Mode In Marseille

Le blog des étudiants du Master Métiers de la Mode et du Textile

Catégorie : Créateurs (Page 1 sur 2)

36537345_1968962226455897_8413820716452937728_n

RETOUR SUR: Open my med x KOCHE

36537345_1968962226455897_8413820716452937728_n

Depuis maintenant 8 ans, la Maison Mode Méditerranée organise chaque année le festival Open My Med, qui contribue à révéler les talents de demain. Cette année encore, cette édition  a réuni quelque 300 candidats issus de 19 pays du pourtour méditerranéen, dont les 13 lauréats bénéficient d’une formation de haut niveau dans le cadre du Fashion Booster Campus.

A Marseille, la mode est un art de vivre. Métissée, urbaine, populaire, elle fait partie de l’histoire de la ville à laquelle la Maison Mode Méditerranée a su, depuis plus de 30 ans, grandement contribuer. La MMM œuvre à la valorisation de ce domaine, par la mise en lumière de jeunes créateurs, qu’elle soutient, développe et forme de manière professionnelle.  La mode représente un poids économique considérable pour la ville de Marseille qui devient un lieu débordant de créativité, en plein cœur du bassin méditerranéen.

C’est ainsi tout naturellement que Christelle Kocher, avec sa marque Koché s’est révélée, comme une incarnation parfaite du dynamisme Marseillais. Open My Med, édition #3, a donc offert à Koché une Carte Blanche très symbolique, puisqu’elle fait de Christelle Kocher la première femme aux commandes du festival.

Sa vision hybride et multiculturelle de la mode donne à ses créations un style street couture qui résonne de façon singulière dans la cité Phocéenne. A cette occasion, Koché a imaginé un défilé croisière dans un cadre insolite, à bord du Danielle Casanova, de la compagnie maritime CorsicaLinea.

Découvrez ou redécouvrez en image, cet univers décalé et dynamique, au style coloré et festif, lumineux et sportswear, animé par un métissage culturel cher à Koché : c’est ça, « le sud bébé » !

IMG_3043 IMG_3050 IMG_3060 IMG_3061 IMG_3071 IMG_3079 IMG_3082 IMG_3085 IMG_3086 IMG_3089 IMG_3130 IMG_3122 IMG_3117 IMG_3107 IMG_3098 IMG_3178 IMG_3158 IMG_3154 IMG_3134 IMG_3190 IMG_3192 IMG_3199 IMG_3246 IMG_3243 IMG_3210 IMG_3295 IMG_3299

 

Image de couverture : © Baptiste Lequiniou

Photos : © Chloé Nivet

Chloé Nivet

34258784_1926074094078044_4605073482483499008_n

Samia Ziadi ouvre le festival Anti_Fashion avec son projet « République »

Samia Ziadi, que nous avions rencontré il y a quelques semaines lors de nos Rendez-Vous M, nous a présenté son projet « République » jeudi, au cœur de la cité de la Viste, dans le 15ème arrondissement de Marseille.

Samia est née à Colmar, mais elle est arrivée très tôt à Marseille. Après des études de peintre en lettre et en graphisme, elle fait ses premiers pas dans la décoration de plateaux télévisés et de cinéma où elle se découvre un intérêt pour la mise en scène et pour les jeux de lumière. Curieuse, elle croise les disciplines, mélange les arts, et se tourne vers la mode, en autodidacte. Très vite, elle est repérée par Jean-Charles de Castelbajac, grâce à ses vêtements qu’elle met en scène à travers la photographie, le graphisme et la vidéo, sous forme de collage, dans des univers décalés.

34190043_1926155190736601_8292573252815945728_n (1)

Pour elle, le vêtement n’est pas seulement un objet de mode. Il est didactique, porteur de message. Samia est une créatrice engagée, à l’image de son projet de grande envergure qu’elle nomme « République ». Samia veut toucher, questionner, amener à la réflexion, sans discours ni jugement, elle veut parler aux jeunes, qu’elle considère comme peu représentés au sein de la société.

34300155_1926156464069807_7387026900792639488_n

34112998_1926153967403390_5326229157548392448_n

Cette République, Samia la matérialise sous la forme d’une immense robe, longue de plus de 10 mètres, composée d’un corps doré, surmonté du mot REPUBLIQUE en sequin brodé, d’un foulard retravaillé en matière plastique (intitulé « je te vois ») orné des mots LIBERTE et FRATERNITE, et d’une grande manche, faite de t-shirts généreusement donnés et déjà portés, aux couleurs du drapeau français, de la taille d’un HLM, en haut duquel la mannequin était perchée.

34118447_1926158774069576_2844191763625672704_n

« République, je t’ai imaginée, dessinée, habillée, je t’ai fait venir jusqu’à moi, à Marseille »

Que signifie la République aujourd’hui ? C’est un terme qui revient souvent, mais a-t-il encore un sens pour la jeunesse ? A travers cette installation, c’est une question d’identité sociale, politique et religieuse qui se pose.

La présentation de ce projet était accompagnée d’une performance de la chanteuse Nawel Ben  Kraiem, qui nous a offert à travers ses textes un message de tolérance et de diversité.

34074337_1926074964077957_111920027325693952_n

Samia Ziadi, créatrice du Projet République

 

 

Chloé NIVET

Image de couverture : © Samia ZIADI

Crédits photos : © Chloé NIVET

csm_salon-des-createurs_08f86162e2

Safae HSEIN, étudiante en Master Mode, élue meilleure jeune créatrice lors du Salon Des Créateurs

La première édition du salon des créateurs à Marseille, à l’initiaitive du Conseil Départemental dans le but de promouvoir les jeunes créateurs dans la région, s’est achevésamedi dernier, aux Archives Départementales.

Le salon est présenté dans le cadre d’une semaine dédiée à la mode,proposée par le département, en partenariat avec La Maison Mode Méditerranée. A cette occasion, une dizainede créateurs ont pu exposer leurs créations. On a par exemple pu y rencontrer Bird Song, marque prêt-à-porter féminin ayant une univers poétique s’inspirant des vêtements anciens; la jeune marque Cozete qui propose une mode libre et féminine; Virgine Monroe, marque de bijoux raffinée et intemporelle, ou encore la marque Les Midinettes, sensuelle et ultra féminine. L’évènement a été clôturé par un défilé ouvert au public.

DSCF4320

Safae HSEIN, étudiante du Master 1 des Métiers de la Mode et du Textile, a remporté le prix du Meilleur Jeune Créateur 2018. Pour vous faire découvrir l’univers de cette jeune créatrice marocaine, nous invitons Safae à vous partager son histoire :

Peux-tu parler un peu de toi, ton parcours et d’où vient ta passion pour la mode?

