Mode In Marseille

Le blog des étudiants du Master Métiers de la Mode et du Textile

Catégorie : FASHION (Page 2 sur 10)

La liste dévoilée des finalistes du LVMH Prize 2017

Mardi 28 mars 2017, nous découvrions la liste des huit finalistes du LVMH Prize 2017. Depuis sa création en 2013, ce prix a su rassembler près 3 000 candidatures, regroupant ainsi 102 nationalités.

Cette année, le jury est composé de neuf directeurs artistiques de maisons LVMH ainsi que d’experts du groupe :

J.W Anderson (directeur artistique de Loewe), Maria Grazia Chiuri (Directrice artistique de Dior), Nicolas Ghesquière (directeur artistique de Louis Vuitton), Marc Jacobs (directeur artistique de Marc Jacobs), Karl Lagerfeld (directeur artistique de Fendi), Humberto Leon & Carol Lim (directeurs artistiques de Kenzo), Phoebe Philo (directrice artistique de chez Céline), Riccardo Tisci (directeur artistique de Givenchy), Delphine Arnault (vice présidente LVMH), Jean-Paul Claverie (Conseiller de Bernard Arnault) et Pierre-Yves Roussel (Président directeur général LVMH Fashion Group)

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Ce jury se réunit afin d’élire le lauréat du prix « jeunes créateurs » qui remportera la somme de 300 000 euros ainsi qu’un suivi personnalisé sur une durée de douze mois à compter de la remise du prix. Le lauréat aura ainsi le privilège de bénéficier de plusieurs domaines d’expertise tels que la propriété intellectuelle, le sourcing, la production, la distribution, l’image et la communication, le marketing etc.

Focus sur ces huit créateurs prometteurs :

  • Antonin Tron

            Diplômé de l’Académie royale des Beaux Arts d’Anvers en 2008, ce designer a réalisé son apprentissage auprès du talentueux Raf Simons. Dès son retour à Paris, il travaille auprès de Louis Vuitton pour les collections homme, Givenchy pour les collections femme et la maison Balenciaga.

En 2016, il remporte le prix des Premières Collections de l’ANDAM (Association Nationale pour le Développement des Arts et de la Mode) et lance dans la même année son label ATLEIN. Durant ces années de travail, il a su tisser de très bonnes relations avec un fabricant de jersey dans l’est de la France avec qui il travaille aujourd’hui pour son propre label. Pour sa première collection, le créateur utilise une seule matière, le jersey dont il veut révéler toute la polyvalence.

Le label du créateur est commercialisé principalement en Europe, Asie, Etats-Unis ou bien sur les plateformes online comme Net-à-porter, Bergdorf Goodman ou Neiman Marcus.

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  • Marine Serre

            Originaire d’un petit village de Corrèze dans le centre de la France, son bac artistique en poche, la créatrice décide de partir à Marseille pour suivre un BTS en stylisme et création de mode. Trois ans après, elle intègre la Cambre Mode(s), de l’Académie belge du stylisme et de la création de mode dont elle est diplômée depuis 2016.

Elle a su faire ses armes auprès de grandes maisons telles que Martin Margiela, Christian Dior ou encore Balenciaga pour Demna Gvasalia actuellement.

Le succès de sa collection « Radical Call for Love » est inspirée de vêtements de luxe arabisants du XIX ème siècle (caftan, karakou, sarouel etc.) et des tendances sportives des 1990 et 2000, le tout orienté vers une mode futuriste. « Le sarouel, c’est un peu comme le jogging, c’est très contemporain » note la créatrice.

La multimarque « The Broken Arm » à Paris, a exposé et commercialisé cette collection à l’automne dernier pendant la Fashion Week.

Enfin,  il faut noter que la créatrice disputera le concours du festival de Hyères dans la catégorie Mode, fin avril.

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  • Maria Kazakova (Jankhoy)

            Brillant parcours pour cette créatrice russe de 29 ans : tout d’abord diplômée de la Bristish Higher school of Art & Design à Moscou, elle partira à Londres où elle intègrera un programme d’un an à la prestigieuse école Central Saint Martin. Par la suite, elle étudiera pendant 2 ans à l’école Parsons « Fashion Design and Society program ».

Maria Kazakova est très attachée au savoir-faire (broderies complexes et délicates, techniques de perlage, de tissage et de crochet) ainsi qu’aux matières.

Son travail est basé sur la recherche, et est issu d’une réflexion de l’état actuel de la Mode au sein de la société. Elle veut ainsi réinstaurer les valeurs du savoir-faire tout en célébrant l’importance d’une diversité culturelle, ethnique et esthétique.

Sa marque JAHNKOY est un melting-pot de sa personnalité, son héritage culturel et du quotidien. Sa première collection « The Displaced »  fait référence à la disparition de la culture du vêtement avec l’arrivé de la fast fashion et de ses conséquences. La deuxième a été la réalisation d’une collection capsule avec Puma de vêtements et baskets, avec des techniques bien particulières et customisée avec des cristaux Swarovski.

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  • Molly Goddard

            Cette londonienne de 28 ans est également diplômée de l’école Central St Martins, avec une spécialisation dans le tricot.

Ses collections sont souvent inspirées des tenues de soirée, des habits du dimanche et font référence aux grandes occasions et au passage à l’âge adulte. Quant à la réalisation de ses créations, elle utilise des techniques traditionnelles de confection manuelle comme le plissage à la main, ruché, crochet etc.

