Mode In Marseille

Le blog des étudiants du Master Métiers de la Mode et du Textile

Catégorie : NOS RENCONTRES (Page 1 sur 4)

Frédéric Barret : Directeur de marque Wiko à l’international

C’est au cours des mois de septembre à novembre 2016 que les élèves du Master 1 Métier de la Mode et du Textile ont eu l’occasion de discerner les techniques du Marketing qui sont essentielles au monde professionnel.

Avec l’intervention de Frédéric Barret ; directeur de la Marque Wikoo à l’international ;  ce sont les méthodes, les process du Marketing  mais aussi l’importance de la rigueur dans les échanges qui ont été soulignés.

En effet, dans une entreprise, tout comme dans la vie quotidienne, il est indispensable de comprendre ses interlocuteurs pour que le message soit clair et compris de tous ; mais aussi d’être curieux et de s’impliquer. Et c’est ce que Frédéric Barret a tenté de nous communiquer.

Nous avons voulu en savoir un peu plus sur lui, sur son parcours, son métier et ses responsabilités ; voici ce qu’il nous a répondu :

  • Quel cursus avez-vous suivi ?

« Après avoir réalisé une classe préparatoire scientifique, j’ai intégré une école d’ingénieur puis un mastère spécialisé en Marketing en Ecole de Commerce ».

  • Quel est votre secteur d’activité ?

«  Je travaille dans une startup française devenue maintenant une PME et qui a  une activité internationale ; spécialisée dans les smartphones et les objets connectés ».

  • Quel est le nom du poste (métier, responsabilités, hiérarchie) que vous occupez dans votre entreprise ?

« Je suis Directeur de Marque International au sein du service Marketing International de Wiko. Je suis en charge de 3 missions principales :

  • La stratégie internationale de la marque et tous ses outils identitaires
  • Les campagnes de communication internationales

Ainsi que tous les plans de lancements de produits, qu’ils soient stratégiques ou tactiques ».

  • Avez-vous choisi ce travail par passion ?

« Même si je ne suis pas un «geek», j’ai un vrai intérêt pour les technologies et les outils numériques. Le marketing ayant clairement évolué depuis que j’ai commencé à travailler, pouvoir faire ce métier au cœur du réacteur digital est justement passionnant ».

  • Selon vous, quelles sont les qualités requises pour être exercé votre métier ?

« Pour moi il y en a 3 :

  • La rigueur
  • L’esprit d’analyse
  • La créativité

      La rigueur et l’esprit d’analyse car contrairement à ce que l’on peut penser, construire une stratégie marketing cohérente s’appuie avant tout sur une capacité à parfaitement comprendre le marché et identifier les besoins des consommateurs. On peut considérer cette approche scolaire et à moins d’un coup de chance, ce n’est jamais intuitif.

      La créativité parce qu’une fois que le besoin est identifié et que l’angle d’attaque sur le marché est défini, il est nécessaire d’apporter quelque chose de nouveau que ce soit via l’innovation, les outils de communication, le ton… Et cette créativité ne s’apprend pas à l’école. C’est une créativité qui s’appuie sur une curiosité permanente partout, tout le temps ».

  • Quels sont les aspects les plus intéressants, selon vous ?
  • les moins ?

« Honnêtement c’est une question difficile parce que tout peut être intéressant dans le métier: de l’analyse à la finalisation du projet. Bref sur toutes les étapes. C’est un métier central qui permet d’avoir des contacts avec de nombreux services dans l’entreprise mais aussi avec les agences…

      C’est aussi un métier qui nécessite de se renouveler sans cesse. Par exemple, l’arrivée du Digital a complètement révolutionné ce métier dans les années 2000 et il a fallu non seulement s’adapter mais complètement changer notre manière de penser et de construire une stratégie marketing. Et aujourd’hui, on ne parle même plus de stratégie digital centric mais plutôt de smartphone centric car les outils de mobilités sont devenus les 1ers outils d’accès au web, et inévitablement ça change le comportement des consommateurs, et l’expérience qu’on peut leur donner.

Les moins, c’est peut-être les timings… On doit souvent travailler dans l’urgence et sous pression mais ça aussi, avec l’expérience on apprend à le gérer ».

  • Quels conseils donneriez-vous pour accéder à ce type de métier, au regard de votre parcours? 

« Dans un 1er temps avoir une expérience internationale qu’elle soit étudiante ou professionnelle.

      Ensuite, mais peut-être suis-je déformé par mon parcours de ce type, les méthodes de base du marketing s’acquièrent très vite et bien dans les grands groupes internationaux. C’est un apprentissage qui après, peut permettre d’évoluer dans des structures plus petites, plus agiles et sentir immédiatement sa valeur ajoutée ».

  • Pourquoi avez-vous accepté d’intervenir au sein du Master métier de la Mode et du textile de l’Université Aix-Marseille ?

« Il y a un constat : je suis très surpris que lorsque des jeunes diplômés, quelle que soit leur parcours, arrivent dans un service marketing et ne connaissent pas les méthodes de base du marketing. Ils ont une vision très générale et très théorique du marketing qui leur est enseignée.

      Donc j’ai voulu à la fois leur apprendre ces méthodes de base, qui leur permettront de se différencier lors des entretiens.

Et c’est encore plus vrai dans les métiers de la mode où ils vont évoluer dans un univers avec des profils très créatifs, voire même artistiques avec qui il faudra échanger et construire un objectif commun. Et seule la rigueur peut compléter avec efficacité la richesse créative des designers et de leurs équipes.

Et de manière égoïste, c’est également un challenge personnel. Les étudiants ne laissent rien passer… C’est donc aussi se mettre en danger. Se retrouver face à eux pendant plusieurs heures, c’est une manière de tester sa capacité à maintenir l’attention, à faire passer des messages, et je l’espère, à les aider à se projeter dans leur carrière… ».

  • Quelle vision, quel aspect, du monde professionnel leur avez-vous transmis ? dans quel but ?

 « J’ai voulu prouver que le marketing est un métier de rigueur. Que comme tous les métiers, tout le monde n’a pas de compétences marketing: ce n’est pas parce que tout le monde est capable de donner un avis sur une campagne de pub, que tout le monde est capable de faire du marketing. C’est très facile de réagir devant une publicité et de dire n’importe quoi, alors que devant un tableau financier, à moins d’être dans la finance, tout le monde se tait !

      J’espère aussi leur avoir fait comprendre que la curiosité est une clé de ce métier et que c’est en regardant ce qu’il se passe dans tous les secteurs – au-delà de la mode – que l’on identifie des best practices ou des nouvelles méthodes ».