Je m’appelle Safae Hsein, je suis une jeune créatrice marocaine de 26 ans. J’ai suivi une licence en création et mode dans une école supérieure à Casablanca au Maroc. La mode, je suis tombée dedans quand j’étais petite, je regardais les défilés des grands créateurs, leurs créations, ça m’a toujours fait rêver.

Je suis actuellement étudiante en Master des Métiers de la Mode et du Textile à Marseille, j’apprends le côté technique et pratique du secteur de l’habillement. Par la suite je souhaiterais développer mon savoir-faire à travers une expérience professionnelle chez une grande maison de mode pour pouvoir, un jour, créer ma propre marque.

New Phototastic Collage

Quelle est l’histoire de ta collection et ton inspiration?

Les cultures des pays sont tellement riches et différentes, c’est une réelle sourced’inspiration pour moi. Je puise dans les tenues traditionnelles comme l’habit de lumière du « matador » et m’en sert comme véritable matière première dans mes créations. Je les travaille et transforme, pour créer une tenue plus contemporaine quime ressemble.

DSCF4338 (2)

Dans cette collection je me suis inspirée de deux mondes différents qui sont latauromachie (L’habit de lumière) et le ballet. Deux univers qui s’opposent et se rencontrent pourcréer une silhouette à la fois élégante et légère. L’habit de lumière rencontre lagrâce et la souplesse du ballet. Ma collection se compose de 6 silhouettes : des robes, vestes, pantalons et body avec broderies et perlages. Une gamme decouleurs composée de noir, de bleu électrique et de grenat. J’ai décidé de travailleravec du cuir pour représenter le toréador et du tulle pour la « ballerina ».

DSCF4333

33813939_10155675578502239_7065760160186105856_n

Pour retrouver ses créations ou la contacter,

Facebook: @Safae Hsein  Instagram: @ safae.hsein

Félicitations et bonne continuation notre Safae !

 

ZHU Yiyun

rendez

Les rendez-vous M – Jeudi 3 mai 2018 Entre appropriation et appréciation culturelle, où se trouve la limite ?

31957110_1747318052025125_6756434025662906368_o

Début mai, les étudiants en première année du master des métiers de la mode et du textile ont organisé la deuxième édition des « rdv m », rendez-vous sous forme d’afterwork, ouverts à tous qui, au cours de discussions avec des professionnels de la mode invités par les étudiants, discutent de sujets d’actualité en rapport avec le domaine.

Lors du premier évènement, la conférence s’était portée sur l’influence de Marseille en tant que nouvelle ville mode et de l’importance du métissage culturel, caractéristique de la cité Phocéenne. C’est donc tout naturellement que ce deuxième rendez-vous s’est porté une nouvelle fois sur l’influence des mixités culturelles sur la mode, en invitant de nombreux acteurs du secteur de la mode ayant un attrait à la question de l’appropriation culturelle pour venir en discuter avec nous, autour d’une table ronde.

Ainsi, le but n’était pas de donner un avis, bon ou mauvais, mais bel et bien de soulever des interrogations sous forme de partage d’expérience, sans avoir la prétention de vouloir apporter de solution définitive.

Qu’est-ce que l’appropriation culturelle ?

L’appropriation culturelle est un phénomène mis en lumière dans les années 1980, avec le début des études postcoloniales. Il trouve ses racines dans l’histoire de l’oppression des minorités. C’est un sujet vaste qui aujourd’hui ne touche pas seulement la mode : L’appropriation culturelle est présente dans bien des domaines et se défini comme telle, quand une culture minoritaire se voit copiée par une culture dominante, en reprenant ses codes, sans se poser la question de l’identité originelle et symbolique de ceux-ci, les réduisant seulement à des objets de consommation « trendy ». Le problème est que, bien souvent, le sens de l’élément importé se perd, et se transforme en un objet purement esthétique et folklorique, qualifié d’exotique, renforçant les clichés et les stéréotypes qui peuvent déjà être présents.

Ainsi, la limite entre appréciation et appropriation culturelle est très légère et évidement tout aussi subjective. L’ambition de cette rencontre était, au travers des témoignages de chacun, de prendre conscience de ce phénomène, et de comprendre où pouvait se trouver cette limite. Comment faire de la mode un jeu de mixité et de métissage, tout en respectant l’intégrité et la dignité de chaque individu concerné ?

La mode comme hommage ?

Dans un premier lieu, il en a été convenu qu’une « bonne » appréciation culturelle selon Léo Peralta s’en tient, entre autre, à l’amour que l’on va mettre dans notre projet. Léo est un jeune créateur venu d’Amérique du Sud, et installé depuis quelques années à Marseille. Ses créations sont un mélange d’inspirations et de tissus d’origines diverses, et pour lui, mode et mixité peuvent être parfaitement juxtaposés si l’on créé avec notre cœur, si durant des voyages des rencontres, nous avons été touchés par des histoires, des paysages, des couleurs, que nous voulons à notre tour transmettre, partager, retranscrire sur un vêtement ou un accessoire. Pour lui, il n’est pas question d’appropriation ou d’exploitation, mais bel et bien de rendre hommage à des personnes croisées, des endroits visités.

31912140_1747318495358414_1684914184162115584_n    31946651_1747315978691999_8940256760594169856_n

Pour le trio créatif de Bellesunce, aussi présent pour l’occasion, il est là aussi question d’hommage. Bellesunce est une jeune marque purement marseillaise, fondée par trois copines, Mathilde, Juliette et Pauline, marseillaises et fières de l’être. Chez Bellesunce, la mode s’inspire de Marseille et s’en joue : les vêtements nous parlent du vrai Marseille, version authentique. La marque, avec la nouvelle collection masculine « Ligne soixante-dix », présentée durant la soirée, veut mettre en avant les hommes de Marseille et leur style éclectique, aux inspirations multiples, qui font la richesse de la ville et en parlent avec beaucoup d’amour : « On souhaitait rendre hommage aux garçons de la ville de Marseille et à leurs styles qui nous plaisent tant ». Bellesunce s’est aussi inspirée de ces hommes de la MPM, qui œuvrent chaque jour pour la ville en reprenant les codes de leurs uniformes, comme pour leur dire merci.

31517234_1747315765358687_5463155128716492800_o

Le vêtement, témoin d’authenticité et d’histoire ?

Cette quête d’authenticité est aussi le créneau d’Isabelle Crampes, fondatrice du site en ligne De Toujours. De Toujours s’attache à ne commercialiser que des produits authentiques et à en faire des vêtements de mode, tout en en rappelant constamment l’histoire, pour ne pas en perdre les racines, et ne pas dénaturer les vêtements ou accessoires. Pour Isabelle Crampes, les vêtements traditionnels peuvent très bien être portés par des tiers, étrangers à une culture particulière, à condition que l’on soit conscient de l’histoire du vêtement, de son origine, de ce pourquoi il était utilisé à la base. Chez De Toujours, tout est véritable, et pour Isabelle Crampes, « l’appropriation permet la survie ou la redécouverte d’une civilisation, d’une tradition, le maintien d’une histoire ».

