Mode In Marseille

Le blog des étudiants du Master Métiers de la Mode et du Textile

Catégorie : LE MASTER MODE (Page 1 sur 8)

Rendez-vous du Lundi: Témoignages anciens étudiants

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Audrey Coupé Assistante chef de produit American Vintage Diplômée 2014

 

Bonjour, pourriez-vous vous présenter brièvement ?

Je m’appelle Audrey Coupé, j’ai 27 ans (enfin bientôt).

Pourquoi avoir fait le master mode ?

J’ai toujours été attirée par le commerce. La mode et plus particulièrement le textile sont des domaines qui me plaisent. Le master mode était l’occasion d’approfondir mes connaissances acquises en DUT mais dédiées à la mode. Il s’agissait à l’époque d’une formation récente soutenue par la MMMM et dont le réseau professionnel ne faisait que s’étendre.

Qu’est-ce que vous avez appris ?

Beaucoup de choses ! Mais je dirai que les cours de tendances, de matières, CRM sont celles qui m’apportent le plus dans mon travail au quotidien.

Quelles études précédant le master avez-vous effectuées ?

J’ai obtenu mon BAC ES en 2008. J’ai intégré le DUT Techniques de commercialisation à Marseille dans lequel j’ai effectué ma 2ème année en alternance aux Galeries Lafayette. Plutôt hésitante quant à mon devenir, j’ai décidé d’opter pour une formation générale et j’ai donc fait une Licence Economie Management Option Economie. Désireuse de perfectionner mon anglais, j’ai pris la décision de prendre une année de césure. J’ai travaillé 8 mois en tant que conseillère cliente chez SOLARIS afin d’économiser suffisamment d’argent nécessaire à mon projet. Et j’ai ensuite débarqué à Londres. Là-bas, j’étais serveuse et barmaid pendant 4 mois. Ayant décroché ma place au sein du MASTER MODE et TEXTILE, j’ai avec émotions quitté Londres pour intégrer le master en Septembre 2012

J’ai réalisé ma 1ere année à Aix et mon stage en Australie. La deuxième année, j’ai obtenu un stage en tant qu’assistante chef de produit. Je suis donc en poste dans cette entreprise depuis plus de 3 ans (stage compris).

Quel travail exercez-vous actuellement ?

Je suis depuis Mars 2016 en charge de la formation produit équipe terrain. Avant, j’étais assistante chef de produit puis chef de produit junior Maille & Chaine et trame. Je passe 90% de mon temps sur le terrain en France et à l’international pour former les équipes de vente à notre marque, à nos collections.

Missions principales :

– Rédiger les supports de formation et créer de nouveaux outils

– Communiquer l’ensemble des informations relatives aux produits et aux équipes de vente

– Former les équipes de vente à la marque, l’ADN, l’offre globale, les spécificités produits …

– Assurer le suivi de l’apprentissage sur chaque point de vente

– Accompagner le développement des indicateurs de performance des points de vente – Réaliser des analyses statistiques

– Assurer l’ensemble des retours aux services Produit/Style/Modélisme afin de faire progresser l’offre

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Alice Valat Stage DIOR Homme Visual Merchandising, 25 ans, originaire de Marseille !

Pourquoi avoir fait le master mode ?

J’ai toujours voulu travailler dans le secteur de la mode et du luxe. La qualité de la formation m’a conforté dans mon choix. J’ai été tout de suite séduite, je me suis trouvée épanouie. Les différents enseignements font écho à ma sensibilité et répondent à mon envie de pluridisciplinarité.

Qu’est-ce que vous avez appris ?

Les métiers du secteur de la mode demandent beaucoup de rigueur, de polyvalence, de dynamise, de créativité et d’esprit d’analyse. La formation et le corps enseignant nous permettent de développer toutes ces compétences pour être efficaces sur le marché de l’emploi.

Quelles études précédant le master avez-vous effectuées ?

Après un bac L je décide de suivre mon chemin littéraire et m’oriente vers un BTS communication. Deux années riches et formatrices qui m’ont permis de découvrir la communication et le marketing. Par la suite, j’ai souhaité me spécialiser dans la mode en intégrant le Bachelor commerce de la mode et de l’industrie du luxe à Toulouse à l’université III. Ce qui m’a permis de décrocher mon Bachelor et ma maîtrise. J’ai continué mon cursus à Marseille à la maison méditerranéenne des métiers de la mode.

Pourriez-vous nous parler de votre stage de 6 mois ?

Actuellement je suis en stage chez Christian DIOR Homme au département Visual Merchandising en tant qu’assistante Visual Merchandiser Europe / Moyen-Orient. Mes missions s’organisent autour du point de vente :

– participer activement aux display sur l’ensemble des boutiques parisiennes

– participation aux display pour la mise en place des showrooms de vente

– assister l’équipe VM dans la réalisation de newsletters et reporting

 

Marion Jourdan

Rendez-vous du Lundi : confession d’anciens étudiants

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Cédric Navarro chef de projet marketing PANDORA, diplômé en 2015

Cédric Navarro, 29 ans, originaire du Var, père espagnol et mère britannique.

En quelle année avez-vous effectué le master ?
J’y ai postulé une première fois en 2013. J’y ai repostulé en 2014, j’ai été diplômé avec mention l’année dernière.

Pourquoi avoir fait le master mode ?
La mode m’a toujours intéressé comme univers. Cependant, n’ayant pas la fibre créative je m’interdisais l’accès à cet univers. Puis j’ai découvert ce master qui dévoilait toutes les fonctions qui permettaient à ce domaine économique d’être ce qu’il est.

Qu’est-ce que vous avez appris ?

L’exhaustivité des domaines que la mode peut couvrir. une découverte de chacun d’entre eux. La gestion de projets et le travail en équipe ont été vraiment formateurs.

Quelles études précédents le master avez-vous effectuées ?
Bac STG, puis maîtrise d’histoire de l’art et licence d’économie et gestion des entreprises.