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Léva Larbi

Galeries Clandestines: le nouveau e-shop expressif de la mode méditerranéenne

Lancé le 14 novembre 2016 à Marseille par deux jeunes phocéennes Emmanuelle SIMON et Cora BOUVIER; le nouveau e-shop révélateur des marques ambassadrices de la mode méditerranéenne porte le nom de Galeries Clandestines (galeriesclandestines.com). Un nom saisissant accompagné d’un logo codé en morse pour mettre en avant les créations glocales de talentueux créateurs.

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 Née d’une passion commune pour la mode, le site, coréalisé avec l’agence Activist studio nous propose une mode indomptable où le savoir-faire des créateurs se conjuguent  à la qualité des produits proposés.

Inscrit dans une démarche de Slow Fashion, Galeries Clandestines, expose cette mode libre du sud, cet anticonformisme méditerranéen aux influences culturelles multiples.  Son interface se présente au travers d’un site clair et structuré qui a pour effet d’emporter le visiteur dans l’univers de ses deux conceptrices. Un univers ou la mode du sud bien plus qu’une simple alternative à celle du nord, à toute sa place et le fait savoir !

L’accent est mis sur la nitescence des créations, sur le partage et la transmission. Avec un webdesign épuré, les informations importantes de cette nouvelle plateforme de distribution sont efficacement visibles.

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Exploitant le potentiel de ce melting-pot méditerranéen, il ne fait aucun doute que le site est le produit d’une véritable démarche multiculturelle qui tend à fédérer toute une communauté autour du Slow Fashion.  D’un point de vue général, l’utilisateur n’a pas besoin de naviguer parmi de nombreuses pages pour trouver l’information qu’il recherche, puisque le design de la page fluidifie l’expérience utilisateur.  La mise en marché des produits est ainsi limpide ; permettant à l’internaute de trouver efficacement ce dont il a besoin, notamment au travers d’un lookbook reprenant les nouvelles collections des créateurs partenaires du site, et ce, pour chaque saison.

Au sein de Galeries Clandestines vous retrouverez des marques tels que ESPIGAS, VADI JEWELS, KODDES, MADEMOISELLE SOCIALISTE, LES MIDINETTES, STOCKHOLM SYNDROME ou encore LEI 1984, REGENT WOOD et bien d’autres encore, qui tous ensemble, contribuent à faire de la méditerranée, une terre d’inspiration pour la Mode.

Pour en savoir plus nous vous invitons à vous rendre à la soirée officielle de lancement : Les nuits Clandestines qui aura lieu le 20 décembre de 18H à 01H en partenariat avec le Collectif Borderline au 26 rue de la République 13001 Marseille.

Léva Larbi

 

 

LES RENCONTRES DE LA MODE: LA VILLA MÉDITERRANÉE

Étalé sur deux jours à la Villa Méditerranéenne, du 15 au 16 Novembre 2016 à Marseille; cinq personnalités du monde de la mode se sont succédées afin de nous faire part de leur parcours et d’en partager les moments forts tout en abordant les enjeux économiques actuels liés au développement et à la pérennité de leurs activités. Organisé par ses cinq intervenants: Jina Luciani, Dominique Barbiery, Yvann Pluswka et Vincent Faraco & Marijke ZIJLSTRA; mais aussi la Villa Méditerranée et son Directeur Bernard Valéro; ainsi que la Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode (MMMM) et son président Matthieu Gamet, mais aussi Aix-Marseille Université et son Directeur des Études Roland Kazan avec l’aide du BDE du master, les rencontres de la mode furent une expérience très enrichissante. Retour sur ces deux journées riches en partage de connaissance.

  • Jina Luciani

Jina Luciani, libanaise ayant fait ses preuves à New York dans le milieu de la mode, et particulièrement dans la lingerie où elle est spécialisée depuis près de 10 ans, a trouvé accueil en Provence où elle décidera d’y lancer sa marque de « loungewear » et de lingerie.

Occidente créée depuis 2008 est la transcription de sa vision de la vie en Méditerranée, une vie à la fois trépidante et exaltante rythmée par un quotidien lui plus paisible et serein. C’est ce mode de vie qu’elle essaye d’insuffler à travers sa marque qui est d’autant plus en lien avec notre génération soucieuse des questions environnementales et regardantes quant à la composition et la provenance de ce qu’elle achète. Occidente qui détient le label GOTS et Oeko Tex se veut devenir votre seconde peau grâce à ses fibres naturelles et écologiques. C’est ce subtile équilibre entre esthétique et éthique qui fait le succès et la reconnaissance d’Occidente à travers les 15 pays où elle est distribuée.

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  • Dominique Barbiery

Directeur Général des Métiers d’Arts, filiale de la Maison Chanel, Paraffection, nous fait découvrir ou redécouvrir, l’histoire de Lesage, Desrues, Lemarié, Maison Michel, Massaro, Gooseens ou Guillet… Ces 11 maisons au savoir-faire d’exception, de la broderie à l’orfèvrerie en passant par la dentelle qui ont été rachetées et regroupées par Chanel. Que vous soyez familier ou novice de l’histoire de ces métiers artisanaux liés à la Haute Couture, il nous fait part de sa connaissance en toute simplicité en nous amenant littéralement dans les coulisses de la plus grande maison de mode, Chanel. Avec un discours rythmé d’anecdotes.

On y apprend, faute de s’y méprendre que Paraffection n’est pas une œuvre de mécénat, bien que la plupart des rachats se sont faits « par affection » comme le mentionne si bien Monsieur Barbiery. Il s’agit ici d’une stratégie visant à regrouper tous les corps de métiers qui ont fait la renommé de Chanel et d’en conserver ces savoir faire pour les transmettre aux générations futures afin de toujours maintenir cet avantage concurrentiel.

L’enjeux est également d’ordre économique, Paraffection travaille pour 60% avec Chanel mais détient de nombreux autres clients, elle détient aussi une dimension protectionniste et conservatrice de nos savoirs-faire nationaux et régionaux face aux rachats de grands groupes étrangers. Ce que l’on retient c’est que Chanel fait figure d’exemple en soutenant ces arts artisanaux, face aux nouvelles technologies, qui pourraient disparaitre si un réel travail de transmission de capital social n’a pas lieu.

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Pour le deuxième et dernier jour du Cycle des Rencontres de la Mode, nous avons eu la chance d’accueillir encore trois fortes personnalités de l’univers méditerranéen mode et cosmétique.