Ses collections ont été présentées dans des boutiques de renom, comme Dover Street Market (Londres, New York, Singapore), Trading Museum Comme des Garçons (Tokyo, Paris), Club 21 (Singapore, Malaysia), Boon the shop (Séoul) etc.

En 2016, elle a remporté le prix du talent émergent aux Fashion Awards.

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  • Nabil El-Nayal

            Ce créateur d’origine syrienne, arrive à l’âge de 14 ans dans la capitale anglaise. Son succès débute en 2008, lorsqu’il travaille en tant que « chercheur auprès du directeur de la création » chez Burberry Prorsum. L’année suivante, il collabore avec la marque « River Island » dont la collection s’est vendue en seulement 3 jours. Pour sa collection de fin d’études, le créateur a été sélectionné par Harrods dans le cadre d’une plateforme de ses lancements 2010. En 2011, la marque Nabil Ayal est née, et a fait ses débuts lors de la Fashion Week de Londres.

En 2015, il a notamment été sélectionné par le LVMH Prize et il a été invité à défiler pendant la semaine Mode de Paris où son talent a été très apprécié auprès de grandes personnalités comme Nicolas Ghesquière, Karl Lagerfeld, Dephine Arnault (vice-présidente adjointe de Louis Vuitton) ou Sarah Mower (chroniqueuse régulière pour l’édition américaine Vogue)

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  • Kozaburo Akasaka

            Kozaburo Akasaka est un jeune styliste de 33 ans qui a étudié à Londres à la célèbre école de stylisme Saint Martins College of Art. Son diplôme de premier cycle en poche, Kozaburo décide de partir à New-York où il travaillera avec le petit protégé d’Anna Wintour : Thom Browne. Une fois cette expérience de terrain acquise, il décide de se concentrer sur le développement de sa propre esthétique vestimentaire. Il reprend donc un master de stylisme à l’école Parsons de New-York où il ne manquera pas de se faire remarquer car son travail de fin d’études remportera le défilé VFiles Printemps-été 2016. Sa vie new-yorkaise lui a permis faire évoluer son style intemporel et contemporain mais ayant grandi au Japon c’est une empreinte japonaise qui ressort le plus de ses créations, plus précisément le Japon des années 90, années où le créateur vivait encore là bas.

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  • Yoon Ahn

            Cette créatrice américano-coréenne née aux Etats Unis où elle a étudié le graphisme, est actuellement basée à Tokyo. C’est ici qu’elle a développé son label de création expérimentale de bijoux et de vêtements « Ambush » lancé en collaboration avec Verbal (son compagnon) en 2008. Le très influent Pharrel Williams est allé jusqu’à choisir la jeune créatrice pour travailler avec lui sur la campagne adidas Superstar. En bref, nous allons continuer à entendre parler de cette jeune fille pleine de talent car elle a figuré en 2015 et 2016 parmi les 500 principaux influenceurs de la mode mondiale ! Ces créations sont à retrouver en France dans le célèbre concept store parisien Colette.

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  • Cecilie Rosted Bahnsen

Cecilie est une designer de mode danoise qui a récemment obtenu un Master au Royal College of Art de Londres. Cette dernière a travaillé avec les plus grands, notamment pour le sulfureux John Galliano en tant qu’assistante directe du couturier. Elle décide en 2015 de lancer sa marque éponyme inspirée des silhouettes très féminines des Expositions Mondiales des années 20 et de celles des années 90 (période de son adolescence). Cecilie travaille énormément la technique de fabrication de ses pièces et joue des transparences et des opacités de ces dernières. À l’arrivée ses collections sont empreintes d’élégance tout en s’ancrant dans la modernité.

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Pour savoir qui succèdera à la talentueuse Wales Bonner, gagnante du LVMH Prize 2016, rendez-vous le 16 juin 2017 pour l’annonce du gagnant et la remise du prix à  Paris.

Théa Courtial et Mathilde Corbière

 

Rencontre avec Pascale Gatzen

En pleine Fashion Week et après avoir décrypté les défilés les plus avant-gardistes et remarqués de la London fashion week, nous avons fait appel à un oeil expert, celui de  Pascale Gatzen, amie très proche des personnes les plus influentes et notoires du monde de la mode.

Il y a des personnes dans ce milieu qui se démarquent par leur simple générosité, simplicité et bonté, et qui peuvent totalement bouleverser votre approche théorique et pratique dans ce domaine. Pascale Gazten en fait partie. Après avoir eu l’immense privilège d’apprendre le stylisme à ses côtés, Pascale Gatzen nous donne son avis et ressenti sur ce que représente la mode aujourd’hui et nous fait part de ses expériences et relate son parcours remarquable.

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  • Quand avez-vous commencé à vous intéresser à la mode ?

 J’ai commencé à confectionner mes propres vêtements à l’âge de 12 ans. Je ne suis pas certaine que la mode m’intéressait déjà à cette époque. Néanmoins j’utilisais les tissus comme une manière de se positionner socialement. J’ai pris conscience que les vêtements jouent un rôle puissant comme moyen d’expression pour gagner en visibilité et notoriété.

  • Quel parcours avez-vous suivi ?