Pourriez-vous nous parler de votre stage de 6 mois ?
J’ai intégré la marque PANDORA en tant que stagiaire coordinateur multimarque dans le département commercial.
Les principales tâches :

– analyses de chiffres quotidiens, hebdomadaires et mensuels.

– organisation des réunions commerciales mensuelles et séminaires.

– pilotage de projet dans les 250 bijouteries multimarques de la marque sur le territoire français.

– points référents de données multimarque lors de lancement de projets transverses.

Quel travail exercez-vous actuellement ?
Je suis coordinateur et chef de projet marketing chez PANDORA. En charge :

– des opérations marketing nationales, chef de production des visuels de campagnes en boutique (coordination VM).

– de l’implantation de nos 7 collections par an sur nos 71 boutiques PANDORA, nos 18 corners grands magasins et 250 bijouteries multimarques.

– de la gestion des campagnes d’affichage sur le territoire et support aux médias nationaux (presse nationale, TV, cinéma).

– du développement et de l’adaptation des projets marketing mondiaux au niveau local.

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Manon Serra, blogueuse professionnelle, community Manager, diplômée en 2016

Pourquoi avoir fait le master mode ?
J’ai fait le Master pour poursuivre mes études avec une spécialité mode, j’ai fait une école de commerce (kedge Bs School) avant d’intégrer le master

Pourriez-vous nous parler de votre stage de 6 mois ?
Je ne suis peut-être pas le bon exemple pour mon stage car je suis l’un des cas de figure où mon stage ne s’est pas bien déroulé.. Du coup j’ai intégré une fonction Webmarketing chez American Vintage, j’ai quitté le stage au bout de deux mois, car il ne correspondait pas à mes attentes.

J’ai finalement intégré l’entreprise Maison Close pour la partie Community Management, j’ai beaucoup aimé ce stage qui m’a beaucoup appris et m’a permis d’être autonome, c’était une création de poste, du coup il y avait tout à faire, ce qui est très intéressant et enrichissant comme expérience ! J’étais dans une petite structure j’ai pu donc approfondir certaines connaissances dans d’autres domaines comme les relations presses, ou sur la fonction chef de produit.
Pour les missions réalisées:

– Création du contenu pour tous les réseaux de la marque

– Mise en place d’une stratégie de communication digitale

– Partenariats influenceurs

Quel travail exercez-vous actuellement ?
Suite à ce stage, j’ai crée ma propre entreprise, j’exerce deux métiers à la fois :
Blogueuse Professionnelle, je travaille avec des marques afin de les mettre en avant sur mes différents réseaux sociaux et sur mon site notamment Sun Valley, Lpb Woman, Kiabi, Fittea, Glossy Box, Panier des Sens, La Halle, Galeries Lafayette, Printemps, Les terrasses du Port, New Look, Asos, Boohoo…

Community Manager (je suis community Manager pour des structures de différentes tailles à Marseille, j’offre différents services qui sont tous liés à la communication digitale : référencement SEO, création de contenu, organisation d’évènements, partenariat blogueurs….)

Le nom de blog est : cquoilamode.com

MARION JOURDAN

Ouverture de la campagne de candidature Master Métiers de la Mode et du Textile

Le Master Mode qui a pour principal objectif de former ces futurs étudiants à l’ensemble des matières qui existent dans le management des métiers de la mode et engage des connaissances poussées en Marketing, gestion de marque, sourcing, achat, logistique, finance, gestion, RH, droit, histoire de la mode et une bonne connaissance des matières textiles ; afin de répondre aux besoins du secteur industriel de la mode française en pleine évolution.

Les étudiants formés bénéficieront des atouts clefs du secteur spécifique que représente la mode pour être opérationnels en entreprise et exercer la grande majorité des métiers liés au management de la mode.

Notre plate-forme de candidatures en ligne est ouverte depuis le 14 février 2017. Commencez à compléter votre dossier dès à présent pour postuler au Master Métiers de la Mode et du Textile.

Pour plus d’information sur le contenu de la formation et les conditions d’admissions rendez-vous sur le site :

http://feg.univ-amu.fr/formation/masters/metiers-mode

Rencontre avec Pascale Gatzen

En pleine Fashion Week et après avoir décrypté les défilés les plus avant-gardistes et remarqués de la London fashion week, nous avons fait appel à un oeil expert, celui de  Pascale Gatzen, amie très proche des personnes les plus influentes et notoires du monde de la mode.

Il y a des personnes dans ce milieu qui se démarquent par leur simple générosité, simplicité et bonté, et qui peuvent totalement bouleverser votre approche théorique et pratique dans ce domaine. Pascale Gazten en fait partie. Après avoir eu l’immense privilège d’apprendre le stylisme à ses côtés, Pascale Gatzen nous donne son avis et ressenti sur ce que représente la mode aujourd’hui et nous fait part de ses expériences et relate son parcours remarquable.

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  • Quand avez-vous commencé à vous intéresser à la mode ?

 J’ai commencé à confectionner mes propres vêtements à l’âge de 12 ans. Je ne suis pas certaine que la mode m’intéressait déjà à cette époque. Néanmoins j’utilisais les tissus comme une manière de se positionner socialement. J’ai pris conscience que les vêtements jouent un rôle puissant comme moyen d’expression pour gagner en visibilité et notoriété.

  • Quel parcours avez-vous suivi ?

 J’ai étudié la mode à l’école de mode et design la plus connue aux Pays Bas: ArtEZ. Après l’obtention de mon diplôme, cinq de mes amis et moi même avons crée Le Cri Néerlandais, et en mars 1994 nous avons été les premiers créateurs de mode à voir défiler nos créations pour la Fashion Week de Paris.  Parmi mes cinq amis se trouvait Lucas Ossendrijver, Saskia van Drimmelen, Marcel Verheyen et Viktor & Rolf.