  •   Yvann Pluskwa  

Cet architecte nous a parlé de l’architecture en règle générale mais surtout de l’architecture appliquée à notre domaine de prédilection : la mode. Ses auteurs de référence ne sont autres que Georges Vigarello ou encore Hannah Arendt ; pour lui, l’architecture, au-delà d’être un abri pour le corps, est un abri pour les rêves…

Il a organisé sa conférence autour de l’expérience sensorielle que doit avoir un espace sur son visiteur en nous montrant ses différents travaux pour des marques comme American Vintage, Sugar, Reiko ou encore Stella Forest. Il définit ce travail apporté aux différentes marques comme un « écrin » pour mettre en valeur le plus joliment possible les pièces de la marque. Sa démarche artistique auprès des différents espaces qui lui sont proposés s’inspire de l’imaginaire de la marque à travers l’univers et les produits de celles-ci.

Pour American Vintage par exemple, il donnera les mots : pureté, féminité, délicatesse, impétuosité et vitalité comme base poétique à son travail.

Grâce à Yvann Pluskwa nous avons tous pu prendre conscience de l’importance et de l’impact qu’a l’architecture d’un lieu de vente sur l’idée que l’on se fera de la marque.

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  • Vincent Faraco & Marijke Zijlstra

Changement de décor et direction St Rémy de Provence avec la marque Végétalement Provence qui nous a été présenté par un de ses co-fondateurs Vincent Faraco et de son assistante Communication, Marijke Zijlstra.

Cette fois-ci nous parlons cosmétique, mais pas cosmétique classique car il s’agit là d’une marque basée sur les bienfaits des huiles végétales et essentielles de notre Sud. La marque prône le beau produit, le beau service et le bon sens !

Tous les produits sont proposés aux particuliers mais aussi et surtout aux professionnels de la beauté.

Trop souvent victimes d’allergies ou encore d’asthmes dans leurs salons, les coiffeurs se tournent désormais vers la cosmétique organique, et ça tombe bien Végétalement Provence a créé pour eux toute une gamme de shampoings entièrement faits avec des plantes. Ils sont d’ailleurs les leaders organiques sur le plan international.

Étant tous les deux passionnés par les métiers de la beauté, ils ont également créé une Académie Internationale en Provence qui forme les professionnels de la beauté.

Leur groupe « Universal Beauty Group » regroupe 3 marques distinctes : Végétalement Provence pour les cosmétiques, Delabre & Faraco pour les accessoires et Kusunoki pour la coupe (ciseaux par exemple).

La générosité de Vincent Faraco a été salué par tout le monde aujourd’hui, alors servons nous de cette phrase qu’il a prononcé pour conclure ces deux journées de rencontres et d’échanges : « on est plus riches en donnant ».

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Mathilde CORBIÈRE & Annissa BERKANI

 

Rencontre avec Léa Perret

Anciennement, assistante chef de produit joaillerie pour BOUCHERON et assistante chef de produit maroquinerie pour DIOR.

lea-photoActuellement en dernière année d’étude supérieur en Master 2 à l’université de Parme au sein du programme management grande école de Grenoble, pour l’obtention d’un double diplôme ;  Léa Perret, force de caractère et ambitieuse, nous livre au travers de cette interview son expérience professionnelle en tant qu’assistante chef de produit. Adroite, cette dernière a travaillé pour deux grandes maisons : Boucheron et Dior ; son portrait nous dépeint l’environnement dans lequel      elle a évolué et les aspects de la profession.

  • Parlez-nous un peu de vous ; quand avez-vous commencé votre expérience de chef de produit ?

« J’ai 23 ans, après mon baccalauréat dans la région clermontoise, je suis partie à Nice  pour y faire un DUT techniques de commercialisation. J’ai ensuite réalisé une Licence science de gestion et intégré un programme grande école à Grenoble, dans une école de management. Actuellement je suis à l’université de Parme en Italie ; j’effectue ma dernière année d’étude qui me délivrera un double diplôme, celui de l’université d’Italie et  celui de mon école en France.

Ma première experience d’assistante chef de produit je l’ai commencé en septembre dernier. J’ai décidé d’effectuer une année de césure pour m’accorder l’opportunité d’acquérir une experience professionnelle supplémentaire dans un métier qui me paraissait passionnant et dans lequel j’aurais pu mettre à profit les compétences que j’ai acquises lors de mes formations. Après avoir postulé à une annonce et passé les entretiens de recrutement ; je suis rentrée chez Boucheron en tant qu’assistante chef de produit joaillerie et je suis partie m’installer  à Paris. C’était tout nouveau pour moi et très enthousiasment.

Je suis restée 6 mois dans l’entreprise et par la suite j’ai rejoint DIOR pour 6 mois en tant qu’assistante chef de produit développement maroquinerie».

  • Que préférez-vous dans ce travail ?

«  Ce qui est particulièrement excitant dans un tel métier que celui du chef de produit, c’est le rapport que l’on entretient avec le produit. Ce que j’apprécie notamment c’est l’idée de penser la stratégie produit, le fait de réfléchir à ton produit dans tous les détails ; ça va de sa conception à sa commercialisation et on continue à le suivre à travers tout son cycle de vie.

Par exemple, chez Boucheron en joaillerie, le délai de développement s’échelonne sur 1 ans, c’est-à-dire qu’on élabore la collection un an avant. Dans ce cas-là vous avez le temps de connaître votre produit par cœur, l’essentiel de ses traits caractéristiques, vous pouvez vous familiariser avec lui. Ce que j’aime aussi dans cette profession c’est que vous êtes constamment en relation avec l’ensemble des services de l’entreprise, il y a une vraie collaboration entre les différents corps de métiers. »

  • Selon vous, quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

«  Il est important d’être organisé, d’avoir le sens de l’analyse et des priorités, mais aussi de  maitriser certains des outils tels que Excel, qui sont bien souvent essentiels à la pratique du métier.  Vous devez être très réactifs, les priorités peuvent changer du jour au lendemain, donc vous devez vous adapter et bien entendu, avoir  un attrait pour les lignes de produits que vous développez ».

  • La rencontre qui vous a le plus marqué ?

« Mon manager chez Boucheron qui était en fait la chef de produit mariages. Elle remplaçait la chef de produit initiale partie en congé maladie. Elle était jeune, à peu près 26 ans, intelligente et compréhensive avec son équipe. Elle savait vous mettre en confiance, vous poussait à vous dépasser pour aller plus loin dans votre travail et vos réflexions. Elle avait envie de transmettre son expérience et de vous accompagner dans votre développement professionnel ».

 

  • Quelles expériences avez-vous préférées entre Boucheron et Dior ?