31947214_1747316212025309_5888027308115099648_n

Marie-Antoinette, étudiante en Master des Métiers de la Mode et du Textile nous a présenté, au côté de Safae et Sofia, marocaines, et Yiyun chinoise, son habit traditionnel sénégalais. Pour elle, le maintien de l’habit traditionnel est très significatif. Il permet de porter son histoire, à même le corps, l’histoire de ses ancêtres. Il permet de se souvenir d’où l’on vient et de ce que les générations passées ont fait pour que l’on arrive là où on en est. Elle nous dit « L’appropriation culturelle, ce n’est pas seulement porter un vêtement dans le cadre de la mode, c’est porter un vêtement dans le cadre de l’histoire. Et moi mon histoire c’est le orange, c’est le vert, c’est le bleu, c’est le noir, mais c’est aussi le blanc ».

31957236_1747317865358477_1108010019435053056_n

L’appropriation culturelle met-elle des barrières entre les gens, ou au contraire, rapproche-t-elle les peuples ?

Yiyun, également étudiante en première année de Master, perçoit plutôt l’appropriation culturelle comme une barrière à l’échange interculturel. Yiyun nous a présenté au cours de la soirée, son habit traditionnel Chinois, le Qipao robe très typique de la culture et de la mode chinoise, qui était autrefois un signe d’émancipation chez les femmes. Cette robe fait partie des éléments les plus utilisés et détournés de la culture chinoise. Le Qipao incarne une beauté réservée, une élégance raffinée, mais bien souvent, ces élément sont vulgarisés par les réappropriations occidentales, ce qui fut le cas il y a quelques années sur un défilé Victoria Secret. Pour elle, « quand on méconnait une culture, on a tendance à en ignorer la diversité. On perpétue les stéréotypes en reprenant quelques éléments emblématiques et on les magnifie, dramatise. C’est vrai que les clichés font partie de la réalité, mais il n’y a pas que ça et c’est triste que la plupart des gens s’arrêtent à cela. En fait, au-delà de mettre certains habits ou coiffes, ce qui entraîne la vraie frustration, c’est le manque de volonté de s’intéresser en profondeur à une culture ».

31913941_1747317045358559_2372487509939585024_n31934757_1747317568691840_6938877514773168128_n

Pourtant, les barrières interculturelles, certains en font leur combat, comme Samia Ziadi, artiste et créatrice de mode autodidacte qui fait passer dans son travail un message engagé. Son thème? La république. Mais une république qui incarne une mode sans frontière. Elle travaille le vêtement comme un support étendard pour poser des questions sur des sujets forts et actuels tels que la jeunesse, la migration, la religion, l’identité sociale.

Et les grandes maisons dans tout ça ?

Au fil de la discussion, l’inévitable sujet de la haute couture est entré en compte. Le domaine du luxe n’y échappe pas, et les mises en scène de certains créateurs sont souvent pointées du doigt sur les podiums. Certains se sont par exemple sentis offensés par l’utilisation des dreadlocks en 2015 par Marc Jacobs, du wax par Burberry et Stella McCartney, ou encore du turban dastar chez Gucci, qui, maladroitement, perpétuent une certaine idée colonialiste du pillage des cultures minoritaires. Une remarque est soulevée dans l’assemblée : Très souvent si l’on croise une femme Arabe, coiffée d’un voile, ou une femme Africaine portant l’habit traditionnel, elle va être dévisagée, car elle ne rentre pas dans les codes occidentaux. En revanche, si une jeune femme blanche porte ces mêmes attributs, elle est « stylée ». C’est exactement la même chose qui est reprochée dans les défilés.

Petite mise en situation : est-il légitime d’acheter des babouches griffées à 500€? Oui, non, peut-être. A cette question, Léo Peralta s’exclame, non sans faire rire l’audience : « Si tu aimes vraiment les babouches, va les acheter au marché de Noailles ! »

Finalement, il ne faut pas oublier que nous faisons partie intégrante du système de mondialisation, et que ces emprunts participent aux métissages de nos sociétés. Ainsi, comme l’a noté Claude Lévi-Strauss, l’identité est un bricolage constant fait d’influences diverses dont nous sommes constamment traversés. L’ère ultra connectée dans laquelle nous évoluons nous ouvre en grand la porte de l’échange. Pour qu’il y ait un véritable échange, il faut qu’il y ait une véritable volonté d’apprendre de l’autre, nécessitant une éducation et une prise de conscience collective.

Nous souhaitons remercier tous les intervenants qui ont fait de cette soirée un terrain d’échange et de partage :

  • Leo Peralta, styliste de mode

http://leoperaltacouture.tumblr.com/

  • Isabelle Crampes, fondatrice de De Toujours

http://www.detoujours.com/

  • Samia Ziadi, Styliste de mode

https://www.instagram.com/samia_ziadi/?hl=fr

  • Pauline, Mathilde et Juliette de la marque Bellesunce

www.bellesunce.com

  • Erwan Colin, fondateur de la marque de montre Shammane

www.shammane.com

  • Damien Saison, créateur de bijoux et accessoires
  • Marie-Antoinette, Safae, Sofia et Yiyun pour leurs témoignages

Merci aussi au VV pour son accueil et ses délicieuses préparations,

Enfin, merci à Passionata, De Toujours, Maison Lejaby, PasSage, et Yiyun pour les cadeaux qu’ils nous ont offert pour l’évènement !

Chloé Nivet

Crédit photo : Chloé Nivet

OpenMyMed-Prize-2018_slider2

OpenMyMed Prize – l’édition 2018 en partenariat avec Koché

La Maison Mode Méditerranée organise cette année la huitième édition du Prix OpenMyMed qui permet à des créateurs vivant dans un des pays du pourtour méditerranéen de se faire sélectionner par un jury, sélection qui permet de gagner un accompagnement ciblé sur le marketing, le business et la communication. Les lauréats pourront profiter d’un workshop de cinq jours, le Fashion Booster Campus, pendant lequel ils seront coachés par des professionnels de la mode jouissant d’une réputation internationale importante, dans l’objectif de développer leur marque à l’international.

koché2

Grâce à l’appui de nombreux partenaires publics et privés ainsi qu’au succès des éditions précédentes, le festival – concours a acquis une considérable notoriété nationale et internationale. En parallèle, la MMM organise également la troisième édition du Festival OpenMyMed qui accueille cette année comme invitée d’honneur Christelle Kocher, créatrice et directrice de la marque Koché qui sera aux commandes de l’édition en cours. Christelle Kocher, que nous avons eu l’occasion de rencontrer en 2017 avec Lucien Pagès lors des rencontres de la mode organisées par la MMM et par notre Master des Métiers de la Mode, bénéficie d’une carte blanche qui lui permettra d’exprimer librement sa créativité et sa vision de la mode méditerranéenne.

koché

Un partenariat qui promet: Koché est une marque qui s’inspire de la « street-culture » ainsi que de l’art contemporain pour créer des collections acclamées et récompensées par la nomination à différents prix importants. L’inspiration et l’ouverture d’esprit de la créatrice sont ce qui rendent ce partenariat d’autant plus intéressant. Il ne reste qu’à attendre la première exposition qui se déroulera le 19 juin 2018 dans un lieu surprise.