Pendant deux années nous avons continué à faire des défilés avant de se séparer et de poursuivre chacun sa propre destinée. J’ai réalisé plusieurs projets qui avaient pour but de remettre en question, de manière ludique, la structure sous- jacente du système de la Mode. Mes études ont été publiées à l’international pour divers magazines d’art et de mode, et souvent je suis conviée à exposer mon travail lors de manifestation artistique. En 2001, j’ai poursuivi un MFA en art appliqué. Depuis, j’ai principalement crée des projets collaboratifs de plus grandes importances, dans lesquels j’ai mis en avant la manière dont les personnes collaborent. Je voulais vraiment réaliser des expériences et mettre en place des environnements permettant des partages et des échanges enrichissants pour chacun. Mon diplôme en Fashion Design a crée en moi une attitude davantage compétitive, c’est une partie de ma personnalité qui a mis du temps a émerger et s’affirmer. Depuis 1998 j’ai enseigné pour des  BFA, BBA, MA et MFA programmes et facilité  l’apprentissage à travers la mode, le design et l’art.

  • Comment êtes-vous arrivée à travailler pour la fameuse Parsons School de NYC ?

 En 2007 j’ai été conviée à postuler pour un poste avec la responsabilité de gérer   les cours sur les tissus/corps à la Parsons School. J’ai décroché ce poste et j’ai renommé la matière en tant que Fashion Area of Study, j’ai crée et implanté une manière alternative d’enseigner la mode. Cela comme un modèle nouveau qui permet aux étudiants de suivre leur cœur afin de découvrir et de prendre connaissance de leur talent à la fois en tant que créateur, artiste et tout simplement en tant qu’être humain.

J’ai conçu une approche holistique de l’enseignement dans laquelle les valeurs et potentiels de chaque personne sont au centre de toutes les activités que nous développons. On apprend à travers les expériences: ce que l’on fait, crée, performe, et cela lorsqu’on le fait avec confiance, amour et jovialité.

  • Que pensez-vous des écoles de Mode ?

 Je pense que les écoles de mode ont beaucoup de potentiel à partir du moment où l’on embrasse l’idée que la mode est l’une des conditions humaines de la cohésion. Je perçois la mode comme faisant partie intégrante de notre réalité et activités; c’est notre espace commun où l’on peut s’exprimer, partager, se positionner en tant qu’individu. La mode est un domaine public où l’on peut se montrer à chacun, nous inspirer et s’aligner avec les autres. La mode ne se limite pas aux vêtements, elle s’exprime aussi bien à travers nos discours, nos mouvements, que dans les objets que nous créons mais également dans la façon dont nous mettons en forme et entretenons notre identité et nos relations: l’environnement du monde de la mode est si vivant, dynamique et excitant. Si les écoles de mode peuvent embrasser cette joie et cette réalité c’est dans ce cas un endroit incroyable.

  • Quel est votre ressenti à propos de ce qu’est la mode aujourd’hui et de l’engouement pour la Fast Fashion ?

       Cela m’attriste de voir que le plus souvent, lorsque l’on pense à la mode, on la réduit à son aspect purement financier. La Fast Fashion connait un énorme succès car il repose sur le besoin et le désir des individus à vouloir être et appartenir. Et car il est accessible à tout le monde de manière si aisée mais pourtant si illusoire les individus ne se voient plus comme leur propre créateur et acteur de mode. L’appartenance est devenue synonyme de possession de propriété et n’est plus connotée à la créativité et à l’échange.

  • Pourquoi avez-vous décidé de vous détacher de ce système et de ne porter que vos propres créations ou bien celles de vos proches ?

Je pense que ça a été une réelle décision réfléchie. Je porte exclusivement ce que je ressens comme spécial à mes yeux. La plupart des vêtements que je porte contiennent une inscription de mes amis. Ceux que je crée me relient à de très forts souvenirs qui me connectent à des endroits ou bien des personnes. J’ai tendance à fabriquer mes vêtements n’importe où où je vais, c’est ce qui me rend heureuse.

  • Pouvez-vous nous en dire plus sur la marque que vous avez créée ?

  Après plusieurs projets collaboratifs, j’ai décidé de rechercher des formes de modèles qui supportent un mode de vie coopératif et économiquement durable. A travers mes champs de recherche, je suis devenue très intéressée et excitée  à propos des coopérations de travailleurs. J’ai pris conscience que c’est un puissant outil pour les transformations sociales, économiques et culturelles. J’ai ainsi décidé que je voulais développer une activité économique permettant de maintenir un groupe d‘individus organisés sous forme de coopérative. Friends of Light est un collectif de tissage, de conception et de production basé à New York qui produit des tissus tissés à la main à partir de fibres cultivées localement, transformées et filées.

Les quatre créateurs de Friends of Light sont Mae Colburn, Nadia Yaron, Jessi Highet et moi-même. Notre première collection « with light » reposait sur cinq vestes tissées en collaboration avec Buckwheat Bridge Angoras, une usine de fibres solaires et d’énergie solaire à Elizaville, New York. Chaque veste est fabriquée sur commande et est développée pour un client spécifique. Les vestes prennent environ 160 heures à faire. Nous créons actuellement notre deuxième série de vestes. Grâce à notre travail, nous visons à promouvoir et à donner une visibilité à la production locale et à connecter les concepteurs de NYC aux producteurs locaux de fibres.

  • Quel est votre souvenir et moment préféré de l‘histoire de la mode ?

 Il y en a plusieurs, il y a une certaine nostalgie des années 90 lorsque mes amis et moi même avons fait nos débuts dans l’univers de la mode. A cette époque je collaborais avec Alexander van Slobbe, un créateur danois célèbre, du label Orson & Bodil. Il y avait une vraie dynamique entre nous et nous étions très radicaux sur nos créations. Nous avons repensé chaque aspect du vêtement, chaque finition, chaque fermeture et tellement d’autres facettes. Nous donnions une importance particulière aux détails du vêtement, qu’ils soient visibles de l’extérieur ou bien cachés à l’intérieur. C’était minimaliste mais toutefois dans un avant-gardisme très réfléchi.