 J’ai étudié la mode à l’école de mode et design la plus connue aux Pays Bas: ArtEZ. Après l’obtention de mon diplôme, cinq de mes amis et moi même avons crée Le Cri Néerlandais, et en mars 1994 nous avons été les premiers créateurs de mode à voir défiler nos créations pour la Fashion Week de Paris.  Parmi mes cinq amis se trouvait Lucas Ossendrijver, Saskia van Drimmelen, Marcel Verheyen et Viktor & Rolf.

Pendant deux années nous avons continué à faire des défilés avant de se séparer et de poursuivre chacun sa propre destinée. J’ai réalisé plusieurs projets qui avaient pour but de remettre en question, de manière ludique, la structure sous- jacente du système de la Mode. Mes études ont été publiées à l’international pour divers magazines d’art et de mode, et souvent je suis conviée à exposer mon travail lors de manifestation artistique. En 2001, j’ai poursuivi un MFA en art appliqué. Depuis, j’ai principalement crée des projets collaboratifs de plus grandes importances, dans lesquels j’ai mis en avant la manière dont les personnes collaborent. Je voulais vraiment réaliser des expériences et mettre en place des environnements permettant des partages et des échanges enrichissants pour chacun. Mon diplôme en Fashion Design a crée en moi une attitude davantage compétitive, c’est une partie de ma personnalité qui a mis du temps a émerger et s’affirmer. Depuis 1998 j’ai enseigné pour des  BFA, BBA, MA et MFA programmes et facilité  l’apprentissage à travers la mode, le design et l’art.

  • Comment êtes-vous arrivée à travailler pour la fameuse Parsons School de NYC ?

 En 2007 j’ai été conviée à postuler pour un poste avec la responsabilité de gérer   les cours sur les tissus/corps à la Parsons School. J’ai décroché ce poste et j’ai renommé la matière en tant que Fashion Area of Study, j’ai crée et implanté une manière alternative d’enseigner la mode. Cela comme un modèle nouveau qui permet aux étudiants de suivre leur cœur afin de découvrir et de prendre connaissance de leur talent à la fois en tant que créateur, artiste et tout simplement en tant qu’être humain.

J’ai conçu une approche holistique de l’enseignement dans laquelle les valeurs et potentiels de chaque personne sont au centre de toutes les activités que nous développons. On apprend à travers les expériences: ce que l’on fait, crée, performe, et cela lorsqu’on le fait avec confiance, amour et jovialité.

  • Que pensez-vous des écoles de Mode ?

 Je pense que les écoles de mode ont beaucoup de potentiel à partir du moment où l’on embrasse l’idée que la mode est l’une des conditions humaines de la cohésion. Je perçois la mode comme faisant partie intégrante de notre réalité et activités; c’est notre espace commun où l’on peut s’exprimer, partager, se positionner en tant qu’individu. La mode est un domaine public où l’on peut se montrer à chacun, nous inspirer et s’aligner avec les autres. La mode ne se limite pas aux vêtements, elle s’exprime aussi bien à travers nos discours, nos mouvements, que dans les objets que nous créons mais également dans la façon dont nous mettons en forme et entretenons notre identité et nos relations: l’environnement du monde de la mode est si vivant, dynamique et excitant. Si les écoles de mode peuvent embrasser cette joie et cette réalité c’est dans ce cas un endroit incroyable.

  • Quel est votre ressenti à propos de ce qu’est la mode aujourd’hui et de l’engouement pour la Fast Fashion ?

       Cela m’attriste de voir que le plus souvent, lorsque l’on pense à la mode, on la réduit à son aspect purement financier. La Fast Fashion connait un énorme succès car il repose sur le besoin et le désir des individus à vouloir être et appartenir. Et car il est accessible à tout le monde de manière si aisée mais pourtant si illusoire les individus ne se voient plus comme leur propre créateur et acteur de mode. L’appartenance est devenue synonyme de possession de propriété et n’est plus connotée à la créativité et à l’échange.

  • Pourquoi avez-vous décidé de vous détacher de ce système et de ne porter que vos propres créations ou bien celles de vos proches ?

Je pense que ça a été une réelle décision réfléchie. Je porte exclusivement ce que je ressens comme spécial à mes yeux. La plupart des vêtements que je porte contiennent une inscription de mes amis. Ceux que je crée me relient à de très forts souvenirs qui me connectent à des endroits ou bien des personnes. J’ai tendance à fabriquer mes vêtements n’importe où où je vais, c’est ce qui me rend heureuse.

  • Pouvez-vous nous en dire plus sur la marque que vous avez créée ?

  Après plusieurs projets collaboratifs, j’ai décidé de rechercher des formes de modèles qui supportent un mode de vie coopératif et économiquement durable. A travers mes champs de recherche, je suis devenue très intéressée et excitée  à propos des coopérations de travailleurs. J’ai pris conscience que c’est un puissant outil pour les transformations sociales, économiques et culturelles. J’ai ainsi décidé que je voulais développer une activité économique permettant de maintenir un groupe d‘individus organisés sous forme de coopérative. Friends of Light est un collectif de tissage, de conception et de production basé à New York qui produit des tissus tissés à la main à partir de fibres cultivées localement, transformées et filées.

Les quatre créateurs de Friends of Light sont Mae Colburn, Nadia Yaron, Jessi Highet et moi-même. Notre première collection « with light » reposait sur cinq vestes tissées en collaboration avec Buckwheat Bridge Angoras, une usine de fibres solaires et d’énergie solaire à Elizaville, New York. Chaque veste est fabriquée sur commande et est développée pour un client spécifique. Les vestes prennent environ 160 heures à faire. Nous créons actuellement notre deuxième série de vestes. Grâce à notre travail, nous visons à promouvoir et à donner une visibilité à la production locale et à connecter les concepteurs de NYC aux producteurs locaux de fibres.