Pour plus d’informations sur le festival nous vous invitons à consulter le site de la MMM: http://m-mmm.fr/Actualites/Festival-OpenMyMed-x-Koche

Fredi Caruso

rdmblog2

L’essentiel Lifestore – plus qu’une boutique

Claire Grolleau, dirigeante et co-fondatrice de la marque Essentiel créée pour L’essentiel Lifestore ouvert en août dernier, a accepté lors de la première édition des Rendez-Vous M dans ce même lieu, de partager avec nous la philosophie de son concept moderne et innovant. Le but de cette conférence/afterwork organisée par les étudiants du Master 1 Métiers de la Mode, était d’échanger avec des professionnels sur l’effervescence des nouvelles villes mode et plus particulièrement de Marseille. Voici le récit d’un input précieux.

rdmblog1

Ayant effectué un parcours scientifique, notamment une formation en toxicologie de l’environnement, Claire Grolleau semble provenir d’un univers très éloigné de celui de la mode. Mais il s’agit d’une femme qui aime la créativité et la mode de façon instinctive et naturelle, car elle « aime la vie« . Les études scientifiques lui ayant conféré une considérable ouverture d’esprit, elle sait que bien des choses sont possibles lorsqu’on a une vision. Dans l’univers du développement durable depuis 30 ans, sa mission a été d’accompagner particuliers et entreprises dans la transition écologique. Madame Grolleau est à l’origine de la création de l’Ecolo-Crêche, pour citer un des nombreux exemples de son engagement. Pour elle, l’état de notre planète étant un reflet de l’état de notre société, le respect de l’homme et de la nature vont de pair

Consommatrice éco-responsable et végétarienne depuis 25 ans, elle s’est inspirée de sa vie quotidienne pour la conception de l’essentiel Lifestore. Il s’agit d’un lieu sympathique et naturellement chic où est proposé une consommation durable avec une offre de nombreux produits et services complémentaires : le client peut manger végétarien et bio, s’offrir de la mode durable, découvrir des cosmétiques biologiques et même consulter des naturopathes. L’approche met le bien-être et la santé au centre de l’expérience proposée par l’Essentiel Lifestore.

rdvmblog

La collection de vêtements « l’Essentiel » est constituée de pièces basiques. On y trouve des T-shirts avec des slogans parlants et des petites robes noires, classiques, indémodables et portables en toute occasion, toutes les saisons. Toutes les étapes, de la conception à  la mise en boutique, sont parfaitement respectueuses de l’environnement et de l’humain en vue d’aboutir à un produit hautement qualitatif assorti d’un prix « juste ».

Pourquoi Marseille? Pour notre interlocutrice c’est une ville intéressante et dynamique ou « encore beaucoup de choses sont possibles». La boutique profite de l’environnement naturel exceptionnel de la ville pour faire reconnecter les gens à la nature : juste devant la boutique le client aperçoit la mer. Plus loin entre les calanques et les ravissantes campagnes provençales, la nature de Marseille est en effet exceptionnelle. C’est cette nature dont est inspirée la décoration: le concept store est orné de poutres rappelant des troncs d’arbres, agrémenté d’une salle d’attente avec un sol en sable pour y mettre les pieds nus, le tout dans un style simple, épurée mais chaleureux avec un accent particulier sur les matières premières naturelles.

rdvm

Grolleau tient à préciser lors de la conférence qu’une vie saine et respectueuse de notre planète n’est aucunement contradictoire avec les plaisirs de la vie. Loin du discours moralisateur pesant de certains écologistes, elle accepte et aime les plaisirs, même futiles parfois, si importants. La mode doit rester plaisante, légère, mais elle peut l’être aussi dans le cadre d’une manière de consommer un peu plus sage, un peu plus responsable. Ne pas vivre au dépens d’autrui, ni de l’humain, ni du monde végétal ou animal : prendre soin de notre planète passe par cet impératif qui n’exclut aucunement les joies de la vie. La mode étant une industrie très polluante qui engendre une consommation phénoménale, il est devenu difficile d’éviter de tomber dans le piège de la fast fashion qui nous vends le rêve de toutes les nouvelles tendances à bas prix, mais qui se traduit finalement par un coût très élevé payé par notre planète. Pourtant, c’est notre mission d’exiger et donc d’engendrer un changement pour être des consommateurs qui aiment la mode et se font plaisir, sans en consommer au dépens d’autrui.

Notre intervenante constate en effet qu’une nouvelle conscience est en train de se développer, que ce soit au niveau des créateurs, des fabricants, des fournisseurs et même des consommateurs, le développement durable est entrain de prendre sa   place dans la mode et plus généralement dans l’esprit collectif. Un changement qui se fait de manière optimiste et passionnée, avec des concepts et des entreprises tel que l’Essentiel Lifestore.

Zhu Yiyun et Friederike Caruso

Photos: Chloé Nivet

DSC_9060

Interview with young designer Quoï Alexander @ ANTI-FASHION 2017

The second edition of ANTI_FASHION, initiated by Calvino Stephanie, consisted in a wide enthralling and rich playground for our Fashion master students. As many foreign designers were invited to present their work in some rustic boothes in the giant J1 airshed/ Marseille. One of those designers quickly caught our attention, manikins wearing garments with an impression of torn colored fabrics that couldn’t let you without questioning yourself. No labels on the creations, and the designer surely in the assembly listening to the participants, we managed to reach the young man the 2nd day of the conference. In a strong impetus of kindness and share, here’s what Quoï Alexander had to tell us : 

 

  • Could you name yourself and speak a little bit about you ?

My name is Quoï Alexander, Q.U.O.I « avec tréma pour le I » (he really did say that in french). I’m 26 years old and from California. My brand is based in Paris and it’s been there three years.

DSC_9113

  • What are the reasons that lead you to leave California to study in London ?

I actually studied sculpture and painting in California before and I also took a fashion class, I heard about Central Saint Martins from when I was fourteen and it was actually the only school I wanted to go to.

I loved at the time Alexander Mcqueen and John Galliano, and I was like « Ok they went to school there so I would go to school there » and it’s the only school I applied for and I got in luckily. I went to London when I was 18.

  • When did you decide your specialization would be in fashion ?