Un très beau moment dans l’histoire de la mode a été pour moi le travail que Martin Margiela a fait pour Hermès, c’était absolument remarquable. C’était aussi très minimaliste, très généreux et très précis… il y avait de très belles pièces avec une attention de génie pour le détail et la finition.

  • Quel créateur/marque a fait une Fashion Week remarquable ?

Je dois avouer que je ne regarde plus avec attention les défilés de mode. Il m’arrive parfois de m’intéresser de plus près à certains créateurs qui m’ont été recommandés par mes étudiants et/ou bien mes amis. J’adore ressentir des émotions à travers les vêtements et je dois admettre que ce ressenti se fait maintenant très rare. Néanmoins mes créateurs et artistes préférés sont à vrai dire de très bons amis à moi comme Susan Cianciolo, Myrza de Muynck, Saskia van Drimmelen, Sarah Aphrodite et Desiree Hammen.

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  Anissa Berkani Master Métiers de la Mode et du Textile  

Journée Portes ouvertes du Master Métiers de la Mode et du Textile

communiqué de presse

Frédéric Barret : Directeur de marque Wiko à l’international

C’est au cours des mois de septembre à novembre 2016 que les élèves du Master 1 Métier de la Mode et du Textile ont eu l’occasion de discerner les techniques du Marketing qui sont essentielles au monde professionnel.

Avec l’intervention de Frédéric Barret ; directeur de la Marque Wikoo à l’international ;  ce sont les méthodes, les process du Marketing  mais aussi l’importance de la rigueur dans les échanges qui ont été soulignés.

En effet, dans une entreprise, tout comme dans la vie quotidienne, il est indispensable de comprendre ses interlocuteurs pour que le message soit clair et compris de tous ; mais aussi d’être curieux et de s’impliquer. Et c’est ce que Frédéric Barret a tenté de nous communiquer.

Nous avons voulu en savoir un peu plus sur lui, sur son parcours, son métier et ses responsabilités ; voici ce qu’il nous a répondu :

  • Quel cursus avez-vous suivi ?

« Après avoir réalisé une classe préparatoire scientifique, j’ai intégré une école d’ingénieur puis un mastère spécialisé en Marketing en Ecole de Commerce ».

  • Quel est votre secteur d’activité ?

«  Je travaille dans une startup française devenue maintenant une PME et qui a  une activité internationale ; spécialisée dans les smartphones et les objets connectés ».

  • Quel est le nom du poste (métier, responsabilités, hiérarchie) que vous occupez dans votre entreprise ?

« Je suis Directeur de Marque International au sein du service Marketing International de Wiko. Je suis en charge de 3 missions principales :

  • La stratégie internationale de la marque et tous ses outils identitaires
  • Les campagnes de communication internationales

Ainsi que tous les plans de lancements de produits, qu’ils soient stratégiques ou tactiques ».

  • Avez-vous choisi ce travail par passion ?

« Même si je ne suis pas un «geek», j’ai un vrai intérêt pour les technologies et les outils numériques. Le marketing ayant clairement évolué depuis que j’ai commencé à travailler, pouvoir faire ce métier au cœur du réacteur digital est justement passionnant ».

  • Selon vous, quelles sont les qualités requises pour être exercé votre métier ?

« Pour moi il y en a 3 :

  • La rigueur
  • L’esprit d’analyse
  • La créativité

      La rigueur et l’esprit d’analyse car contrairement à ce que l’on peut penser, construire une stratégie marketing cohérente s’appuie avant tout sur une capacité à parfaitement comprendre le marché et identifier les besoins des consommateurs. On peut considérer cette approche scolaire et à moins d’un coup de chance, ce n’est jamais intuitif.

      La créativité parce qu’une fois que le besoin est identifié et que l’angle d’attaque sur le marché est défini, il est nécessaire d’apporter quelque chose de nouveau que ce soit via l’innovation, les outils de communication, le ton… Et cette créativité ne s’apprend pas à l’école. C’est une créativité qui s’appuie sur une curiosité permanente partout, tout le temps ».

  • Quels sont les aspects les plus intéressants, selon vous ?
  • les moins ?

« Honnêtement c’est une question difficile parce que tout peut être intéressant dans le métier: de l’analyse à la finalisation du projet. Bref sur toutes les étapes. C’est un métier central qui permet d’avoir des contacts avec de nombreux services dans l’entreprise mais aussi avec les agences…

      C’est aussi un métier qui nécessite de se renouveler sans cesse. Par exemple, l’arrivée du Digital a complètement révolutionné ce métier dans les années 2000 et il a fallu non seulement s’adapter mais complètement changer notre manière de penser et de construire une stratégie marketing. Et aujourd’hui, on ne parle même plus de stratégie digital centric mais plutôt de smartphone centric car les outils de mobilités sont devenus les 1ers outils d’accès au web, et inévitablement ça change le comportement des consommateurs, et l’expérience qu’on peut leur donner.

Les moins, c’est peut-être les timings… On doit souvent travailler dans l’urgence et sous pression mais ça aussi, avec l’expérience on apprend à le gérer ».

  • Quels conseils donneriez-vous pour accéder à ce type de métier, au regard de votre parcours? 

« Dans un 1er temps avoir une expérience internationale qu’elle soit étudiante ou professionnelle.

      Ensuite, mais peut-être suis-je déformé par mon parcours de ce type, les méthodes de base du marketing s’acquièrent très vite et bien dans les grands groupes internationaux. C’est un apprentissage qui après, peut permettre d’évoluer dans des structures plus petites, plus agiles et sentir immédiatement sa valeur ajoutée ».

  • Pourquoi avez-vous accepté d’intervenir au sein du Master métier de la Mode et du textile de l’Université Aix-Marseille ?