  • Quel est votre souvenir et moment préféré de l‘histoire de la mode ?

 Il y en a plusieurs, il y a une certaine nostalgie des années 90 lorsque mes amis et moi même avons fait nos débuts dans l’univers de la mode. A cette époque je collaborais avec Alexander van Slobbe, un créateur danois célèbre, du label Orson & Bodil. Il y avait une vraie dynamique entre nous et nous étions très radicaux sur nos créations. Nous avons repensé chaque aspect du vêtement, chaque finition, chaque fermeture et tellement d’autres facettes. Nous donnions une importance particulière aux détails du vêtement, qu’ils soient visibles de l’extérieur ou bien cachés à l’intérieur. C’était minimaliste mais toutefois dans un avant-gardisme très réfléchi.

Un très beau moment dans l’histoire de la mode a été pour moi le travail que Martin Margiela a fait pour Hermès, c’était absolument remarquable. C’était aussi très minimaliste, très généreux et très précis… il y avait de très belles pièces avec une attention de génie pour le détail et la finition.

  • Quel créateur/marque a fait une Fashion Week remarquable ?

Je dois avouer que je ne regarde plus avec attention les défilés de mode. Il m’arrive parfois de m’intéresser de plus près à certains créateurs qui m’ont été recommandés par mes étudiants et/ou bien mes amis. J’adore ressentir des émotions à travers les vêtements et je dois admettre que ce ressenti se fait maintenant très rare. Néanmoins mes créateurs et artistes préférés sont à vrai dire de très bons amis à moi comme Susan Cianciolo, Myrza de Muynck, Saskia van Drimmelen, Sarah Aphrodite et Desiree Hammen.

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  Anissa Berkani Master Métiers de la Mode et du Textile  

Journée Portes ouvertes du Master Métiers de la Mode et du Textile

communiqué de presse

Découverte des coulisses de la célèbre marque marseillaise « Sessùn »

Les Master 1 ont eu la chance d’être accueillis ce vendredi 3 février 2017 par la créatrice de la marque Sessùn, Emma François. Ancienne étudiante en anthropologie et économie, c’est lors d’un voyage en Amérique du Sud, qu’Emma eut l’idée de lancer sa propre entreprise. Aujourd’hui, la fondatrice endosse les deux casquettes : celle de créatrice de mode mais aussi celle de chef d’entreprise.

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Créée en 1996, cette marque féminine au style casual, urbain et contemporain doit sa renommée à son originalité mais aussi à la qualité de ses produits. La créatrice n’hésite pas à dénicher les meilleurs tissus pour satisfaire ses consommatrices. Mais aussi à faire preuve de transparence quant à la provenance des matières utilisées, afin d’instaurer un climat de confiance envers ses clientes.

            Pour proposer ses trois collections annuelles, Emma François s’inspire de plusieurs éléments comme un film, un livre, un voyage, une histoire une égérie etc. afin de créer une histoire ainsi qu’un fort univers autour de la marque. Récemment, une collection mariage « Oui » est née, proposant 80 articles qui sont présentés dans un pop-up store permanent à Paris (rue de Charonne), afin de créer un véritable attachement émotionnel entre le client et Sessùn. Les produits de la marque sont également vendus dans 11 boutiques dont une à Berlin et une à Bruxelles, ayant chacune une scénographie différente.

BOUTIQUE AVIGNON

BOUTIQUE Bordeau

        Boutique Avignon                                                 Boutique Bordeaux

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Boutique Aix-en-Provence                                     Boutique Toulouse

Avant de visiter les locaux, Emma François s’est entretenue avec les étudiants et  leur a expliqué les missions des différents pôles de l’entreprise : en passant par le rôle du backoffice, de celui des rendez-vous matières et fournisseurs ou encore celui de la partie production, la créatrice a mis l’accent sur l’importance des différentes unités de la team Sessùn, qui sont complémentaires.

            S’est également posée la question des nouvelles mutations dans les métiers de la mode. En effet, la marque a fêté ses vingt ans en 2016, et a connu des changements quant à son organisation, au cours de ces dernières années. De nouveaux métiers sont apparus et ont pris de l’ampleur comme ceux du web. Il est donc devenu important que tous les employés de la marque travaillent de façon transversale. Selon la créatrice, aujourd’hui il est essentiel pour les jeunes diplômés de posséder des compétences de plus en plus croisées,  ainsi la transversalité est de mise.

Suite à ces précieux conseils, Emma nous a fait visité les différents pôles de sa marque,  tout cela dans une ambiance décontractée et conviviale !

 Nous remercions Emma François, ainsi que toute son équipe pour nous avoir fait rentrer dans leur univers chaleureux et plein d’inspiration…

  Mathilde Corbière & Théa Courtial

Fashion Week 2017 à Paris !

Le mois de janvier a été riche en découverte avec le début de la Fashion Week 2017 ; en passant par Londres, Milan puis dans notre chère capitale, où s’est achevée ce 26 janvier la semaine de la haute couture printemps-été 2017.

Nombreux sont les défilés qui se sont succédés à Paris, avec pour commencer, la présentation de la mode masculine automne-hiver 2017-2018 qui s’est tenue du 18 au 22 janvier.