« Les deux expériences étaient enrichissantes mais différentes car sur la première je m’occupais de la joaillerie tandis que chez Dior c’était la maroquinerie. C’est vrai qu’il est impossible de comparer ces deux expériences car les produits étaient totalement différents. Mais si je devais en  choisir une, je dirais Boucheron. Nous étions deux stagiaires sur le même poste pour la joaillerie et un autre pour la haute joaillerie, compte tenu du nombre de tâches qu’il nous fallait effectuer.

Le produit était le centre de l’attention, quand on recevait des prototypes, on regardait vraiment dans le détail, il y avait ce soucis du détail ; un rapport aux produits captivant. J’ai vraiment  pu voir comment le produit se comportait sur le marché, l’analyser, c’était très concret ».

  • Comment envisagez-vous la suite de votre carrière professionnelle après vos études?

« J’aimerais effectuer des missions au sein d’une entreprise française à l’étranger en tant que VIE comme Product Manager. Les missions sont généralement de l’ordre de 6 mois, ou bien essayer de trouver un poste en Italie comme assistante chef de produit. Sachant qu’en Italie, avec un diplôme français et déjà plusieurs expériences professionnelles dans le métier ; vous avez un véritable avantage concurrentielle ».

  • Pourquoi l’Italie ?

« J’ai toujours aimé l’Italie, mon grand-père vit là-bas ; de plus dans le milieu de la mode, l’Italien est un gros « plus ». Si vous voulez travailler pour un groupe dont le positionnement sur le marché est au luxe, il est certain qu’un jour ou l’autre  vous traiterez avec des intermédiaires italiens ; notamment pour la qualité de certaines matières premières que l’Italie possède. Par exemple, lorsque je travaillais en tant qu’assistante chef de produit maroquinerie pour Dior, la quasi-totalité de nos intermédiaires étaient italiens. Il est vrai que les meilleurs fournisseurs de peaux pour la maroquinerie sont essentiellement italiens dans le secteur.  Les échanges se faisaient donc dans la langue ».

  • Quels conseils donneriez-vous aux élèves du Master Métiers de la Mode et du textile qui voudraient s’orienter vers le métier de chef de produit ?

«  Je leur dirai qu’il faut qu’ils soient persévérants, qu’ils ne lâchent rien et que c’est leur capacité d’adaptabilité sur le marché qui feront d’eux de bons chefs de produits.

Au cours de mon experience, on m’a souvent demandé de réaliser des documents divers dans le cadre du développement produits ; pour quelques jours plus tard, après des heures de travail sur un document,  revenir sur l’idée première, et devoir changer la quasi intégralité de ce que vous aviez réalisé. Cela peut être frustrant pour certains individus, mais il faut être conscient que sur le marché les choses évoluent constamment. Plusieurs projets peuvent être exécutés par le chef de produit, puis par la suite, être abandonnés.  Bien entendu, cela dépend aussi de la boite dans laquelle vous postulez. Renseignez-vous bien sur l’entreprise et ses produits  avant toutes choses.

Je dirai également qu’il faut avoir le souci du détail, de la patience et savoir travailler sous pression ; mais si vous aimez les aspects du métier vous vous épanouirez réellement. Le chef de produit a beaucoup de projets à gérer en même temps sur une période donnée mais c’est hyper stimulant ! »

Léva Larbi

 

Jean-Charles de Castelbajac, le style sous toutes ses coutures

Focus sur la conférence du 21 octobre 2016 à l’Alcazar de  la ville de Marseille, soulignant l’influence du vestiaire militaire dans la garde-robe civile qui fait suite à la double exposition Mission Mode, Style Croisés dans le département des Bouches du Rhône.


Dirigé par Xavier Landrit et le Capitaine Géraud Seznec, les deux commissaires de l’exposition; nous avons eu le plaisir de rencontrer un incroyable invité : Jean Charles de Castelbajac qui nous a fait part de son expérience mais aussi de l’impact que la tradition textile et l’armé ont sur ses créations.

Après des études à l’école des Beaux-Arts et l’école supérieure des industries du vêtement, Jean Charles de Castelbajac a su très tôt établir un lien entre les différentes formes d’art et la mode. Inspiré de ces expériences personnelles, son art reflète une vision plus fonctionnelle et novatrice du style.

En effet, son style est sans limite, c’est un renouvellement constant qui ne laisse aucune place à la monotonie. Il sait se démarquer et charmer son public, en l’embarquant dans un univers coloré et espiègle où la poésie et l’authenticité se rejoignent pour nous offrir de véritables histoires éternelles.

S’appropriant des éléments dans la société qui l’entoure, ce dernier crée par la transformation et le détournement.

L’artiste mélange, brasse les matières autant que les supports (serpillères, éponges, plaid, toiles cirées, tapisserie…). Ce qui lui confère aussi le titre d’artiste plasticien. Menant ainsi sa propre guérilla créative,  il nous présente un style où le vêtement, protecteur du corps, nous trouble par les matériaux qui le composent.

Son influence du Pop art, de la peinture mais aussi celle de la musique se ressent au travers de ses créations. Notons par exemple le fameux manteau coupé dans une couverture de pensionnaire, le poncho à deux places, le blouson « Teddy bear » ou le vêtement « Bambi » mais également  la chasuble rebrodée de croix multicolore que le Pape Jean Paul II porta à la Journée Mondiale de la Jeunesse et bien d’autres encore…De véritable vêtement œuvre d’art !

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Décontractée, sophistiquée et souvent Arty, c’est ainsi que se décrit la femme Castelbajac Paris.

Anticonformiste, ce talentueux polychrone a pour habitude de dessiner des anges à la craie dans certaines rues, il est aussi impliqué dans la cause environnementale, et a réalisé en 2015, une fresque couvrant une façade de l’aéroport d’Orly à l’occasion de la COP21.

14796102_10208951713444053_1227666366_oFresque Orlove par Castelbajac, aéroport d’Orly/ Les anges à la craie


Retour sur l’humilité d’un artiste hors du commun :

 Mission Mode

Jean Charles de Castelbajac est issu d’une famille militaire, « quand on naît Castelbajac on naît avec un casque sur la tête » comme on dirait !  Il a su, de manière habile, allier l’industrie du textile et l’armée et c’est dès les années 70 qu’il se lance dans la création de  vêtements en camouflage, marquant une rupture avec les autres créateurs qui faisaient à l’époque du romantique.

 La tenue fonctionnelle

Passionné par l’histoire militaire et ses personnages héroïques, son inspiration vient de son enfance. JCDC aime détourner les objets de leur fonction première pour se les réapproprier : sa première expérience fut la renaissance de sa couverture de pensionnaire afin qu’elle puisse protéger sous une autre forme, les autres, comme elle a su autrefois si bien le protéger.