Actually my sister has a dance company in NY, my other sister is an actress and my mother is an artist and an art teacher, having all those arts around me made me understand fashion is like a combination of everything, it’s performance, it’s painting, it’s color. It’s cultural and anthropological, it has so many aspects to it. It’s like the one way you have to participate in art, you don’t have to fix your hair, you don’t have to draw paintings everyday, but you have to dress yourself you have to choose clothing, you have to wear something and that’s a statement, even if you don’t care, unless you are nude, which most people are not. So I found that social aspect really interesting. 

  • Well it seems that in your garment there are specific incorporated technics we didn’t really heard of yet, could you explain where it could come from or is it an innovated technic of your own ?

It came from experimenting, exploring a lot of time. I started to do weaving in a more traditional way, but with untraditional fabrics like rubbers and plastics and stuff like that. But I wanted to do something I can control a bit more, so I started to weave into a grade like a mesh, a mesh fabric. I found some of the mesh fabrics accidentally and I started to play with it and weave into it, and it just kind of evolved through the years to become sometime tridimensional, sometimes using leather. (He kindly shows us the top he’s wearing and explains a little bit more his technics)

There is no sewing, everything is done with just like this small knot around the end.

DSC_8987

DSC_8986

DSC_9042

I like to mix as many fabrics as I want to, I choose from everywhere, sometimes a lot of my fabrics I find in junkshops, I’ve also got into a lot of factories. I use their waste and all the leathers I use are extra from fashion houses and factories which don’t use them because they have mistakes or something but because I cut everything into small stripes, it doesn’t matter if there are some mistakes I can still use it. 

I like the idea of using waste, I like to give value to waste, because I don’t really believe in the hierarchy of things. 

Here for instance it’s a net, when I use something like that I can really engineer the fabric and choose like, Ok here I want this kind of leather, or this kind of structure, or if I want something else I can really be precise with each centimeter of the garment.

DSC_9110

  • You’ve already told us about Alexander Mcqueen and Galliano, but we would like to know more about your inspirations. Could say a word about it ?

My inspirations have evolved a lot, when I was a student and when I was young I was excited by other designers and as I progressed I became less and less interested. And now I don’t really get excited by many designers it’s more about my journey and myself. None me personally but the journey that I had so far artistically , where that’s leading. I like to try and push out inspiration, at least visual inspiration. I like to have concept and abstract inspiration which guide me but in terms of visuals stuffs I’m trying to push out as much as possible trying get something very pure and kind of instinctive in my work. 

  • Do you draw or you just imagine your garment during the preconception of your collections ? 

I love to draw and it was the way I used to work, I would draw and then design but now I kind of find that when I draw I can’t be surprised. What I always say to myself is that if I can imagine it before it’s created then it’s not good enough. If I can imagine it it means that my brain is working on it, and I know my brain is limited and I know my brain goes like use this, this and this. 

DSC_9034DSC_9030DSC_9029

But when I’m working and experimenting spontaneously it’s the only way that I can achieve something which is beyond me and better than me, and I’m still curating it, I find it more pure if I don’t draw first. Although I do love drawing, I end up doing the illustrations and drawing after the garment is created. 

  • Could you describe the motivation and the expectations of your customers in the purchasing of your collection ? What do they like about your collection ?

Well it’s turned that, bags are what people respond most to in terms of buying and wearing, I think they are easier to wear, a lot of the fabrics, a lot of the clothing become too complicated.

There are certain people who work in fashion that are really interested about my clothes and wear them, but in general I find that the bags are much easier for people to wear it. 

DSC_9023

  • What do you want to communicate to the fashion world ?

I want to say that we can work, we can be without labels and restrictions, without rules. I find we kind of have too many rules.

I want to make something which would connect to everyone and they can feel a deep connection to the clothes, but at the same time I don’t want people to like the clothes because of a reference or because of a preconceived idea. I hope to be expanding people’s mind and to be pushing their confort levels basically.

DSC_9027

 I have struggled with exactly what I want to communicate, for me the work comes first and the process.. well for me the concept is enough. So maybe people can be interested in the concept and that’s what I want to communicate.

When I’m looking to the features as a brand and what I want to say, it ends up being about breaking down, labels and pushing people to try new things I guess.

  • And maybe it is related to what you previously said, the waste is a value to you : 

Exactly, we don’t need all those kind of rules for our society or for our culture to give one thing so much value and to the other none

  • For instance, in your communication, do you use the word « sustainability » to describe your creations ?

Not really, I don’t really like the connotation that comes with it and I don’t like the idea that I’m putting that above design or above the concept. I feel responsible, not even responsible but I feel it’s necessary to be sustainable but I don’t want to use that as a marketing thing. I find it just as a core value rather than a tool. 

And I think that a lot of brands who try to be sustainable, they sacrifice something. 

  • We were looking for a name in your garment, a label but we couldn’t find it, could you explain us ? 

Yes, I don’t have labels. I don’t know. I think I should probably. Even the bags don’t have labels. I don’t know why, I should do it. (laugh) 

Like words, and vocabulary and stuff like that, I always struggle with it a lot even like sometimes people ask me to describe the brand in three words, I don’t like to give vocabulary and I want it to be beyond language, I want language to be unimportant. 

For example, on Instagram you have to have a brand name so it’s important but at the same time I struggled with language. 

  • But how do you communicate ? 

I use Instagram, but even pictures I don’t like very much. I prefer concept, and touching. The concept and the technology, or anti technology or whatever, I think it is the most interesting part and the image it’s great for communicating and I know it’s so powerful for us but I don’t like to have favorite photographers or anything like that, I don’t. I haven’t had an image which has been impacting in a really big way or in a really significant way so I don’t praise that much. No importance on that !

  • It’s not that without any communication the brand cannot evolve on a higher scale but how to manage it while diminishing the visual part ? 

In the end I become a very anti everything, no images, no words so I have to give in and to compromise at some points and in some ways. I don’t know what the scale will be. I want to continue to be able to work and to explore, and that’s the most important thing. I hope more people become interested in my work, but exactly the method for how to market that and how to promote, I haven’t figured out yet. 

DSC_9044

  • What do you think about that ANTI-FASHION phenomenon ?

I think it’s been really great, really interesting. Some opinions which I agree with and some not. And I think that’s cool to have a lot of types of stories. Yes I‘m really happy to be invited here, it’s been great. 

DSC_9107

  • Where do you sell your collections ?

I sell it online, and in a few shops in the US, France and Italy. 

My website is  quoialexander.com.

Pictures : Marion Jourdan

Marion Jourdan & Shérine Bakour 

La liste dévoilée des finalistes du LVMH Prize 2017

Mardi 28 mars 2017, nous découvrions la liste des huit finalistes du LVMH Prize 2017. Depuis sa création en 2013, ce prix a su rassembler près 3 000 candidatures, regroupant ainsi 102 nationalités.