Les fanas de mode ont pu y découvrir une mode masculine affirmée, faite de mélange d’idées et d’influences modernes. Une mode expressionniste qui questionne l’état d’esprit d’une génération en pleine mutation.  Avec en tête de file des maisons comme Balenciaga; Margiela, Vêtement, Yohji Yamamoto en encore Comme des Garçons Homme plus.

Du 22 au 26 janvier 2017 c’était au tour de la haute couture parisienne de s’exprimer sur les podiums avec des défilés poignants soulignés d’un maquillage psychédélique.

 

Retour en image sur la Fashion Week de Paris:

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  • Yohi Yamamoto PAP Homme automne hiver 2017-2018 présente une collection poétique et urbaine qui renouvelle le costume trois pièces en une version plus décontractée, en témoigne les proportions amplifiées des silhouettes masculines.

 

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  • Elie Saab Haute Couture printemps-été 2017 nous a présenté des robes de princesses orientales, en rendant hommage à l’héritage artistique de l’Egypte. On retrouve une femme élégante et légère ; sa taille marquée par une ceinture et bandeau dans les cheveux, elle est flottante dans sa démarche.  Les motifs qui recouvrent les étoffes sont inspirés de la calligraphie arabe. Une collection très raffinée !

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  • Etudes Studio PAP Homme automne hiver 2017-2018. Avec ces coupes amples ces couleurs automnales, la collection présentée, dialogue avec l’art et propose une mode masculine décontractée, portée par des mannequins androgynes avec un regard graphique, le charme opère !

 

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  •   Jean Paul Gaultier Haute couture printemps été 2017

Avec d’élégants tailleurs pantalons, un smoking, des jupes crayons taille haute, de longues robes noires transparentes, ou encore des jupes flamencos ; la femme fatale parisienne prend des allures de princesse hispanique, de déesse. Une collection extravagante et sophistiquée à l’image du  style du créateur.

 

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  • Balenciaga PAP Homme automne hiver 2017-2018

Demna Gvasalia, pour son deuxième défilé Homme à la tête de Balenciaga ; a présenté une collection qui cultive une remise en question des codes esthétiques, une collection « corporate » où le détail à toute sa place et est saisissant. Il y réinterprète notamment le logo de la maison Kering, à travers un large sweat-shirt ou encore celui utilisé par Bernie Sanders en 2016.

Les formes des costumes traditionnels ont été retravaillées, les épaules sont déstructurées, le style est plus sportswear et mêle des chemises en flanelle à carreaux, de larges cabas sous le bras et de grosses baskets surdimensionnées. Un mélange de genre très contemporain pour des vêtements postclassiques qui conjuguent commentaire social et ironie.

 

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  • Iris Van Herpen Haute couture printemps-été 2017

La néerlandaise Iris Van Herpen nous a présenté une collection surprenante et futuriste. Une mode expérimentale composée de matériaux tout droits sortis d’un laboratoire où la femme fascinante est inorganique et semble flotter dans des tenues mouvantes. Mêlant l’art et la science, le savoir-faire de la créatrice est perturbateur.

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  • Maison Margiela Haute couture printemps-été 2017,

Sous la direction de John Galliano la tenue de la femme est décortiquée, les structures des vêtements sont mises à nues pour rétablir un univers poétique et sensible. Soie, mousseline, et dentelle, les constructions sont inventives et gracieuses et nous montrent une femme ténébreuse et magnifique.

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  • Valentino Haute couture printemps-été 2017, à Paris, janvier 2017

Valentino a fait défiler de véritables héroïnes de contes de fées dans des robes longues et plissées, inspirées des mythes et légendes grecs.

C’est l’imagination de Pierpaolo Piccioli pour son premier défilé solo à la tête de la maison qui nous amène en plein cœur de l’esthétique antique, marqué d’un expressionnisme abstrait. Les silhouettes sont aériennes, les tons écrus,  les coupes modernes et pensées pour être rêvées. La beauté féminine est brute et sculpturale.

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  • Vetements Homme automne hiver 2017-2018

Demna Gvasalia a présenté une collection baptisée Stéréotypes qui retravaille les codes vestimentaires du vestiaire masculin. Les pièces créés couvrent l’ensemble des silhouettes que nous pouvons croiser dans la rue et s’adaptent aux différentes morphologies.

En s’inspirant des comportements sociaux sur l’habillement, le talentueux créateur s’est approprié les archétypes de la vie de tous les jours pour leur donner une dimension Vetement.

Cette « mode de rue » nous raconte une histoire tout en questionnant l’identité et le caractère des rapports sociaux au travers de ces looks.

 Léva Larbi

 

Les 20 nouveaux lauréats OPENMYMED PRIZE 2017 dévoilés!

Ça y est

Au terme d’une sélection rigoureuse des jeunes talents méditerranéens et grâce à votre e-vote;  les 20 lauréats OPENMYMED PRIZE 2017 ont été désignés par la Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode (MMMM).

Retrouvez l’ensemble des profils des nouveaux Lauréats 2017, catégorie M MAJOR pour Marseille et sa région mais aussi MFP pour la région méditerranéenne au sein du Communiqué de presse de la Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode:

 

 

OPENMYMED PRIZE 2017 encore quelques jours pour désigner vos créateurs préférés

Pour la 7ème édition OpenMyMed Prize 2017 promouvant de jeunes talents méditerranéens; la Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode (MMMM) vous invite à soutenir vos créateurs préférés en votant sur les réseaux sociaux et ce jusqu’au 4 janvier 2017!

A l’occasion de ce concours annuel 20 lauréats sur les 40 présélectionnés (10 créateurs de Marseille et sa région pour les M MAJOR et 10 créateurs de la région méditerranéens pour les MFP) seront désignés grands vainqueurs de l’OpenMyMed Prize.

Sélectionnés grâce à votre e-vote, votre voie prendra place auprès d’un jury d’exception où le talentueux JACQUEMUS sera l’invité d’honneur.  

Gagner OpenMyMed Prize c’est avant tout bénéficier d’une assistance personnalisée qui permettra aux heureux vainqueurs de s’implanter solidement dans leur région et se développer à l’international grâce à une mise en réseau conséquente avec de grands acteurs du monde de la Mode.

Pour participer aux votes rendez-vous sur :

https://www.facebook.com/maisonmediterraneenne.metiersmode/photos/a.1059501754179509.1073741850.355284697934555/1059501767512841/?type=3&theater pour élire vos 10 créateurs M Major

Et

https://www.facebook.com/maisonmediterraneenne.metiersmode/photos/a.1059460310850320.1073741849.355284697934555/1059460330850318/?type=3&theater  pour  élire vos 10 créateurs MFP

Retrouvez toutes les informations complémentaires sur la page Facebook et le blog de la Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode : https://www.facebook.com/maisonmediterraneenne.metiersmode/ http://www.m-mmm.fr

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Léva Larbi

 

LES RENCONTRES DE LA MODE: LA VILLA MÉDITERRANÉE

Étalé sur deux jours à la Villa Méditerranéenne, du 15 au 16 Novembre 2016 à Marseille; cinq personnalités du monde de la mode se sont succédées afin de nous faire part de leur parcours et d’en partager les moments forts tout en abordant les enjeux économiques actuels liés au développement et à la pérennité de leurs activités. Organisé par ses cinq intervenants: Jina Luciani, Dominique Barbiery, Yvann Pluswka et Vincent Faraco & Marijke ZIJLSTRA; mais aussi la Villa Méditerranée et son Directeur Bernard Valéro; ainsi que la Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode (MMMM) et son président Matthieu Gamet, mais aussi Aix-Marseille Université et son Directeur des Études Roland Kazan avec l’aide du BDE du master, les rencontres de la mode furent une expérience très enrichissante. Retour sur ces deux journées riches en partage de connaissance.

  • Jina Luciani

Jina Luciani, libanaise ayant fait ses preuves à New York dans le milieu de la mode, et particulièrement dans la lingerie où elle est spécialisée depuis près de 10 ans, a trouvé accueil en Provence où elle décidera d’y lancer sa marque de « loungewear » et de lingerie.

Occidente créée depuis 2008 est la transcription de sa vision de la vie en Méditerranée, une vie à la fois trépidante et exaltante rythmée par un quotidien lui plus paisible et serein. C’est ce mode de vie qu’elle essaye d’insuffler à travers sa marque qui est d’autant plus en lien avec notre génération soucieuse des questions environnementales et regardantes quant à la composition et la provenance de ce qu’elle achète. Occidente qui détient le label GOTS et Oeko Tex se veut devenir votre seconde peau grâce à ses fibres naturelles et écologiques. C’est ce subtile équilibre entre esthétique et éthique qui fait le succès et la reconnaissance d’Occidente à travers les 15 pays où elle est distribuée.

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  • Dominique Barbiery

Directeur Général des Métiers d’Arts, filiale de la Maison Chanel, Paraffection, nous fait découvrir ou redécouvrir, l’histoire de Lesage, Desrues, Lemarié, Maison Michel, Massaro, Gooseens ou Guillet… Ces 11 maisons au savoir-faire d’exception, de la broderie à l’orfèvrerie en passant par la dentelle qui ont été rachetées et regroupées par Chanel. Que vous soyez familier ou novice de l’histoire de ces métiers artisanaux liés à la Haute Couture, il nous fait part de sa connaissance en toute simplicité en nous amenant littéralement dans les coulisses de la plus grande maison de mode, Chanel. Avec un discours rythmé d’anecdotes.

On y apprend, faute de s’y méprendre que Paraffection n’est pas une œuvre de mécénat, bien que la plupart des rachats se sont faits « par affection » comme le mentionne si bien Monsieur Barbiery. Il s’agit ici d’une stratégie visant à regrouper tous les corps de métiers qui ont fait la renommé de Chanel et d’en conserver ces savoir faire pour les transmettre aux générations futures afin de toujours maintenir cet avantage concurrentiel.

L’enjeux est également d’ordre économique, Paraffection travaille pour 60% avec Chanel mais détient de nombreux autres clients, elle détient aussi une dimension protectionniste et conservatrice de nos savoirs-faire nationaux et régionaux face aux rachats de grands groupes étrangers. Ce que l’on retient c’est que Chanel fait figure d’exemple en soutenant ces arts artisanaux, face aux nouvelles technologies, qui pourraient disparaitre si un réel travail de transmission de capital social n’a pas lieu.

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Pour le deuxième et dernier jour du Cycle des Rencontres de la Mode, nous avons eu la chance d’accueillir encore trois fortes personnalités de l’univers méditerranéen mode et cosmétique.