« Il y a un constat : je suis très surpris que lorsque des jeunes diplômés, quelle que soit leur parcours, arrivent dans un service marketing et ne connaissent pas les méthodes de base du marketing. Ils ont une vision très générale et très théorique du marketing qui leur est enseignée.

      Donc j’ai voulu à la fois leur apprendre ces méthodes de base, qui leur permettront de se différencier lors des entretiens.

Et c’est encore plus vrai dans les métiers de la mode où ils vont évoluer dans un univers avec des profils très créatifs, voire même artistiques avec qui il faudra échanger et construire un objectif commun. Et seule la rigueur peut compléter avec efficacité la richesse créative des designers et de leurs équipes.

Et de manière égoïste, c’est également un challenge personnel. Les étudiants ne laissent rien passer… C’est donc aussi se mettre en danger. Se retrouver face à eux pendant plusieurs heures, c’est une manière de tester sa capacité à maintenir l’attention, à faire passer des messages, et je l’espère, à les aider à se projeter dans leur carrière… ».

  • Quelle vision, quel aspect, du monde professionnel leur avez-vous transmis ? dans quel but ?

 « J’ai voulu prouver que le marketing est un métier de rigueur. Que comme tous les métiers, tout le monde n’a pas de compétences marketing: ce n’est pas parce que tout le monde est capable de donner un avis sur une campagne de pub, que tout le monde est capable de faire du marketing. C’est très facile de réagir devant une publicité et de dire n’importe quoi, alors que devant un tableau financier, à moins d’être dans la finance, tout le monde se tait !

      J’espère aussi leur avoir fait comprendre que la curiosité est une clé de ce métier et que c’est en regardant ce qu’il se passe dans tous les secteurs – au-delà de la mode – que l’on identifie des best practices ou des nouvelles méthodes ».

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Léva Larbi

Galeries Clandestines: le nouveau e-shop expressif de la mode méditerranéenne

Lancé le 14 novembre 2016 à Marseille par deux jeunes phocéennes Emmanuelle SIMON et Cora BOUVIER; le nouveau e-shop révélateur des marques ambassadrices de la mode méditerranéenne porte le nom de Galeries Clandestines (galeriesclandestines.com). Un nom saisissant accompagné d’un logo codé en morse pour mettre en avant les créations glocales de talentueux créateurs.

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 Née d’une passion commune pour la mode, le site, coréalisé avec l’agence Activist studio nous propose une mode indomptable où le savoir-faire des créateurs se conjuguent  à la qualité des produits proposés.

Inscrit dans une démarche de Slow Fashion, Galeries Clandestines, expose cette mode libre du sud, cet anticonformisme méditerranéen aux influences culturelles multiples.  Son interface se présente au travers d’un site clair et structuré qui a pour effet d’emporter le visiteur dans l’univers de ses deux conceptrices. Un univers ou la mode du sud bien plus qu’une simple alternative à celle du nord, à toute sa place et le fait savoir !

L’accent est mis sur la nitescence des créations, sur le partage et la transmission. Avec un webdesign épuré, les informations importantes de cette nouvelle plateforme de distribution sont efficacement visibles.

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Exploitant le potentiel de ce melting-pot méditerranéen, il ne fait aucun doute que le site est le produit d’une véritable démarche multiculturelle qui tend à fédérer toute une communauté autour du Slow Fashion.  D’un point de vue général, l’utilisateur n’a pas besoin de naviguer parmi de nombreuses pages pour trouver l’information qu’il recherche, puisque le design de la page fluidifie l’expérience utilisateur.  La mise en marché des produits est ainsi limpide ; permettant à l’internaute de trouver efficacement ce dont il a besoin, notamment au travers d’un lookbook reprenant les nouvelles collections des créateurs partenaires du site, et ce, pour chaque saison.

Au sein de Galeries Clandestines vous retrouverez des marques tels que ESPIGAS, VADI JEWELS, KODDES, MADEMOISELLE SOCIALISTE, LES MIDINETTES, STOCKHOLM SYNDROME ou encore LEI 1984, REGENT WOOD et bien d’autres encore, qui tous ensemble, contribuent à faire de la méditerranée, une terre d’inspiration pour la Mode.

Pour en savoir plus nous vous invitons à vous rendre à la soirée officielle de lancement : Les nuits Clandestines qui aura lieu le 20 décembre de 18H à 01H en partenariat avec le Collectif Borderline au 26 rue de la République 13001 Marseille.

Léva Larbi

 

 

LES RENCONTRES DE LA MODE: LA VILLA MÉDITERRANÉE

Étalé sur deux jours à la Villa Méditerranéenne, du 15 au 16 Novembre 2016 à Marseille; cinq personnalités du monde de la mode se sont succédées afin de nous faire part de leur parcours et d’en partager les moments forts tout en abordant les enjeux économiques actuels liés au développement et à la pérennité de leurs activités. Organisé par ses cinq intervenants: Jina Luciani, Dominique Barbiery, Yvann Pluswka et Vincent Faraco & Marijke ZIJLSTRA; mais aussi la Villa Méditerranée et son Directeur Bernard Valéro; ainsi que la Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode (MMMM) et son président Matthieu Gamet, mais aussi Aix-Marseille Université et son Directeur des Études Roland Kazan avec l’aide du BDE du master, les rencontres de la mode furent une expérience très enrichissante. Retour sur ces deux journées riches en partage de connaissance.

  • Jina Luciani

Jina Luciani, libanaise ayant fait ses preuves à New York dans le milieu de la mode, et particulièrement dans la lingerie où elle est spécialisée depuis près de 10 ans, a trouvé accueil en Provence où elle décidera d’y lancer sa marque de « loungewear » et de lingerie.