Il y a une réelle recherche d’utilité à travers l’innovation ; la fonctionnalité du vêtement reste une part essentielle de ses créations ; citons par exemple la capuche roulée ou le vêtement porte bébé.

Il privilégie aussi l’aspect curatif du vêtement à travers l’utilisation des bandes chirurgicales Velpeau pour créer certaines de ses robes.

Le vêtement intriguant

« Je ne crée pas le vêtement pour qu’il soit beau mais qu’il trouble » a-t-il dit lors de la conférence.

Cet artiste n’a cessé de surprendre en travaillant avec divers corps de métiers et des artistes tels que : les Sex Pistols, Lady Gaga,  Max Mara ou encore Vivienne Westwood.

 L’habit sentimental

Selon lui, être un bon créateur requiert de présenter une partie de son âme, « les vêtements sont des émotions traduites ». Nous sommes tous empreint d’une histoire chargée sentimentalement et c’est ce qui fait notre spécificité.

Doté d’une grande sagesse, il nous a fait part d’une phrase que nous aimerions vous partager : « on voit le vêtement comme le paraître mais quand quelqu’un disparait on garde de lui son vêtement, il est la seule chose qu’il nous reste ».

Son avis sur la mode actuelle

Comme le dirait Emmanuel Kant « Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts, aveugles » et c’est bien le message qui nous a été transmis lors de cette conférence. Selon JCDC artiste anti-mode mais prostyle, le marketing quasi omniprésent dans la mode a tendance à brimer certains créateurs  avec une saturation de signaux visuels. « Il faut que les fenêtres s’ouvrent et qu’elles libèrent les papillons » nous dit-il de manière poétique.

Tel un enfant qui n’aurait de limite à son imagination, il est certain que Jean-Charles de  Castelbajac continuera de nous surprendre par ses œuvres et ses idées.

 

Marion Jourdan & Léva Larbi

Rencontre avec Safir Boukhalfa – Assistant Acheteur chez Zalando (Allemagne)

Après avoir fait ses classes auprès de Le New Black, Etudes Studio et plus récemment Voo Store, l’acheteur en devenir Safir Boukhalfa, nous livre au fil de cette interview un authentique récit de son parcours. Instinctif, notre portrait du jour raconte le monde de la mode sous un prisme quelque peu « digitalisé », comme pour remercier cet aspect de la profession qui le porte depuis tant d’années. On l’écoute :

 

  • Parlez-nous de vos années lycée, votre parcours scolaire… L’aviez-vous articulé de sorte de vous retrouver dans l’industrie textile ?

 

Au lycée, j’étais un peu la risée de la plupart des garçons parce que justement, j’essayais de m’habiller correctement et d’avoir des aspirations quant à l’avenir.

Je n’en garde pas particulièrement souvenir, j’ai l’impression que bien que mon intérêt pour la mode ait toujours été la, je ne me suis rendu compte du potentiel que j’avais qu’à partir de l’université: quand les réseaux sociaux ont commencé à se développer et que la mode est devenue plus simple d’accès.

J’ai étudié les langues et la publicité, dans l’idée d’avoir toujours un lien direct au monde du travail et d’avoir la possibilité de vivre ailleurs assez rapidement. J’ai eu ma première expérience a l’étranger en Espagne, à Malaga, et c’est là que je me suis rendu compte que la mode, ce n’était pas seulement a Paris que ça se passait, et qu’on pouvait trouver dans chacune des villes des particularités propres et un style bien défini.

 

  • Racontez-nous vos différents stages en entreprise :

 

J’ai fait mon premier stage assez tard, en dernière année de licence. Je voulais que ce soit dans la mode, et je voulais que ce soit quelque chose de moins discriminant que les grandes marques dont on nous parle depuis que l’on est enfant. J’ai donc postulé chez Poulain & Proust, en tant qu’assistant attache de presse mode. Je me suis bien amusé je dois admettre, j’ai travaillé avec beaucoup de budgets, beaucoup de marques aux attentes bien différentes. J’ai organisé des évènements, rédigé des communiqués de presse, des newsletters, etc. C’était assez drôle comme période, mais je me suis vite rendu compte que les PR, ce n’était vraiment pas pour moi!

 

Mon second stage, je l’ai fait chez Le New Black, et là, pour le coup, c’était une révolution pour moi! J’y étais en tant que Webmarketeur, et c’était pour le coup l’entrée dans la cour des grands. Le New Black, c’est l’innovation par excellence, c’est une plateforme en ligne, qui permet de créer un lien direct entre acheteurs et marques du monde entier, par le biais de showrooms virtuels. Non seulement, le concept m’a ouvert l’esprit, mais en plus, travailler avec des marques telles que Andrea Crews, Kenzo, AMI, Rodebjer, Etudes Studio, and so on, m’a propulsé à la pointe de la mode parisienne. C’est chez eux que ma culture mode a pris toute son ampleur, chaque matin, je devais lire en arrivant pendant une heure l’actualité mode, et croyez-moi, ça a change mon approche. L’atmosphère était intéressante aussi, bien que seulement stagiaire à l’époque, ma bosse, Vidya Narine, m’a offert la chance pendant plusieurs saisons d’assister a tous les défilés auxquels elle-même était invitée, à tous les showrooms, tradeshows, etc. Le moment où je me suis rendu compte que tout ça, ça en valait la peine, c’est quand j’ai assisté au défilé d’Issey Miyake pour SS13 je crois, ou SS14 peut-être c’était il y a longtemps déjà. Assister au défilé du designer qui a inspiré ma vocation m’a permis de prendre confiance en moi, et de réaliser que je pouvais aller loin.

 

C’est directement après Le New Black que j’ai rencontré le Directeur Commercial d’Etudes Studio justement, et c’est là que j’ai fait mon dernier stage. J’ai été pris en tant qu’Assistant Wholesales et mon quotidien était de traiter avec les acheteurs des meilleurs magasins mondiaux, gérer leurs invoices, les démarcher, organiser le showroom pendant la Fashion Week, les rendez-vous et créer une relation durable. Je suis arrivé en fonction durant une période commerciale un peu creuse, du coup je me suis aussi glissé au sein de l’équipe stylisme, et c’est là que j’ai organisé différents shootings, le défilé de la saison (calendrier officiel de Paris, juste inconcevable pour moi a l’époque), les fittings, castings, etc.

 

  • Dans quel type d’entreprise travaillez-vous ? Le Voo Store c’est un peu le Colette allemand non ?

 

Je viens en fait de terminer chez Voo Store, mais je vous expliquerai à la fin de l’interview ce que je fais maintenant.