  •   Yvann Pluskwa  

Cet architecte nous a parlé de l’architecture en règle générale mais surtout de l’architecture appliquée à notre domaine de prédilection : la mode. Ses auteurs de référence ne sont autres que Georges Vigarello ou encore Hannah Arendt ; pour lui, l’architecture, au-delà d’être un abri pour le corps, est un abri pour les rêves…

Il a organisé sa conférence autour de l’expérience sensorielle que doit avoir un espace sur son visiteur en nous montrant ses différents travaux pour des marques comme American Vintage, Sugar, Reiko ou encore Stella Forest. Il définit ce travail apporté aux différentes marques comme un « écrin » pour mettre en valeur le plus joliment possible les pièces de la marque. Sa démarche artistique auprès des différents espaces qui lui sont proposés s’inspire de l’imaginaire de la marque à travers l’univers et les produits de celles-ci.

Pour American Vintage par exemple, il donnera les mots : pureté, féminité, délicatesse, impétuosité et vitalité comme base poétique à son travail.

Grâce à Yvann Pluskwa nous avons tous pu prendre conscience de l’importance et de l’impact qu’a l’architecture d’un lieu de vente sur l’idée que l’on se fera de la marque.

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  • Vincent Faraco & Marijke Zijlstra

Changement de décor et direction St Rémy de Provence avec la marque Végétalement Provence qui nous a été présenté par un de ses co-fondateurs Vincent Faraco et de son assistante Communication, Marijke Zijlstra.

Cette fois-ci nous parlons cosmétique, mais pas cosmétique classique car il s’agit là d’une marque basée sur les bienfaits des huiles végétales et essentielles de notre Sud. La marque prône le beau produit, le beau service et le bon sens !

Tous les produits sont proposés aux particuliers mais aussi et surtout aux professionnels de la beauté.

Trop souvent victimes d’allergies ou encore d’asthmes dans leurs salons, les coiffeurs se tournent désormais vers la cosmétique organique, et ça tombe bien Végétalement Provence a créé pour eux toute une gamme de shampoings entièrement faits avec des plantes. Ils sont d’ailleurs les leaders organiques sur le plan international.

Étant tous les deux passionnés par les métiers de la beauté, ils ont également créé une Académie Internationale en Provence qui forme les professionnels de la beauté.

Leur groupe « Universal Beauty Group » regroupe 3 marques distinctes : Végétalement Provence pour les cosmétiques, Delabre & Faraco pour les accessoires et Kusunoki pour la coupe (ciseaux par exemple).

La générosité de Vincent Faraco a été salué par tout le monde aujourd’hui, alors servons nous de cette phrase qu’il a prononcé pour conclure ces deux journées de rencontres et d’échanges : « on est plus riches en donnant ».

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Mathilde CORBIÈRE & Annissa BERKANI

 

Jean-Charles de Castelbajac, le style sous toutes ses coutures

Focus sur la conférence du 21 octobre 2016 à l’Alcazar de  la ville de Marseille, soulignant l’influence du vestiaire militaire dans la garde-robe civile qui fait suite à la double exposition Mission Mode, Style Croisés dans le département des Bouches du Rhône.


Dirigé par Xavier Landrit et le Capitaine Géraud Seznec, les deux commissaires de l’exposition; nous avons eu le plaisir de rencontrer un incroyable invité : Jean Charles de Castelbajac qui nous a fait part de son expérience mais aussi de l’impact que la tradition textile et l’armé ont sur ses créations.

Après des études à l’école des Beaux-Arts et l’école supérieure des industries du vêtement, Jean Charles de Castelbajac a su très tôt établir un lien entre les différentes formes d’art et la mode. Inspiré de ces expériences personnelles, son art reflète une vision plus fonctionnelle et novatrice du style.

En effet, son style est sans limite, c’est un renouvellement constant qui ne laisse aucune place à la monotonie. Il sait se démarquer et charmer son public, en l’embarquant dans un univers coloré et espiègle où la poésie et l’authenticité se rejoignent pour nous offrir de véritables histoires éternelles.

S’appropriant des éléments dans la société qui l’entoure, ce dernier crée par la transformation et le détournement.

L’artiste mélange, brasse les matières autant que les supports (serpillères, éponges, plaid, toiles cirées, tapisserie…). Ce qui lui confère aussi le titre d’artiste plasticien. Menant ainsi sa propre guérilla créative,  il nous présente un style où le vêtement, protecteur du corps, nous trouble par les matériaux qui le composent.

Son influence du Pop art, de la peinture mais aussi celle de la musique se ressent au travers de ses créations. Notons par exemple le fameux manteau coupé dans une couverture de pensionnaire, le poncho à deux places, le blouson « Teddy bear » ou le vêtement « Bambi » mais également  la chasuble rebrodée de croix multicolore que le Pape Jean Paul II porta à la Journée Mondiale de la Jeunesse et bien d’autres encore…De véritable vêtement œuvre d’art !

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Décontractée, sophistiquée et souvent Arty, c’est ainsi que se décrit la femme Castelbajac Paris.

Anticonformiste, ce talentueux polychrone a pour habitude de dessiner des anges à la craie dans certaines rues, il est aussi impliqué dans la cause environnementale, et a réalisé en 2015, une fresque couvrant une façade de l’aéroport d’Orly à l’occasion de la COP21.