Cette année, le jury est composé de neuf directeurs artistiques de maisons LVMH ainsi que d’experts du groupe :

J.W Anderson (directeur artistique de Loewe), Maria Grazia Chiuri (Directrice artistique de Dior), Nicolas Ghesquière (directeur artistique de Louis Vuitton), Marc Jacobs (directeur artistique de Marc Jacobs), Karl Lagerfeld (directeur artistique de Fendi), Humberto Leon & Carol Lim (directeurs artistiques de Kenzo), Phoebe Philo (directrice artistique de chez Céline), Riccardo Tisci (directeur artistique de Givenchy), Delphine Arnault (vice présidente LVMH), Jean-Paul Claverie (Conseiller de Bernard Arnault) et Pierre-Yves Roussel (Président directeur général LVMH Fashion Group)

1

Ce jury se réunit afin d’élire le lauréat du prix « jeunes créateurs » qui remportera la somme de 300 000 euros ainsi qu’un suivi personnalisé sur une durée de douze mois à compter de la remise du prix. Le lauréat aura ainsi le privilège de bénéficier de plusieurs domaines d’expertise tels que la propriété intellectuelle, le sourcing, la production, la distribution, l’image et la communication, le marketing etc.

Focus sur ces huit créateurs prometteurs :

  • Antonin Tron

            Diplômé de l’Académie royale des Beaux Arts d’Anvers en 2008, ce designer a réalisé son apprentissage auprès du talentueux Raf Simons. Dès son retour à Paris, il travaille auprès de Louis Vuitton pour les collections homme, Givenchy pour les collections femme et la maison Balenciaga.

En 2016, il remporte le prix des Premières Collections de l’ANDAM (Association Nationale pour le Développement des Arts et de la Mode) et lance dans la même année son label ATLEIN. Durant ces années de travail, il a su tisser de très bonnes relations avec un fabricant de jersey dans l’est de la France avec qui il travaille aujourd’hui pour son propre label. Pour sa première collection, le créateur utilise une seule matière, le jersey dont il veut révéler toute la polyvalence.

Le label du créateur est commercialisé principalement en Europe, Asie, Etats-Unis ou bien sur les plateformes online comme Net-à-porter, Bergdorf Goodman ou Neiman Marcus.

2

  • Marine Serre

            Originaire d’un petit village de Corrèze dans le centre de la France, son bac artistique en poche, la créatrice décide de partir à Marseille pour suivre un BTS en stylisme et création de mode. Trois ans après, elle intègre la Cambre Mode(s), de l’Académie belge du stylisme et de la création de mode dont elle est diplômée depuis 2016.

Elle a su faire ses armes auprès de grandes maisons telles que Martin Margiela, Christian Dior ou encore Balenciaga pour Demna Gvasalia actuellement.

Le succès de sa collection « Radical Call for Love » est inspirée de vêtements de luxe arabisants du XIX ème siècle (caftan, karakou, sarouel etc.) et des tendances sportives des 1990 et 2000, le tout orienté vers une mode futuriste. « Le sarouel, c’est un peu comme le jogging, c’est très contemporain » note la créatrice.

La multimarque « The Broken Arm » à Paris, a exposé et commercialisé cette collection à l’automne dernier pendant la Fashion Week.

Enfin,  il faut noter que la créatrice disputera le concours du festival de Hyères dans la catégorie Mode, fin avril.

3

  • Maria Kazakova (Jankhoy)

            Brillant parcours pour cette créatrice russe de 29 ans : tout d’abord diplômée de la Bristish Higher school of Art & Design à Moscou, elle partira à Londres où elle intègrera un programme d’un an à la prestigieuse école Central Saint Martin. Par la suite, elle étudiera pendant 2 ans à l’école Parsons « Fashion Design and Society program ».

Maria Kazakova est très attachée au savoir-faire (broderies complexes et délicates, techniques de perlage, de tissage et de crochet) ainsi qu’aux matières.

Son travail est basé sur la recherche, et est issu d’une réflexion de l’état actuel de la Mode au sein de la société. Elle veut ainsi réinstaurer les valeurs du savoir-faire tout en célébrant l’importance d’une diversité culturelle, ethnique et esthétique.

Sa marque JAHNKOY est un melting-pot de sa personnalité, son héritage culturel et du quotidien. Sa première collection « The Displaced »  fait référence à la disparition de la culture du vêtement avec l’arrivé de la fast fashion et de ses conséquences. La deuxième a été la réalisation d’une collection capsule avec Puma de vêtements et baskets, avec des techniques bien particulières et customisée avec des cristaux Swarovski.

4

  • Molly Goddard

            Cette londonienne de 28 ans est également diplômée de l’école Central St Martins, avec une spécialisation dans le tricot.

Ses collections sont souvent inspirées des tenues de soirée, des habits du dimanche et font référence aux grandes occasions et au passage à l’âge adulte. Quant à la réalisation de ses créations, elle utilise des techniques traditionnelles de confection manuelle comme le plissage à la main, ruché, crochet etc.

Ses collections ont été présentées dans des boutiques de renom, comme Dover Street Market (Londres, New York, Singapore), Trading Museum Comme des Garçons (Tokyo, Paris), Club 21 (Singapore, Malaysia), Boon the shop (Séoul) etc.

En 2016, elle a remporté le prix du talent émergent aux Fashion Awards.

5

  • Nabil El-Nayal

            Ce créateur d’origine syrienne, arrive à l’âge de 14 ans dans la capitale anglaise. Son succès débute en 2008, lorsqu’il travaille en tant que « chercheur auprès du directeur de la création » chez Burberry Prorsum. L’année suivante, il collabore avec la marque « River Island » dont la collection s’est vendue en seulement 3 jours. Pour sa collection de fin d’études, le créateur a été sélectionné par Harrods dans le cadre d’une plateforme de ses lancements 2010. En 2011, la marque Nabil Ayal est née, et a fait ses débuts lors de la Fashion Week de Londres.

En 2015, il a notamment été sélectionné par le LVMH Prize et il a été invité à défiler pendant la semaine Mode de Paris où son talent a été très apprécié auprès de grandes personnalités comme Nicolas Ghesquière, Karl Lagerfeld, Dephine Arnault (vice-présidente adjointe de Louis Vuitton) ou Sarah Mower (chroniqueuse régulière pour l’édition américaine Vogue)

6

  • Kozaburo Akasaka

            Kozaburo Akasaka est un jeune styliste de 33 ans qui a étudié à Londres à la célèbre école de stylisme Saint Martins College of Art. Son diplôme de premier cycle en poche, Kozaburo décide de partir à New-York où il travaillera avec le petit protégé d’Anna Wintour : Thom Browne. Une fois cette expérience de terrain acquise, il décide de se concentrer sur le développement de sa propre esthétique vestimentaire. Il reprend donc un master de stylisme à l’école Parsons de New-York où il ne manquera pas de se faire remarquer car son travail de fin d’études remportera le défilé VFiles Printemps-été 2016. Sa vie new-yorkaise lui a permis faire évoluer son style intemporel et contemporain mais ayant grandi au Japon c’est une empreinte japonaise qui ressort le plus de ses créations, plus précisément le Japon des années 90, années où le créateur vivait encore là bas.