Voo Store, c’est un peu le Colette allemand, mais en mieux. C’est plus cool, c’est plus détendu, c’est plus street. C’est une sélection qui reflète parfaitement ce que j’aime dans la mode. Quand Herbert et Thibaud achètent, ils achètent des choses qui semblent ne pas aller ensemble évidemment. Et quand on a les pièces en main, on se rend compte du potentiel de la rencontre entre une veste Marni qui coutera plus de 1 000 euros, un tee-shirt de la marque Carne Bollente qui offre un message sulfureux pour environ 65€, un pantalon à la coupe parfaite de chez Joseph pour quelques 200 euros, et des vieilles TN de Nike pour environ 140 euros. C’est ça qui fait la différence entre Voo Store et un Colette parisien, pas besoin de gagner 75K pour pouvoir s’offrir certaines choses qui seront en fait, vraiment cool.

 

  • Actuellement quel poste y occupez-vous ?

 

Avant de démissionner, j’y étais Online Manager et Farfetch Relations Manager.

 

  • Quelles étaient vos tâches au quotidien ?

 

Je me suis occupé de l’order process, product upload, merchandising, reordering, marketing, etc. C’était une position tellement large que je me suis donc retrouvé à la tête d’un magasin en ligne, avec une équipe à gérer, des deadlines, et des challenges constants! Comme par exemple, quand j’ai du organiser le shoot de la collab entre Nike et Olivier Rousteing. J’ai du synchroniser Porto (là ou est basée la production de Farfetch, Berlin (avec notre photographe), et Londres (là ou sont les éditeurs de Farfetch) et tout ceci en 5 jours. C’est ce qui m’a le plus plu chez Voo, les challenges, encore et encore.

 

  • A la suite de vos stages en région parisienne, Le Voo Store était en fait votre premier réel emploi, un choix animé par la passion ?

 

Bien sûr! Passion et admiration. Avant de postuler, je connaissais la boutique sur les réseaux sociaux. Mais je connaissais surtout le travail de trois personnes au sein de la boite qui m’ont pousse a postuler, dans l’idée de pouvoir travailler avec eux. Thibaud, par exemple, est acheteur chez Voo, mais a aussi un blog qui cartonne avec son mec, Devid, ca s’appelle Starecasers. Rita, elle, est la photographe officielle de Voo, mais c’est aussi une artiste reconnue, elle a déjà plusieurs livres a son actif, et des features dans les meilleurs magazines mondiaux genre Dazed, Id-Vice. Et ensuite Herbert, Head of Buying chez Voo, mais aussi directeur artistique et dont la vision avant-garde, m’a toujours un peu fait rêver!

 

  • Un mot sur la consécration de l’e-business aujourd’hui :

 

Pourquoi se déplacer jusqu’en magasin, quand les online stores offrent le même service, en version améliorée? Free shipping, -10%, les offres et campagnes vous poussent à l’achat, mais tout en vous offrant des avantages, en vous rendant spécial.

 

  • Vous parlez anglais, espagnol et arabe et vous ne maitrisiez pas l’allemand avant votre départ pour Berlin, comment l’apprentissage se déroule ?

 

C’est probablement la langue la plus dure que j’ai pu vouloir apprendre. Mais je dois dire que j’aime vraiment aller en cours, faire des progrès et apprendre encore et encore. La plupart des étrangers vous diront que l’allemand est rude, qu’il sonne mal. Je ne suis pas d’accord, la fonction première de la langue allemande, c’est la pensée, l’expression de concepts et cette fonction est parfaitement respectée! Si je voulais seulement parler une langue romantique, je me serais arrêté au français!

 

  • La vie d’expat fait rêver notre jeunesse toujours plus mobile, avez-vous connu le mal du pays ?

 

Vous savez, je suis issu d’une double culture, mes parents sont algériens, et je suis français par nationalité, ce qui veut dire qu’en France, on me rappellera souvent que je ne suis pas chez moi, et qu’en Algérie, en me conseillera souvent de rentrer d’où je viens.

Ceci étant dit, le mal du pays, il marche par phase, avec des souvenirs un peu idiots. Peut-être cinq jours par an, quand j’ai envie d’un plat que ma mère ou mon père préparerait à merveille, ou que j’ai envie de me promener à Paris et observer les bâtiments haussmanniens.

 

  • Selon vous, quelles sont les qualités requises pour exercer votre métier ?

Persévérance, humilité, ambition et organisation.

 

  • Quels sont les aspects de la profession les plus intéressants ?

 

Le fait de participer à quelque chose de grand (la mode en France représente plus de 1,5% du PIB national, plus que l’automobile par exemple) et même si j’habite en Allemagne actuellement, le savoir que j’assimile, participera plus tard à notre économie.

L’histoire et la sociologie du vêtement aussi, comprendre les sous-cultures, et tout ce qui est lié à ce type de pantalon, ou à ce type de chaussures.

 

  • Quels conseils donneriez-vous aux élèves du Master Métiers de la Mode et du textile qui voudraient s’orienter vers le métier d’E-expert ?

 

Battez-vous, accrochez-vous, mais surtout, restez intègres. Personne ne veut dans son entreprise d’un requin qui sera prêt à écraser tout le monde pour réussir.

 

  • Quel sens voulez-vous donner à votre carrière à présent ?

 

Je viens d’être embauché chez Zalando en tant qu’assistant Acheteur, du coup à court terme, devenir acheteur et développer cette dernière skill qui manque à mon curriculum. Je suis content d’avoir un peu fait le couteau-Suisse ces dernières années, ça m’a permis de développer un projet personnel, qui, si tout se passe bien, devrait arriver à terme d’ici quelques années.

 

  • Le fin mot : Une pièce fétiche ou une marque à partager avec nous ?

 

Le hoodie super comfy de Marques Almeida en denim indigo.

Craig Green pour la marque, c’est l’une des seules personnes actuellement qui est capable de faire de la poésie à travers ses collections.

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Safir, merci.

Shérine Bakour

 

 

Rencontre avec Manon Cquoilamode

Les étudiants en Master 2 ont eu l’occasion de rencontrer Manon Serra, alias Cquoilamode, mardi 18 octobre. Au programme: Un échange intéressant sur les nouveaux métiers digitales, à savoir celui du blogging et du Community Management.

Ancienne étudiante au Master des Métiers de la Mode et du Textile, Manon a lancé son blog il y a désormais 5 ans. Passionnée par la mode, elle cherche à se démarquer et se construire une culture mode, elle passe alors par le biais du web. Son réseau favori du moment ? Instagram ! Avec plus de 63 000 abonnés au compteur, Manon a réussi à bâtir une communauté qui interagit chaque jour avec elle. Pour ce qui est de Facebook, elle cumule 15 000 abonnés et reçoit plus de 30 000 visites sur son blog chaque mois.

