you have to participate in art, you don’t have to fix your hair, you don’t have to draw paintings everyday, but you have to dress yourself you have to choose clothing, you have to wear something and that’s a statement, even if you don’t care, unless you are nude, which most people are not. So I found that social aspect really interesting. 

  • Well it seems that in your garment there are specific incorporated technics we didn’t really heard of yet, could you explain where it could come from or is it an innovated technic of your own ?

It came from experimenting, exploring a lot of time. I started to do weaving in a more traditional way, but with untraditional fabrics like rubbers and plastics and stuff like that. But I wanted to do something I can control a bit more, so I started to weave into a grade like a mesh, a mesh fabric. I found some of the mesh fabrics accidentally and I started to play with it and weave into it, and it just kind of evolved through the years to become sometime tridimensional, sometimes using leather. (He kindly shows us the top he’s wearing and explains a little bit more his technics)

There is no sewing, everything is done with just like this small knot around the end.

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I like to mix as many fabrics as I want to, I choose from everywhere, sometimes a lot of my fabrics I find in junkshops, I’ve also got into a lot of factories. I use their waste and all the leathers I use are extra from fashion houses and factories which don’t use them because they have mistakes or something but because I cut everything into small stripes, it doesn’t matter if there are some mistakes I can still use it. 

I like the idea of using waste, I like to give value to waste, because I don’t really believe in the hierarchy of things. 

Here for instance it’s a net, when I use something like that I can really engineer the fabric and choose like, Ok here I want this kind of leather, or this kind of structure, or if I want something else I can really be precise with each centimeter of the garment.

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  • You’ve already told us about Alexander Mcqueen and Galliano, but we would like to know more about your inspirations. Could say a word about it ?

My inspirations have evolved a lot, when I was a student and when I was young I was excited by other designers and as I progressed I became less and less interested. And now I don’t really get excited by many designers it’s more about my journey and myself. None me personally but the journey that I had so far artistically , where that’s leading. I like to try and push out inspiration, at least visual inspiration. I like to have concept and abstract inspiration which guide me but in terms of visuals stuffs I’m trying to push out as much as possible trying get something very pure and kind of instinctive in my work. 

  • Do you draw or you just imagine your garment during the preconception of your collections ? 

I love to draw and it was the way I used to work, I would draw and then design but now I kind of find that when I draw I can’t be surprised. What I always say to myself is that if I can imagine it before it’s created then it’s not good enough. If I can imagine it it means that my brain is working on it, and I know my brain is limited and I know my brain goes like use this, this and this. 

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But when I’m working and experimenting spontaneously it’s the only way that I can achieve something which is beyond me and better than me, and I’m still curating it, I find it more pure if I don’t draw first. Although I do love drawing, I end up doing the illustrations and drawing after the garment is created. 

  • Could you describe the motivation and the expectations of your customers in the purchasing of your collection ? What do they like about your collection ?

Well it’s turned that, bags are what people respond most to in terms of buying and wearing, I think they are easier to wear, a lot of the fabrics, a lot of the clothing become too complicated.

There are certain people who work in fashion that are really interested about my clothes and wear them, but in general I find that the bags are much easier for people to wear it. 

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  • What do you want to communicate to the fashion world ?

I want to say that we can work, we can be without labels and restrictions, without rules. I find we kind of have too many rules.

I want to make something which would connect to everyone and they can feel a deep connection to the clothes, but at the same time I don’t want people to like the clothes because of a reference or because of a preconceived idea. I hope to be expanding people’s mind and to be pushing their confort levels basically.

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 I have struggled with exactly what I want to communicate, for me the work comes first and the process.. well for me the concept is enough. So maybe people can be interested in the concept and that’s what I want to communicate.

When I’m looking to the features as a brand and what I want to say, it ends up being about breaking down, labels and pushing people to try new things I guess.

  • And maybe it is related to what you previously said, the waste is a value to you : 

Exactly, we don’t need all those kind of rules for our society or for our culture to give one thing so much value and to the other none

  • For instance, in your communication, do you use the word « sustainability » to describe your creations ?

Not really, I don’t really like the connotation that comes with it and I don’t like the idea that I’m putting that above design or above the concept. I feel responsible, not even responsible but I feel it’s necessary to be sustainable but I don’t want to use that as a marketing thing. I find it just as a core value rather than a tool. 

And I think that a lot of brands who try to be sustainable, they sacrifice something. 

  • We were looking for a name in your garment, a label but we couldn’t find it, could you explain us ? 

Yes, I don’t have labels. I don’t know. I think I should probably. Even the bags don’t have labels. I don’t know why, I should do it. (laugh) 

Like words, and vocabulary and stuff like that, I always struggle with it a lot even like sometimes people ask me to describe the brand in three words, I don’t like to give vocabulary and I want it to be beyond language, I want language to be unimportant. 

For example, on Instagram you have to have a brand name so it’s important but at the same time I struggled with language. 

  • But how do you communicate ? 

I use Instagram, but even pictures I don’t like very much. I prefer concept, and touching. The concept and the technology, or anti technology or whatever, I think it is the most interesting part and the image it’s great for communicating and I know it’s so powerful for us but I don’t like to have favorite photographers or anything like that, I don’t. I haven’t had an image which has been impacting in a really big way or in a really significant way so I don’t praise that much. No importance on that !

  • It’s not that without any communication the brand cannot evolve on a higher scale but how to manage it while diminishing the visual part ? 

In the end I become a very anti everything, no images, no words so I have to give in and to compromise at some points and in some ways. I don’t know what the scale will be. I want to continue to be able to work and to explore, and that’s the most important thing. I hope more people become interested in my work, but exactly the method for how to market that and how to promote, I haven’t figured out yet. 

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  • What do you think about that ANTI-FASHION phenomenon ?

I think it’s been really great, really interesting. Some opinions which I agree with and some not. And I think that’s cool to have a lot of types of stories. Yes I‘m really happy to be invited here, it’s been great. 

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  • Where do you sell your collections ?

I sell it online, and in a few shops in the US, France and Italy. 

My website is  quoialexander.com.

Pictures : Marion Jourdan

Marion Jourdan & Shérine Bakour 

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