7

  • Yoon Ahn

            Cette créatrice américano-coréenne née aux Etats Unis où elle a étudié le graphisme, est actuellement basée à Tokyo. C’est ici qu’elle a développé son label de création expérimentale de bijoux et de vêtements « Ambush » lancé en collaboration avec Verbal (son compagnon) en 2008. Le très influent Pharrel Williams est allé jusqu’à choisir la jeune créatrice pour travailler avec lui sur la campagne adidas Superstar. En bref, nous allons continuer à entendre parler de cette jeune fille pleine de talent car elle a figuré en 2015 et 2016 parmi les 500 principaux influenceurs de la mode mondiale ! Ces créations sont à retrouver en France dans le célèbre concept store parisien Colette.

8

  • Cecilie Rosted Bahnsen

Cecilie est une designer de mode danoise qui a récemment obtenu un Master au Royal College of Art de Londres. Cette dernière a travaillé avec les plus grands, notamment pour le sulfureux John Galliano en tant qu’assistante directe du couturier. Elle décide en 2015 de lancer sa marque éponyme inspirée des silhouettes très féminines des Expositions Mondiales des années 20 et de celles des années 90 (période de son adolescence). Cecilie travaille énormément la technique de fabrication de ses pièces et joue des transparences et des opacités de ces dernières. À l’arrivée ses collections sont empreintes d’élégance tout en s’ancrant dans la modernité.

9

Pour savoir qui succèdera à la talentueuse Wales Bonner, gagnante du LVMH Prize 2016, rendez-vous le 16 juin 2017 pour l’annonce du gagnant et la remise du prix à  Paris.

Théa Courtial et Mathilde Corbière

 

Rencontre avec Pascale Gatzen

En pleine Fashion Week et après avoir décrypté les défilés les plus avant-gardistes et remarqués de la London fashion week, nous avons fait appel à un oeil expert, celui de  Pascale Gatzen, amie très proche des personnes les plus influentes et notoires du monde de la mode.

Il y a des personnes dans ce milieu qui se démarquent par leur simple générosité, simplicité et bonté, et qui peuvent totalement bouleverser votre approche théorique et pratique dans ce domaine. Pascale Gazten en fait partie. Après avoir eu l’immense privilège d’apprendre le stylisme à ses côtés, Pascale Gatzen nous donne son avis et ressenti sur ce que représente la mode aujourd’hui et nous fait part de ses expériences et relate son parcours remarquable.

16938684_1439142142772187_5963066220896923008_n

  • Quand avez-vous commencé à vous intéresser à la mode ?

 J’ai commencé à confectionner mes propres vêtements à l’âge de 12 ans. Je ne suis pas certaine que la mode m’intéressait déjà à cette époque. Néanmoins j’utilisais les tissus comme une manière de se positionner socialement. J’ai pris conscience que les vêtements jouent un rôle puissant comme moyen d’expression pour gagner en visibilité et notoriété.

  • Quel parcours avez-vous suivi ?

 J’ai étudié la mode à l’école de mode et design la plus connue aux Pays Bas: ArtEZ. Après l’obtention de mon diplôme, cinq de mes amis et moi même avons crée Le Cri Néerlandais, et en mars 1994 nous avons été les premiers créateurs de mode à voir défiler nos créations pour la Fashion Week de Paris.  Parmi mes cinq amis se trouvait Lucas Ossendrijver, Saskia van Drimmelen, Marcel Verheyen et Viktor & Rolf.

Pendant deux années nous avons continué à faire des défilés avant de se séparer et de poursuivre chacun sa propre destinée. J’ai réalisé plusieurs projets qui avaient pour but de remettre en question, de manière ludique, la structure sous- jacente du système de la Mode. Mes études ont été publiées à l’international pour divers magazines d’art et de mode, et souvent je suis conviée à exposer mon travail lors de manifestation artistique. En 2001, j’ai poursuivi un MFA en art appliqué. Depuis, j’ai principalement crée des projets collaboratifs de plus grandes importances, dans lesquels j’ai mis en avant la manière dont les personnes collaborent. Je voulais vraiment réaliser des expériences et mettre en place des environnements permettant des partages et des échanges enrichissants pour chacun. Mon diplôme en Fashion Design a crée en moi une attitude davantage compétitive, c’est une partie de ma personnalité qui a mis du temps a émerger et s’affirmer. Depuis 1998 j’ai enseigné pour des  BFA, BBA, MA et MFA programmes et facilité  l’apprentissage à travers la mode, le design et l’art.

  • Comment êtes-vous arrivée à travailler pour la fameuse Parsons School de NYC ?

 En 2007 j’ai été conviée à postuler pour un poste avec la responsabilité de gérer   les cours sur les tissus/corps à la Parsons School. J’ai décroché ce poste et j’ai renommé la matière en tant que Fashion Area of Study, j’ai crée et implanté une manière alternative d’enseigner la mode. Cela comme un modèle nouveau qui permet aux étudiants de suivre leur cœur afin de découvrir et de prendre connaissance de leur talent à la fois en tant que créateur, artiste et tout simplement en tant qu’être humain.

J’ai conçu une approche holistique de l’enseignement dans laquelle les valeurs et potentiels de chaque personne sont au centre de toutes les activités que nous développons. On apprend à travers les expériences: ce que l’on fait, crée, performe, et cela lorsqu’on le fait avec confiance, amour et jovialité.

  • Que pensez-vous des écoles de Mode ?

 Je pense que les écoles de mode ont beaucoup de potentiel à partir du moment où l’on embrasse l’idée que la mode est l’une des conditions humaines de la cohésion. Je perçois la mode comme faisant partie intégrante de notre réalité et activités; c’est notre espace commun où l’on peut s’exprimer, partager, se positionner en tant qu’individu. La mode est un domaine public où l’on peut se montrer à chacun, nous inspirer et s’aligner avec les autres. La mode ne se limite pas aux vêtements, elle s’exprime aussi bien à travers nos discours, nos mouvements, que dans les objets que nous créons mais également dans la façon dont nous mettons en forme et entretenons notre identité et nos relations: l’environnement du monde de la mode est si vivant, dynamique et excitant. Si les écoles de mode peuvent embrasser cette joie et cette réalité c’est dans ce cas un endroit incroyable.

  • Quel est votre ressenti à propos de ce qu’est la mode aujourd’hui et de l’engouement pour la Fast Fashion ?

       Cela m’attriste de voir que le plus souvent, lorsque l’on pense à la mode, on la réduit à son aspect purement financier. La Fast Fashion connait un énorme succès car il repose sur le besoin et le désir des individus à vouloir être et appartenir. Et car il est accessible à tout le monde de manière si aisée mais pourtant si illusoire les individus ne se voient plus comme leur propre créateur et acteur de mode. L’appartenance est devenue synonyme de possession de propriété et n’est plus connotée à la créativité et à l’échange.