Aujourd’hui diplômée, elle a fondé son entreprise avec deux casquettes : Blogueuse et Community Manager. Elle propose en effet ses services de Community Management aux marques qui n’ont pas forcément le temps ou une personne pour les gérer. C’est en effet un tout nouveau métier, avec un nouveau canal de communication, qui diffère selon les entreprises (taille, objectifs).

Comme chaque métier, celui du Community Mangement demande une certaine rigueur quant à la connaissance de la marque à promouvoir, l’étude des objectifs, la stratégie de diffusion à mettre en place et l’organisation. Lorsqu’on est en free lance, certaines contraintes sont à prendre en considération : le coût, le temps, et la rémunération.

Les étudiants avaient énormément de questions à poser à cette spécialiste du digital, en voici quelques unes :

  • Lorsqu’on est Community Manager pour une marque et que l’on fait des demandes de partenariats avec des blogueurs, comment décèle t-on les blogueurs qui achètent des followers et n’ont alors qu’une faible notoriété ? 

La manière la plus pertinente est d’observer le taux d’engagement, surtout sur Instagram: On divise le nombre d’abonné(e)s par rapport au nombre de likes. On observe également les interactions du blogueurs avec sa communauté : Y a t-il beaucoup de commentaires ?

  • Quelle marque gère très bien ses réseaux sociaux ?

Sézane !

  • Faut-il prendre en compte l’horaire des posts ?

Complètement ! Poster à 13 heures (heure française) est idéal.

  • En tant que blogueuse, avec quelles marques as tu déjà collaboré ?

Les Petites Bombes, What for, et Vestiaire Collective.

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Découverte des Lunettes Sensee Marseille

Hier soir nous étions invités à la Cocktail Party organisée par Sensee Marseille. L’occasion pour nous de découvrir une nouvelle marque « made in France » entre deux verres et un photocall !

Parlez nous de votre marque !

 » À l’origine, Sensee est une marque d’optique créée en 2011 à Paris. Nous avons deux magasins. Le premier est à Paris rue Rambuteau et notre seconde boutique ici à Marseille rue Saint Féréol. Le choix de la ville était autant une opportunité pour son potentiel comme emblématique car ville d’origine de Marc Simoncini propriétaire de la marque. Au départ revendeur de lunettes,  Sensee a opté pour un virage à 180 en décidant de se recentrer sur soi-même et proposer nos propres produits.

On a compris que le marché français n’était pas prêt à être « only web » donc nous avons ouvert en plus de boutiques tout en faisant du cross-canal le but étant de faire décoller à terme le web pour prouver qu’acheter une lunette c’est aussi facile sur internet qu’en magasin. « 

Le concept ?

 » Sensee c’est d’abord un savoir-faire français avec des artisans situés dans le jura qui font nos lunettes. Nous avons opté pour une transparence des prix pour montrer au consommateur qu’il est possible d’avoir de la qualité à des prix correctes. On n’est pas low-cost, ce n’est pas le débat mais nous sommes là pour proposer le meilleur rapport qualité/prix. Il y en a pour tous les goûts, avec les solaires on peut toucher un plus grand nombre et faire parler de nous plus facilement au grand public. »

Marseille et la lunette ?

 » Nous avons en effet quelques concurrents, le marché marseillais est encore très peu connu, puis nous sommes à l’origine de Paris donc c’est un peu plus difficile pour nous de nous y implanter mais nous faisons le plus d’efforts possible pour faire notre place sur le marché de l’optique. On gère la communication sur Facebook pour faire connaitre la boutique, nous avons aussi un Instagram.

La boutique a ouvert en novembre, ils sont 3 collaborateurs sur le magasin et ce soir nous sommes venus à 5 en renfort pour faire découvrir le concept et communiquer sur l’évènement. Cela tombe bien que vous soyez étudiants car notre communication s’axe vraiment sur l’origine France garantie et de la transparence avec pour cible les étudiants notamment et les personnes âgées. « 

Des projets ? Collaborations ?

« Oui en effet nous sommes énormément sollicités notamment à Paris, avec des start-up ou d’autres entreprises qui sont intéressées. Ce travail entre plusieurs entreprises nous permet à chacun d’y trouver un avantage et ainsi toucher plus de monde. C’est dans l’air du temps en effet de travailler de nos jour à plusieurs à l’image d’une économie collaborative. Donc oui nous allons comme ce soir tenter de maintenir une cadence et continuer avec des partenariats pour l’avenir ! »

Une équipe qui croit en ses valeurs et à son potentiel, venez découvrir comme nous l’avons fait la boutique au 78 rue Saint Féréol 13006 Marseille.

Merci Sensee ! 

 

 

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CONFÉRENCE « CYCLE DES RENCONTRES DE LA MODE » DAY 3

Troisième et dernier jours du cycle des rencontres de la Mode. nous avons pour l’occasion clôturé cet évènement avec les interventions de Daniel Richard actuel dirigeant de la marque provençale Souleiado et Gildas Minvielle, directeur de l’Observatoire économique de l’IFM.

Daniel RICHARD – Souleiado

C’est avec poésie que nous avons commencé la journée en compagnie de Daniel Richard. Un homme qui a accumulé beaucoup d’expérience et qui a captivé notre attention pendant deux heures avec ses récits. Après nous avoir retracé son parcours, de l’ingénierie civile aux 3Suisses et Sephora, Daniel Richard nous explique comment charmé et attaché à cet art de vivre provençal, il en est arrivé à racheter l’entreprise Souleiado.

En parallèle, il fut président bénévole du WWF France, cela a enclin et conforté ses idées selon lesquelles le sens des choses est beaucoup plus important dû à l’écologie. Selon lui, l’écologie est une lourde responsabilité et pas forcément triste, il pense aussi que la musique est le seul élément fédérateur de lien forts entre les hommes. Sur cette vague, il remplace son ancien ami en prenant place sur Radio Nova.

Pour nous illustrer l’ADN de la marque, Daniel Richard nous a donné la signification du nom. En provençal, « souleiado » en provençal c’est le moment précis où le soleil apparaît pendant ou après un orage, c’est une soleillade. Née à Avignon, Souleiado est donc une marque où dialoguent art de vivre provençal, histoire et métissage au travers de vêtements et convictions auxquelles Daniel Richard croit. 