Occidente créée depuis 2008 est la transcription de sa vision de la vie en Méditerranée, une vie à la fois trépidante et exaltante rythmée par un quotidien lui plus paisible et serein. C’est ce mode de vie qu’elle essaye d’insuffler à travers sa marque qui est d’autant plus en lien avec notre génération soucieuse des questions environnementales et regardantes quant à la composition et la provenance de ce qu’elle achète. Occidente qui détient le label GOTS et Oeko Tex se veut devenir votre seconde peau grâce à ses fibres naturelles et écologiques. C’est ce subtile équilibre entre esthétique et éthique qui fait le succès et la reconnaissance d’Occidente à travers les 15 pays où elle est distribuée.

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  • Dominique Barbiery

Directeur Général des Métiers d’Arts, filiale de la Maison Chanel, Paraffection, nous fait découvrir ou redécouvrir, l’histoire de Lesage, Desrues, Lemarié, Maison Michel, Massaro, Gooseens ou Guillet… Ces 11 maisons au savoir-faire d’exception, de la broderie à l’orfèvrerie en passant par la dentelle qui ont été rachetées et regroupées par Chanel. Que vous soyez familier ou novice de l’histoire de ces métiers artisanaux liés à la Haute Couture, il nous fait part de sa connaissance en toute simplicité en nous amenant littéralement dans les coulisses de la plus grande maison de mode, Chanel. Avec un discours rythmé d’anecdotes.

On y apprend, faute de s’y méprendre que Paraffection n’est pas une œuvre de mécénat, bien que la plupart des rachats se sont faits « par affection » comme le mentionne si bien Monsieur Barbiery. Il s’agit ici d’une stratégie visant à regrouper tous les corps de métiers qui ont fait la renommé de Chanel et d’en conserver ces savoir faire pour les transmettre aux générations futures afin de toujours maintenir cet avantage concurrentiel.

L’enjeux est également d’ordre économique, Paraffection travaille pour 60% avec Chanel mais détient de nombreux autres clients, elle détient aussi une dimension protectionniste et conservatrice de nos savoirs-faire nationaux et régionaux face aux rachats de grands groupes étrangers. Ce que l’on retient c’est que Chanel fait figure d’exemple en soutenant ces arts artisanaux, face aux nouvelles technologies, qui pourraient disparaitre si un réel travail de transmission de capital social n’a pas lieu.

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Pour le deuxième et dernier jour du Cycle des Rencontres de la Mode, nous avons eu la chance d’accueillir encore trois fortes personnalités de l’univers méditerranéen mode et cosmétique.

  •   Yvann Pluskwa  

Cet architecte nous a parlé de l’architecture en règle générale mais surtout de l’architecture appliquée à notre domaine de prédilection : la mode. Ses auteurs de référence ne sont autres que Georges Vigarello ou encore Hannah Arendt ; pour lui, l’architecture, au-delà d’être un abri pour le corps, est un abri pour les rêves…

Il a organisé sa conférence autour de l’expérience sensorielle que doit avoir un espace sur son visiteur en nous montrant ses différents travaux pour des marques comme American Vintage, Sugar, Reiko ou encore Stella Forest. Il définit ce travail apporté aux différentes marques comme un « écrin » pour mettre en valeur le plus joliment possible les pièces de la marque. Sa démarche artistique auprès des différents espaces qui lui sont proposés s’inspire de l’imaginaire de la marque à travers l’univers et les produits de celles-ci.

Pour American Vintage par exemple, il donnera les mots : pureté, féminité, délicatesse, impétuosité et vitalité comme base poétique à son travail.

Grâce à Yvann Pluskwa nous avons tous pu prendre conscience de l’importance et de l’impact qu’a l’architecture d’un lieu de vente sur l’idée que l’on se fera de la marque.

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  • Vincent Faraco & Marijke Zijlstra

Changement de décor et direction St Rémy de Provence avec la marque Végétalement Provence qui nous a été présenté par un de ses co-fondateurs Vincent Faraco et de son assistante Communication, Marijke Zijlstra.

Cette fois-ci nous parlons cosmétique, mais pas cosmétique classique car il s’agit là d’une marque basée sur les bienfaits des huiles végétales et essentielles de notre Sud. La marque prône le beau produit, le beau service et le bon sens !

Tous les produits sont proposés aux particuliers mais aussi et surtout aux professionnels de la beauté.

Trop souvent victimes d’allergies ou encore d’asthmes dans leurs salons, les coiffeurs se tournent désormais vers la cosmétique organique, et ça tombe bien Végétalement Provence a créé pour eux toute une gamme de shampoings entièrement faits avec des plantes. Ils sont d’ailleurs les leaders organiques sur le plan international.

Étant tous les deux passionnés par les métiers de la beauté, ils ont également créé une Académie Internationale en Provence qui forme les professionnels de la beauté.

Leur groupe « Universal Beauty Group » regroupe 3 marques distinctes : Végétalement Provence pour les cosmétiques, Delabre & Faraco pour les accessoires et Kusunoki pour la coupe (ciseaux par exemple).

La générosité de Vincent Faraco a été salué par tout le monde aujourd’hui, alors servons nous de cette phrase qu’il a prononcé pour conclure ces deux journées de rencontres et d’échanges : « on est plus riches en donnant ».

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Mathilde CORBIÈRE & Annissa BERKANI

 

Rencontre avec Léa Perret

Anciennement, assistante chef de produit joaillerie pour BOUCHERON et assistante chef de produit maroquinerie pour DIOR.

lea-photoActuellement en dernière année d’étude supérieur en Master 2 à l’université de Parme au sein du programme management grande école de Grenoble, pour l’obtention d’un double diplôme ;  Léa Perret, force de caractère et ambitieuse, nous livre au travers de cette interview son expérience professionnelle en tant qu’assistante chef de produit. Adroite, cette dernière a travaillé pour deux grandes maisons : Boucheron et Dior ; son portrait nous dépeint l’environnement dans lequel      elle a évolué et les aspects de la profession.

  • Parlez-nous un peu de vous ; quand avez-vous commencé votre expérience de chef de produit ?

« J’ai 23 ans, après mon baccalauréat dans la région clermontoise, je suis partie à Nice  pour y faire un DUT techniques de commercialisation. J’ai ensuite réalisé une Licence science de gestion et intégré un programme grande école à Grenoble, dans une école de management. Actuellement je suis à l’université de Parme en Italie ; j’effectue ma dernière année d’étude qui me délivrera un double diplôme, celui de l’université d’Italie et  celui de mon école en France.

Ma première experience d’assistante chef de produit je l’ai commencé en septembre dernier. J’ai décidé d’effectuer une année de césure pour m’accorder l’opportunité d’acquérir une experience professionnelle supplémentaire dans un métier qui me paraissait passionnant et dans lequel j’aurais pu mettre à profit les compétences que j’ai acquises lors de mes formations. Après avoir postulé à une annonce et passé les entretiens de recrutement ; je suis rentrée chez Boucheron en tant qu’assistante chef de produit joaillerie et je suis partie m’installer  à Paris. C’était tout nouveau pour moi et très enthousiasment.

Je suis restée 6 mois dans l’entreprise et par la suite j’ai rejoint DIOR pour 6 mois en tant qu’assistante chef de produit développement maroquinerie».

  • Que préférez-vous dans ce travail ?

«  Ce qui est particulièrement excitant dans un tel métier que celui du chef de produit, c’est le rapport que l’on entretient avec le produit. Ce que j’apprécie notamment c’est l’idée de penser la stratégie produit, le fait de réfléchir à ton produit dans tous les détails ; ça va de sa conception à sa commercialisation et on continue à le suivre à travers tout son cycle de vie.

Par exemple, chez Boucheron en joaillerie, le délai de développement s’échelonne sur 1 ans, c’est-à-dire qu’on élabore la collection un an avant. Dans ce cas-là vous avez le temps de connaître votre produit par cœur, l’essentiel de ses traits caractéristiques, vous pouvez vous familiariser avec lui. Ce que j’aime aussi dans cette profession c’est que vous êtes constamment en relation avec l’ensemble des services de l’entreprise, il y a une vraie collaboration entre les différents corps de métiers. »

  • Selon vous, quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

«  Il est important d’être organisé, d’avoir le sens de l’analyse et des priorités, mais aussi de  maitriser certains des outils tels que Excel, qui sont bien souvent essentiels à la pratique du métier.  Vous devez être très réactifs, les priorités peuvent changer du jour au lendemain, donc vous devez vous adapter et bien entendu, avoir  un attrait pour les lignes de produits que vous développez ».

  • La rencontre qui vous a le plus marqué ?

« Mon manager chez Boucheron qui était en fait la chef de produit mariages. Elle remplaçait la chef de produit initiale partie en congé maladie. Elle était jeune, à peu près 26 ans, intelligente et compréhensive avec son équipe. Elle savait vous mettre en confiance, vous poussait à vous dépasser pour aller plus loin dans votre travail et vos réflexions. Elle avait envie de transmettre son expérience et de vous accompagner dans votre développement professionnel ».

 

  • Quelles expériences avez-vous préférées entre Boucheron et Dior ?

« Les deux expériences étaient enrichissantes mais différentes car sur la première je m’occupais de la joaillerie tandis que chez Dior c’était la maroquinerie. C’est vrai qu’il est impossible de comparer ces deux expériences car les produits étaient totalement différents. Mais si je devais en  choisir une, je dirais Boucheron. Nous étions deux stagiaires sur le même poste pour la joaillerie et un autre pour la haute joaillerie, compte tenu du nombre de tâches qu’il nous fallait effectuer.

Le produit était le centre de l’attention, quand on recevait des prototypes, on regardait vraiment dans le détail, il y avait ce soucis du détail ; un rapport aux produits captivant. J’ai vraiment  pu voir comment le produit se comportait sur le marché, l’analyser, c’était très concret ».

  • Comment envisagez-vous la suite de votre carrière professionnelle après vos études?

« J’aimerais effectuer des missions au sein d’une entreprise française à l’étranger en tant que VIE comme Product Manager. Les missions sont généralement de l’ordre de 6 mois, ou bien essayer de trouver un poste en Italie comme assistante chef de produit. Sachant qu’en Italie, avec un diplôme français et déjà plusieurs expériences professionnelles dans le métier ; vous avez un véritable avantage concurrentielle ».

  • Pourquoi l’Italie ?

« J’ai toujours aimé l’Italie, mon grand-père vit là-bas ; de plus dans le milieu de la mode, l’Italien est un gros « plus ». Si vous voulez travailler pour un groupe dont le positionnement sur le marché est au luxe, il est certain qu’un jour ou l’autre  vous traiterez avec des intermédiaires italiens ; notamment pour la qualité de certaines matières premières que l’Italie possède. Par exemple, lorsque je travaillais en tant qu’assistante chef de produit maroquinerie pour Dior, la quasi-totalité de nos intermédiaires étaient italiens. Il est vrai que les meilleurs fournisseurs de peaux pour la maroquinerie sont essentiellement italiens dans le secteur.  Les échanges se faisaient donc dans la langue ».

  • Quels conseils donneriez-vous aux élèves du Master Métiers de la Mode et du textile qui voudraient s’orienter vers le métier de chef de produit ?

«  Je leur dirai qu’il faut qu’ils soient persévérants, qu’ils ne lâchent rien et que c’est leur capacité d’adaptabilité sur le marché qui feront d’eux de bons chefs de produits.

Au cours de mon experience, on m’a souvent demandé de réaliser des documents divers dans le cadre du développement produits ; pour quelques jours plus tard, après des heures de travail sur un document,  revenir sur l’idée première, et devoir changer la quasi intégralité de ce que vous aviez réalisé. Cela peut être frustrant pour certains individus, mais il faut être conscient que sur le marché les choses évoluent constamment. Plusieurs projets peuvent être exécutés par le chef de produit, puis par la suite, être abandonnés.  Bien entendu, cela dépend aussi de la boite dans laquelle vous postulez. Renseignez-vous bien sur l’entreprise et ses produits  avant toutes choses.