14796102_10208951713444053_1227666366_oFresque Orlove par Castelbajac, aéroport d’Orly/ Les anges à la craie


Retour sur l’humilité d’un artiste hors du commun :

 Mission Mode

Jean Charles de Castelbajac est issu d’une famille militaire, « quand on naît Castelbajac on naît avec un casque sur la tête » comme on dirait !  Il a su, de manière habile, allier l’industrie du textile et l’armée et c’est dès les années 70 qu’il se lance dans la création de  vêtements en camouflage, marquant une rupture avec les autres créateurs qui faisaient à l’époque du romantique.

 La tenue fonctionnelle

Passionné par l’histoire militaire et ses personnages héroïques, son inspiration vient de son enfance. JCDC aime détourner les objets de leur fonction première pour se les réapproprier : sa première expérience fut la renaissance de sa couverture de pensionnaire afin qu’elle puisse protéger sous une autre forme, les autres, comme elle a su autrefois si bien le protéger.

Il y a une réelle recherche d’utilité à travers l’innovation ; la fonctionnalité du vêtement reste une part essentielle de ses créations ; citons par exemple la capuche roulée ou le vêtement porte bébé.

Il privilégie aussi l’aspect curatif du vêtement à travers l’utilisation des bandes chirurgicales Velpeau pour créer certaines de ses robes.

Le vêtement intriguant

« Je ne crée pas le vêtement pour qu’il soit beau mais qu’il trouble » a-t-il dit lors de la conférence.

Cet artiste n’a cessé de surprendre en travaillant avec divers corps de métiers et des artistes tels que : les Sex Pistols, Lady Gaga,  Max Mara ou encore Vivienne Westwood.

 L’habit sentimental

Selon lui, être un bon créateur requiert de présenter une partie de son âme, « les vêtements sont des émotions traduites ». Nous sommes tous empreint d’une histoire chargée sentimentalement et c’est ce qui fait notre spécificité.

Doté d’une grande sagesse, il nous a fait part d’une phrase que nous aimerions vous partager : « on voit le vêtement comme le paraître mais quand quelqu’un disparait on garde de lui son vêtement, il est la seule chose qu’il nous reste ».

Son avis sur la mode actuelle

Comme le dirait Emmanuel Kant « Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts, aveugles » et c’est bien le message qui nous a été transmis lors de cette conférence. Selon JCDC artiste anti-mode mais prostyle, le marketing quasi omniprésent dans la mode a tendance à brimer certains créateurs  avec une saturation de signaux visuels. « Il faut que les fenêtres s’ouvrent et qu’elles libèrent les papillons » nous dit-il de manière poétique.

Tel un enfant qui n’aurait de limite à son imagination, il est certain que Jean-Charles de  Castelbajac continuera de nous surprendre par ses œuvres et ses idées.

 

Marion Jourdan & Léva Larbi

Ready Couture: Arab Fashion Week 2016

Lancée le 6 octobre 2016, c’est à Dubaï que la 3ème édition de L’Arab Fashion Week s’est tenue.

Durant cinq jours, 20 Maisons de mode issues de 10 pays arabes ont revisité le style occidental pour l’adapter aux coutumes orientales et nous présenter leurs collections Printemps-Eté 2017.

Cette troisième édition nous donne véritablement l’opportunité de repérer les créations d’un nouveau marché où la mode dépasse toutes les frontières culturelles, nous offrant ainsi, des collections d’un nouveau genre dans un style casual plus distinctif et  insistant, et cela, tout en s’inspirant des valeurs culturelles de ses créateurs.

Ce concept original, aussi connu sous le nom de Ready Couture,  se martèle autour du prêt à porter haut de gamme et de la haute couture, une manière innovante de présenter des collections destinées aux prospects du monde arabe.  Un monde où la mode et l’innovation ont leur place et le font savoir !

Rad Hourani, créateur de mode Canado-Jordanien, l’a bien compris. En brisant les limites du genre, il a proposé pour la première fois au Moyen-Orient une collection unisexe, un défilé inédit qui a su marquer les esprits.

Les yeux habillés d’une paire de lunette de soleil, les mannequins Hommes et  Femmes ont défilé avec une apparence androgyne, vêtus d’épais drapés qui englobaient leurs silhouettes, ils diffusaient au travers de la collection une vision neutre de l’unisexe où les limites imposées par le genre et l’origine n’ont plus raison d’exister.

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Quant à  Leen Shieshaky, accompagnée de sa mère Suzan Farhoud, elles ont choisi de nous présenter des femmes indépendantes, habillées de jeans moulants, de jupes courtes et chemises transparentes;  laissant entrevoir le corps d’une femme libérée, au travers de tenues traditionnelles du Golfe, repensées dans une collection Out of the Garden. Un cocktail qui mêle habilement la modernité et l’élégance.

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La touche vintage de la styliste Lamya Abedin, s’est également faite remarquer pour l’occasion. Dans une collection Voyage au Carnaval, inspirée du Carnaval d’Australie, elle  combine collerettes et sequins avec les bonnes mœurs de la culture du Monde Arabe. Ses mannequins arboraient leurs fières allures, enveloppés dans des robes et des jupes fluides à dentelle et broderie,  mais aussi en jacquard et brocart. Accompagnés d’accessoires en tout genre : ceintures,  chapeaux et sacs à main; le corps des mannequins est resté conforme aux attentes de la clientèle présente lors du défilé. Sans oublier les pièces de robes de mariée également inspirées par le thème  carnaval, qui ont sublimé la collection.

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Léva LARBI

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