Pour créer, c’est l’intuition qu’il faut suivre et non les cahiers de tendances, selon lui, Souleiado ce sont des vêtements rebelles aux imprimés culturels, traditionnels, sociaux et respect du produit. La marque noue un lien affectif avec ses clients avec des matières naturelles, vêtements que l’on portera pour des évènements spéciaux à connotation heureuse. La Joie, une valeur récurrente dans cet art de vivre provençal où mélange, métissage, couleurs et intemporalité vont de pair.

Cette petite société familiale dirigée par Daniel Richard et son fils ce sont aussi 400 produits par an, mais aussi une offre diversifiée de parfums, cosmétiques, art de la table en cohérence avec l’esprit et valeurs des lignes de prêt-à-porter.

Pour conclure, Daniel Richard a tenu à nous rappeler que « nous qui travaillons dans la Mode, sommes des créateurs de réalité, c’est offrir au client la possibilité de se créer et non pas essayer d’habiller les gens de la même façon, selon lui le rôle de la mode est d’encrer la réalité à travers la liberté de choix, de sentiments, émotions de la cliente. »

Gildas Minvielle – IFM

Aujourd’hui, Gildas Minvielle dirige l’observatoire économique de l’Institut Français de la Mode. Présidé par Pierre Bergé, l’IFM c’est un établissement qui depuis 30 ans opère un travail complet autour de la mode. En plus d’observatoires, on retrouve un cycle histoire de formation management, mode, design, luxe à côté de quoi on retrouve des MBA, summer school et cycles de création. 

En explorant un panorama du E-Commerce de la mode, la conférence avait pour but de restituer un certain nombre d’informations comme les fonctions du téléphone en tant que nouvel outil du quotidien et compagnon d’achat. La révolution mobile, un dynamisme fulgurant, avec de forts changement des habitudes de consommations et des problématiques sur l’avenir. Après avoir effectué un petit échantillonnage dans la salle de celles et ceux qui pratiquent déjà l’achat sur mobile, il a retracé les évolutions du commerce en France depuis XIXème siècle. Gildas Minvielle a notamment apporté des renseignements sur les mutations des acteurs du commerce en ligne et de la distribution de l’habillement. En partageant son regard sur l’économie internationale du textile, nous en sommes venus à observer les refontes des canaux de distribution notamment sur le net et les futures opportunités du marché.

   


 Nous remercions chaque intervenant, la Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode, Maryline Bellieud-Vigouroux et nos représentants d’Aix-Marseille Université pour avoir organisé et participé au cycle de rencontres de la Mode 2016.

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CONFÉRENCE « CYCLE DES RENCONTRES DE LA MODE » DAY 2

On continue sur le deuxième jour de notre marathon des conférences avec les interventions d’Olivier Gas, directeur général de Gas Bijoux et Eric Ammar, PDG de GILCLAUDE. Deux hommes aux profils bien différents qui portent un attachement particulier à Marseille et aux valeurs familiales :

Olivier GAS

C’est à la fin des 1960 qu’André Gas, diplômé des beaux arts, décide de se lancer dans la confection de bijoux qu’il commence à vendre sur la célèbre plage de Pampelonne, image forte du glamour de Saint Tropez. Il a su trouver dans ses créations à la fois une inspiration et un mode d’expression. On identifie dans ses bijoux un véritable métissage culturel à l’image de Marseille, influencé par les pays du soleil : Inde, Mexique Colombie et New-York.

A l’aube des années 2000 André Gas est rejoint par ses deux enfants. Olivier, directeur général de Gas Bijoux est chargé de l’image et du développement de la marque à l’international. Marie quant à elle est responsable de la direction artistique.

Une institution familiale est née.

Perchée sur les collines dans les hauteurs de Marseille, face à la mer, se situe la Maison Atelier de la marque où l’on retrouve les artisans techniciens qui confectionnent les pièces uniques imaginées par Marie et supervisés par l’expertise de André Gas. Véritable « Tribu », la marque emploie à ce jour 120 personnes, et possède ses propres réseaux. De plus elle est présente au Bon Marché, dans 15 corners de Grands Magasins ainsi que dans 350 multi-marques.

Dans un soucis d’excellence, tous les bijoux sont testés en boutique, la fabrication en flux tendus est possible car la marque maitrise les outils de fabrication et de production, ce qui lui permet de garder l’ADN de la marque.

Gas bijoux est née de l’envie, de l’intuition et de la transmission de valeur et d’un savoir-faire familial. L’internationalisation de la marque de bijoux Haute Fantaisie s’effectue par la digitalisation, l’implantation et la distribution vers de nouveaux pays.

Eric AMMAR

GilClaude est une entreprise familiale fondée en 1958 par Jacques AMMAR. Basée à Marseille elle est le résultat d’un savant métissage entre le bassin méditerranéen et l’Egypte, pays d’origine de la famille. Depuis sa création, l’institution familiale est sujette à un changement de cœur de métiers tous les 10 ans, du simple atelier de couture sur Marseille au début de sa création à spécialiste de la maille coupée cousue, la société innovante et créative, développe des collections de vêtements jour et nuit pour femmes, hommes et enfants. Une évolution du modèle industriel rendue possible entre autre par les évolutions techniques et industrielles.

Face à ce constat, Eric AMMAR actuel PDG de la marque nous avoue avec une certaine ironie que depuis ses débuts, il a toujours connu le marché en « crise ». Ce qui n’a pas empêché à l’entreprise de comptabiliser 10 millions de chiffres d’affaires et 2 millions de Fonds propres ces dernières années.

Pour le PDG de Gilclaude, il est nécessaire de comprendre l’univers concurrentiel en cernant les besoins de chaque marchés, les contributions dans la chaîne de valeur pour les différents couples Client/ Produit ou encore les ressources à mobiliser pour réussir dans l’univers du textile.

Aujourd’hui la marque à su toucher de nouveaux marché tels que l’Angleterre, les Etats-Unis ou encore l’Italie grâce des implantations rationnelles en terme d’unités de production intégrées et certifiées. La société travaille avec l’Egypte qui dispose d’un des plus vieux savoir-faire de cotonnerie. L’entreprise possède également un puissant système d’informations et des bureaux de style chargés du sourcing en Turquie et en Chine. Néanmoins, c’est à Marseille que se situe le bureau créatif de la marque où travaille avec inventivité et réactivité une équipe composée d’une chef de produit, de stylistes et de modélistes. 

Eric AMMAR nous dévoile sa passion pour le développement des équipes et des projets. En plus d’être à la tête de l’entreprise familiale, il est aussi vice-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille-Provence (CCIMP) ainsi que délégué au développement des TPE/PME.

 

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