Je dirai également qu’il faut avoir le souci du détail, de la patience et savoir travailler sous pression ; mais si vous aimez les aspects du métier vous vous épanouirez réellement. Le chef de produit a beaucoup de projets à gérer en même temps sur une période donnée mais c’est hyper stimulant ! »

Léva Larbi

 

Jean-Charles de Castelbajac, le style sous toutes ses coutures

Focus sur la conférence du 21 octobre 2016 à l’Alcazar de  la ville de Marseille, soulignant l’influence du vestiaire militaire dans la garde-robe civile qui fait suite à la double exposition Mission Mode, Style Croisés dans le département des Bouches du Rhône.


Dirigé par Xavier Landrit et le Capitaine Géraud Seznec, les deux commissaires de l’exposition; nous avons eu le plaisir de rencontrer un incroyable invité : Jean Charles de Castelbajac qui nous a fait part de son expérience mais aussi de l’impact que la tradition textile et l’armé ont sur ses créations.

Après des études à l’école des Beaux-Arts et l’école supérieure des industries du vêtement, Jean Charles de Castelbajac a su très tôt établir un lien entre les différentes formes d’art et la mode. Inspiré de ces expériences personnelles, son art reflète une vision plus fonctionnelle et novatrice du style.

En effet, son style est sans limite, c’est un renouvellement constant qui ne laisse aucune place à la monotonie. Il sait se démarquer et charmer son public, en l’embarquant dans un univers coloré et espiègle où la poésie et l’authenticité se rejoignent pour nous offrir de véritables histoires éternelles.

S’appropriant des éléments dans la société qui l’entoure, ce dernier crée par la transformation et le détournement.

L’artiste mélange, brasse les matières autant que les supports (serpillères, éponges, plaid, toiles cirées, tapisserie…). Ce qui lui confère aussi le titre d’artiste plasticien. Menant ainsi sa propre guérilla créative,  il nous présente un style où le vêtement, protecteur du corps, nous trouble par les matériaux qui le composent.

Son influence du Pop art, de la peinture mais aussi celle de la musique se ressent au travers de ses créations. Notons par exemple le fameux manteau coupé dans une couverture de pensionnaire, le poncho à deux places, le blouson « Teddy bear » ou le vêtement « Bambi » mais également  la chasuble rebrodée de croix multicolore que le Pape Jean Paul II porta à la Journée Mondiale de la Jeunesse et bien d’autres encore…De véritable vêtement œuvre d’art !

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Décontractée, sophistiquée et souvent Arty, c’est ainsi que se décrit la femme Castelbajac Paris.

Anticonformiste, ce talentueux polychrone a pour habitude de dessiner des anges à la craie dans certaines rues, il est aussi impliqué dans la cause environnementale, et a réalisé en 2015, une fresque couvrant une façade de l’aéroport d’Orly à l’occasion de la COP21.

14796102_10208951713444053_1227666366_oFresque Orlove par Castelbajac, aéroport d’Orly/ Les anges à la craie


Retour sur l’humilité d’un artiste hors du commun :

 Mission Mode

Jean Charles de Castelbajac est issu d’une famille militaire, « quand on naît Castelbajac on naît avec un casque sur la tête » comme on dirait !  Il a su, de manière habile, allier l’industrie du textile et l’armée et c’est dès les années 70 qu’il se lance dans la création de  vêtements en camouflage, marquant une rupture avec les autres créateurs qui faisaient à l’époque du romantique.

 La tenue fonctionnelle

Passionné par l’histoire militaire et ses personnages héroïques, son inspiration vient de son enfance. JCDC aime détourner les objets de leur fonction première pour se les réapproprier : sa première expérience fut la renaissance de sa couverture de pensionnaire afin qu’elle puisse protéger sous une autre forme, les autres, comme elle a su autrefois si bien le protéger.

Il y a une réelle recherche d’utilité à travers l’innovation ; la fonctionnalité du vêtement reste une part essentielle de ses créations ; citons par exemple la capuche roulée ou le vêtement porte bébé.

Il privilégie aussi l’aspect curatif du vêtement à travers l’utilisation des bandes chirurgicales Velpeau pour créer certaines de ses robes.

Le vêtement intriguant

« Je ne crée pas le vêtement pour qu’il soit beau mais qu’il trouble » a-t-il dit lors de la conférence.

Cet artiste n’a cessé de surprendre en travaillant avec divers corps de métiers et des artistes tels que : les Sex Pistols, Lady Gaga,  Max Mara ou encore Vivienne Westwood.

 L’habit sentimental

Selon lui, être un bon créateur requiert de présenter une partie de son âme, « les vêtements sont des émotions traduites ». Nous sommes tous empreint d’une histoire chargée sentimentalement et c’est ce qui fait notre spécificité.

Doté d’une grande sagesse, il nous a fait part d’une phrase que nous aimerions vous partager : « on voit le vêtement comme le paraître mais quand quelqu’un disparait on garde de lui son vêtement, il est la seule chose qu’il nous reste ».

Son avis sur la mode actuelle

Comme le dirait Emmanuel Kant « Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts, aveugles » et c’est bien le message qui nous a été transmis lors de cette conférence. Selon JCDC artiste anti-mode mais prostyle, le marketing quasi omniprésent dans la mode a tendance à brimer certains créateurs  avec une saturation de signaux visuels. « Il faut que les fenêtres s’ouvrent et qu’elles libèrent les papillons » nous dit-il de manière poétique.

Tel un enfant qui n’aurait de limite à son imagination, il est certain que Jean-Charles de  Castelbajac continuera de nous surprendre par ses œuvres et ses idées.

 

Marion Jourdan & Léva Larbi

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