  • Pourquoi avez-vous décidé de vous détacher de ce système et de ne porter que vos propres créations ou bien celles de vos proches ?

Je pense que ça a été une réelle décision réfléchie. Je porte exclusivement ce que je ressens comme spécial à mes yeux. La plupart des vêtements que je porte contiennent une inscription de mes amis. Ceux que je crée me relient à de très forts souvenirs qui me connectent à des endroits ou bien des personnes. J’ai tendance à fabriquer mes vêtements n’importe où où je vais, c’est ce qui me rend heureuse.

  • Pouvez-vous nous en dire plus sur la marque que vous avez créée ?

  Après plusieurs projets collaboratifs, j’ai décidé de rechercher des formes de modèles qui supportent un mode de vie coopératif et économiquement durable. A travers mes champs de recherche, je suis devenue très intéressée et excitée  à propos des coopérations de travailleurs. J’ai pris conscience que c’est un puissant outil pour les transformations sociales, économiques et culturelles. J’ai ainsi décidé que je voulais développer une activité économique permettant de maintenir un groupe d‘individus organisés sous forme de coopérative. Friends of Light est un collectif de tissage, de conception et de production basé à New York qui produit des tissus tissés à la main à partir de fibres cultivées localement, transformées et filées.

Les quatre créateurs de Friends of Light sont Mae Colburn, Nadia Yaron, Jessi Highet et moi-même. Notre première collection « with light » reposait sur cinq vestes tissées en collaboration avec Buckwheat Bridge Angoras, une usine de fibres solaires et d’énergie solaire à Elizaville, New York. Chaque veste est fabriquée sur commande et est développée pour un client spécifique. Les vestes prennent environ 160 heures à faire. Nous créons actuellement notre deuxième série de vestes. Grâce à notre travail, nous visons à promouvoir et à donner une visibilité à la production locale et à connecter les concepteurs de NYC aux producteurs locaux de fibres.

  • Quel est votre souvenir et moment préféré de l‘histoire de la mode ?

 Il y en a plusieurs, il y a une certaine nostalgie des années 90 lorsque mes amis et moi même avons fait nos débuts dans l’univers de la mode. A cette époque je collaborais avec Alexander van Slobbe, un créateur danois célèbre, du label Orson & Bodil. Il y avait une vraie dynamique entre nous et nous étions très radicaux sur nos créations. Nous avons repensé chaque aspect du vêtement, chaque finition, chaque fermeture et tellement d’autres facettes. Nous donnions une importance particulière aux détails du vêtement, qu’ils soient visibles de l’extérieur ou bien cachés à l’intérieur. C’était minimaliste mais toutefois dans un avant-gardisme très réfléchi.

Un très beau moment dans l’histoire de la mode a été pour moi le travail que Martin Margiela a fait pour Hermès, c’était absolument remarquable. C’était aussi très minimaliste, très généreux et très précis… il y avait de très belles pièces avec une attention de génie pour le détail et la finition.

  • Quel créateur/marque a fait une Fashion Week remarquable ?

Je dois avouer que je ne regarde plus avec attention les défilés de mode. Il m’arrive parfois de m’intéresser de plus près à certains créateurs qui m’ont été recommandés par mes étudiants et/ou bien mes amis. J’adore ressentir des émotions à travers les vêtements et je dois admettre que ce ressenti se fait maintenant très rare. Néanmoins mes créateurs et artistes préférés sont à vrai dire de très bons amis à moi comme Susan Cianciolo, Myrza de Muynck, Saskia van Drimmelen, Sarah Aphrodite et Desiree Hammen.

17021992_1439144639438604_2839614485117905462_n

  Anissa Berkani Master Métiers de la Mode et du Textile  

Découverte des coulisses de la célèbre marque marseillaise « Sessùn »

Les Master 1 ont eu la chance d’être accueillis ce vendredi 3 février 2017 par la créatrice de la marque Sessùn, Emma François. Ancienne étudiante en anthropologie et économie, c’est lors d’un voyage en Amérique du Sud, qu’Emma eut l’idée de lancer sa propre entreprise. Aujourd’hui, la fondatrice endosse les deux casquettes : celle de créatrice de mode mais aussi celle de chef d’entreprise.

sessun1

Créée en 1996, cette marque féminine au style casual, urbain et contemporain doit sa renommée à son originalité mais aussi à la qualité de ses produits. La créatrice n’hésite pas à dénicher les meilleurs tissus pour satisfaire ses consommatrices. Mais aussi à faire preuve de transparence quant à la provenance des matières utilisées, afin d’instaurer un climat de confiance envers ses clientes.

            Pour proposer ses trois collections annuelles, Emma François s’inspire de plusieurs éléments comme un film, un livre, un voyage, une histoire une égérie etc. afin de créer une histoire ainsi qu’un fort univers autour de la marque. Récemment, une collection mariage « Oui » est née, proposant 80 articles qui sont présentés dans un pop-up store permanent à Paris (rue de Charonne), afin de créer un véritable attachement émotionnel entre le client et Sessùn. Les produits de la marque sont également vendus dans 11 boutiques dont une à Berlin et une à Bruxelles, ayant chacune une scénographie différente.

BOUTIQUE AVIGNON

BOUTIQUE Bordeau

        Boutique Avignon                                                 Boutique Bordeaux

aix en provencetoulouse

Boutique Aix-en-Provence                                     Boutique Toulouse

Avant de visiter les locaux, Emma François s’est entretenue avec les étudiants et  leur a expliqué les missions des différents pôles de l’entreprise : en passant par le rôle du backoffice, de celui des rendez-vous matières et fournisseurs ou encore celui de la partie production, la créatrice a mis l’accent sur l’importance des différentes unités de la team Sessùn, qui sont complémentaires.

            S’est également posée la question des nouvelles mutations dans les métiers de la mode. En effet, la marque a fêté ses vingt ans en 2016, et a connu des changements quant à son organisation, au cours de ces dernières années. De nouveaux métiers sont apparus et ont pris de l’ampleur comme ceux du web. Il est donc devenu important que tous les employés de la marque travaillent de façon transversale. Selon la créatrice, aujourd’hui il est essentiel pour les jeunes diplômés de posséder des compétences de plus en plus croisées,  ainsi la transversalité est de mise.

Suite à ces précieux conseils, Emma nous a fait visité les différents pôles de sa marque,  tout cela dans une ambiance décontractée et conviviale !

 Nous remercions Emma François, ainsi que toute son équipe pour nous avoir fait rentrer dans leur univers chaleureux et plein d’inspiration…

  Mathilde Corbière & Théa Courtial

Page 1 sur 2

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén